‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 62 sur 132 · SOINS AFRÉ8 LE GREFFAGE · texte numérisé non relu

SOINS AFRÉ8 LE GREFFAGE

dra d'une grande utilité. Si le greffage n'a pas réussi, il De feudra pas pincer ce rejet, qui se développera vigoureusement et pourra fournir au printemps suivant un bois jeune et bien nourri, c'est-à-dire dans d'excellentes conditions pour être greffé en fente ordinaire ou mieux encore à l'anglaise. Le succès sera beaucoup plus certain qu'en greffant directement sur le tronc, surtout si les pieds ont déjà trois, quatre ou même cinq années d'existence, comme cela se rencontre le plus souvent.

Dans le cas où le sujet porte-greffe est d'un &ge assez avancé, et par conséquent déjà gros ou fort gros, on fera bien de laisser développer deux ou trois rejets au lieu d'un seul. Au printemps d'après, on grefferait alors chacun de ces rejets, en multipliant ainsi les chances du regreffage. La quantité des rameaux, et par conséquent des feuilles qui se développeront, étant ainsi doublée ou triplée, les racines du sujet seront mieux nourries, tandis qu'elles seraient affamées si le greffon tardait trop à se développer et surtout s'il ne se développait pas du tout. Cette situation, en se prolongeant, pourrait amener même quelquefois, par un effet réflexe, la mort du sujet porte-greffe, qui serait ainsi étouffé, en ne pouvant épancher sa sève au dehors. L'accident pourrait se produire dans le cas où le sujet continuerait pendant trop longtemps à ècre privé de sa lige et de ses branches, et par conséquent de

toute sa végétation extérieure.

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LE GREFFAGE A l'aBBI.

Nous venons d'examiner successivement, et d'une manière aussi rapide que. possible, les principaux détails du greffage sur place, ainsi que les diverses opérations accessoires qui aident, chacune pour leur part, au succès de l'opération et en assurent l'avenir. Gomme on a pu s'en rendre compte, les précautions à prendre pour éviter les échecs soot assez nombreuses. Aussi beaucoup de viticulteurs intelligents se sont préoccupés souvent des nombreux dangers d'insuccès que présente le greffage surplace et ont-il» cherché le moyen de les éviter en employant d'autres procédés.

Si Ton était absolument certain de réussir toujours très bien l'opération du greffage sur place, la question serait bien simplifiée et se produirait alors dans les meilleures conditions économiques. Malheureusement il n'en est pas toujours ainsi, et à côté de remarquables exemples de réussite à peu près com* plète, on rencontre un peu partout des greffages plus ou moins manques qui obligent à y revenir Tannée suivante, quelquefois même plusieurs années de suite, pour regreffer les sujets qui n'ont pas réussi, et régulariser ainsi la plantation.

GREFFAOB A l'aBRI. 385

Il convient d'ajouter que, même là où le succès semble aussi complet que possible, il arrive souvent qu'un certain nombre de greffes, paraissant avoir très bien repris, présentent encore des imperfections dans leur soudure qui nuiront plus ou moins, selon lear degré d'importance, à la vitalité future du greffon. De sorte que l'on reste quelquefois plusieurs années pour régulariser la plantation, quand toutefois on y arrive jamais. On a cherché le moyen d'obvier à eas divers dangers par l'établissement de pépinières dans lesquelles on élèverait des boutures greffées préalablementjà l'abri, c'est-à-dire à l'intérieur d'une maison, ou des plants enracinés qu'on arracherait pour porter à Tatelier de greffage et replanter ensuite en pépinière. Ces derniers y resteraient un an avant de les mettre en place dans le vignoble qu'il s'agit de créer. Nous allons donc examiner maintenant les différents systèmes de greffage à l'abri, soit sur bouture, soit sur plant enraciné. Nous examinerons eosuite dans le chapitre suivant le greffage en pépinière, ainsi que les diverses conditions dans lesquelles peuvent être établies ces sortes de pépinières.

Les boutures greffées. — Pour éviter les divers inconvénients qui viennent d'être signalés, on avait eu la pensée, et feu Henri Bouschet l'un des premiers, de pratiquer le greffage directement sur la bouture et de planter ensuite celle-ci toute greffée; mais les plantations en place de ces boutures greffées

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ne donnaient généralement pas une reprise sofiB- 8anke,et Ton retombait ainsi dans les mêmes inoonvénients qu'on avait cherché à éviter. C'est alors qu'on pensa devoir tourner la di£BcuIté en établissant des pépinières dans lesquelles on élèverait les bouturas greffées, en leur apportant alors tous les soins nécessaires, de manière à faciliter tout à la fois l'enracinement de la bouture et la soudure de la greffe. J'ai visité plusieurs de ces pépinières établies, soit aux environs de Montpellier, soit sur plusieurs autres points, et il m'a paru que les diverses opérations du bouturage et du greffiage, ainsi que de la plantation, du buttage et des irrigations, étaient généralement bien entendues et comprises avec intelligence, c'est-à-dire dans d'aussi bonnes conditions que possible.

Les boutures greffées ainsi traitées, quand elles ont été convenablement soignées pendant toute la belle saison, fournissent, l'hiver d'après, des sujets tout greffés et parfaitement bien enracinés, qui se trouvent dans d'excellentes conditions pour être plantés à demeure. De cette manière, il sera facile, au moment de la transplantation, d'examiner très attentivement tous les plants les uns après les autres, pour admettre ceux qui ne laisseront rieo à désirer sous aucun rapport. Il y a là une foule d'avantages qui contribueront, chacun pour leur part, à assurer la bonne reprise des plants et surtout la régularité de la plantation et du greffage, doot

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oD l'aorà plus besœn de se préoccuper d'aucune façon.

Greffage à Tabri sur bouture. -— Le greffage SOT bouture offre cet avantage de pouToir être pratique à rintérieur d'une habitation, etparconsé*quentà Tabri des intempéries. C'est une application de la greffe sur genoux des anciens. On choisit pour cela des boutures d'un diamètre aussi égal que possible aux greffons qu'on devra employer. On peut même classer à l'avance les boutures, ainsi que les gréons, en trois ou quatre calibres différents, selon leur grosseur.

L'opération se pratique sur table, et des femmes, de même que des enfants, peuvent à la rigueur devenir très habiles à ce genre de travail.

M, Gourdin (de Saint-Hippolyte->du-Fort) avait établi dans l'enceinte du Concours régional de Montpellier, au mois de mai 1885, un atelier de gref- &ge très bien organisé, qui attirait constammeqt la foule des curieux.

11 va sans dire que dans tous les cas on aura veillé à ce qae les boutures n'aient pas souffert, et il faudra de même les conserver avec soin, une fois greffées, en les mettant à stratiSer dans du sable, comme on le fait pour conserver les greffons. On pourrait tenir le sable légèrement plus humide, parce qu'ici il y a moins d'inconvénient à ce que les boutares como^nceat à entrer en végétation.

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Les boutures greffées pourront attendre, dans cet état, le moment propice pour leur mise en place dans le terrain spécialement préparé où doit être établie la pépinière, c'est-à-dire ici vers les mois de mars, d'avril et même de mai ; dans les contrées plus froides, il conviendra d'attendre un peu plus tardivement.

On fera bien de choisir le moment favorable pour effectuer celte plantation, de manière à ce que le sol soit bien ameubli, souple et pas trop mouillé ; il conviendra aussi d'éviter de procéder à cette opération si le vent trop sec vient à souffler, et il faudra dans tous les cas veiller à ce que les ouvriers ne laissent pas souffrir les boutures greffées, en les exposant pendant trop de temps au soleil ou au vent. Gos mêmes précautions seront encore plus utiles à prendre quand il s'agira de la transplantation des plants enracinés greffés ou non greffés.

En mettant les boutures greffées en pépinière, on pourra les planter à 8 centim. environ Tune de Tautre, en maintenant un écartement de 50 centim. entre les lignes. On pourra ainsi loger 250,000 bou* tures greffées dans un hectare de pépinière. Le buttage sera fait par billon, c'est-à-dire dans le sens de la longueur de la rangée des plants, en adossant la terre de chaque côté, de manière à former une butte continue.

Greffage à l'abri sur plant enraciné. — Uo

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autre moyen s'est présenté souvent à la pensée de* plasieors viticulteurs, mais jusqu'à présent il n'a guère été mis en pratique. Il consisterait à établir une pépinière de boutures pour avoir l'hiver d'après de bons plants enracinés d'un an, ayant poussé de îolis sarments et pourvus de belles et assez fortes racines.

On profitera d'une belle journée d'hiver, humide mais pas froide, pour les arracher avec soin, en conservant tout le chevelu, et pour les enfermer dans un magasin, en les mettant en jauge, comme nous l'avons indiqué pour les boutures greffées, mais alors dans du sable tenu un peu plus humide. On les aura ainsi sous la main, et on pourra profiter du premier loisir pour les greffer à l'anglaise et sur table, comme on le ferait pour les boutures greffées. Une fois Topération effectuée, on remettra immédiatement dans ce môme sable les plants enracinés ainsi greffés, pour les conserver de cette manière jusqu'au moment de la replantation en pépinière.

Quand les gros froids ne seront plus à craindre, on replantera en pépinière ces mômes plants enracinés et greffés, après avoir rafraîchi leurs racines sans trop les raccourcir, et en pratiquant une tranchée assez large pour que leur chevelu puisse s'étaler sans se replier sur lui-môme. Il faudra les soigner convenablement pendant tout l'été suivant, leur donner des binages fréquents et les arroser au besoin. L'hiver d'après, on aura de cette manière

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dBiSBJdtt greffés sur plants eoracioës dont les racines auront deux ans, et qui. offiriroot les mêmes garanties de reprise que les plants greffes directement en pépinière sur plants enracinés.

Le greffage sur plant enraciné, qu'il soit^ fidt i l'abri dans Tatelier de greffage ou en pépinièret comme ii vient d'être indiqué, offrirait, dans certains cas et pour certains cépages, un avantage spécial sur la bouture greffée. C'est qu'en effet, le sujet aTSot un an de plus que le greffon, la différence de dia^ mètre entre l'un et l'autre, dont on se plaint souvent, devrait être nécessairement un peu atténuée.

Le système de greffage sur plant enraciné fait à l'atelier, c'est-à-dire à l'intérieur d'une habitation, convient plus particulièrement pour les pays froids, et il présente, dans ces conditions spéciales, des avantages considérables qu'on appréciera facilement sans qu'il soit besoin de les énumérer.

Greffage à Tabri aa moment de la plantation. — Plusieurs viticulteurs se sont bien trouvés de greffer à Tabri sur plant enraciné d'un an ou de deux ans, et de planter immédiatement après dans le vignoble à la place définitive.

J'ai déjà cité un exemple de cette manière de procéder, qui offire certains avantages et donne souvent de bons résultats. Je ne pense pas pourtant que ce moyen doive être encouragé, parce qu'il offire la plupart des inconvénients du greffage sur place.

GREPFAOB W têtiVlÈRH. 991

B (Mréêdnte toutefois un avantage qui n'eat pas à dé^^ef : un peat être certain, en effet, qu'en les dioisisaant coûvenabletnent, on n'aura mis en p)ace qae des platitssaina et parfoltementenracinés, te qui aârarera la régularité de la plantation. Ensuite les grefEages aurpntpu être exécutés avec plus de sain fet vérifiés aussi de manière ît offrir de sérieuses garantias. Mais on ne saurait par ce moyen avoir plus lard la certitude que toutes les soudures seront parfaitement opérées, tandis qu'on aura cette gar rantie à peu près absolue quand on mettra en place des plants déjà greffés préalablement en pépinière.

Dans ce dernier cas, en effet, il sera facile de s'assurer, avant de les planter à demeure, que la tige des plants est parfaitement saine, que le chevelu est suffisamment abondant, et on pourra surtout vérifier avec toute l'attention la plus scrupuleuse que la soudure est opérée aussi parfaitement que possible, en ne laissant rien à désirer sous aucun rapport.

GREFFAGB EN PÉPINIÈRE.

Quelques viticulteurs ont pensé qu'il serait préférable, au lieu de pratiquer le greffage sur bouture, de repérer en pépinière sur plant enraciné â*un

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an. Ils ont espéré que, de cette manière, la soudure s'effectuerait daus de meilleures conditions, et que, le sujet ayant une année d'avance sur le greffon, il y aurait par la suite une moins grande disproportion entre les diamètres respectifs de l'un et de l'autre.

Productioii des plants enracinés. — Il ne

sera certainement pas nécessaire de décrire ici le procédé de multiplication par bouturage, tel que nos vieux vignerons l'ont pratiqué de tout temps. Ce procédé est resté encore l'un des meilleurs, et il continue à donner de bons résultats pour la multiplication des cépages américains dont l'enracinement se fait facilement, comme par exemple : le Riparia, le Taylor^VYork's Madeira^ etc. Nous nous bornerons donc seulement à donner ici quelques explications complémentaires.

La bouture simple ou ordinaire (voir flg. 20) doit

Fi g. 20. Fig, 21. Fig. 22.

Fï^. 20. — Bouture simple ou ordinaire.— Fig. 2t. — Bouture

en crossette. — Fig, 22. — Bouture à talon.

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