‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 63 sur 132 · GREFFAGE EN PÉPINIÈRE · texte numérisé non relu

GREFFAGE EN PÉPINIÈRE

être coupée en a, au-dessous de rœil o. Il est prôférable, quand on le peut, de la couper à son point dlosertion sur le courson, soit en c de la flg. 22. Dans l'un comme dans l'autre cas, renracinement se fera surtout à la base de la bouture, soit en a (fig. 20), en b (% 21), ou en c (flg. 22).

Quoique, dans la pratique, on le fasse souvent ayec intention, il n'y a aucun intérêt à conserver la crossetle b (voir fig. 21), c'est-à-dire la partie du courson sur lequel le rameau est inséré; on fera mieux de supprimer cette partie du vieux bois, en coupant la bouture à sa base et en conservant le laioD, comme l'indique en c la fig. 22.

La longueur de la bouture devra varier selon la nature du sol. On lui donne généralement de 30 à 40 cent, de longueur. Elle pourra être laissée un peu plus longue (voir fig. 25) dans les terrains légers, c'est-à-dire sablonneux et suffisamment profonds; mais il sera préférable de la couper plus court, ou même beaucoup plus court, quand on effectuera la plantation dans des sols moins sablonneux ou même compacts et de profondeur moindre. On obtiendra alors, avec des boutures de 30 à 40 centim. seulement, un développement de belles racines, comme l'indique en 6 la fig 24. Si au contraire, dans ces mêmes terrains, on employait des boutures plus longues, l'enracinement se produirait surtout à la partie supérieure de la partie mise en terre de la bouture, soit en R de la fig. 25, et les

Sahut, 3« édit. 26

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racines, qui seraient développées sur la partie infô^ rieure delà bouture, soit en c, ne prendraieat pas

Fig, 23. Fig. 24. Fig. 25.

Fig. 23. — Bouture à un seul œil, bien reprise. Fig. 24. — Plant provenant de bouture courte. Fig, 2bi — Plant provenant de bouture longue.

d'accroissement; elles finiraient par périr, en entraînant la mortalité de cette partie du tronc, qui pourrait ensuite communiquer la pourriture en remontant vers la partie restée saine.

Dans tous les cas, on fera bien, pour faciliter Tenracinementde la bouture, de pratiquer des incisions longitudinales avec la pointe d'une serpette sur toute sa partie qui devra être mise en terre, soit selon N, B (6g. 22) ; on pourra aussi enlever avec

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un couteau quelques parties de l'écprce. Chacune de ces mutilations superficielles favorisera le développement des racines et par conséquent la réussite du bouturage.

Il est utile de recommander encore, à propos du bouturage, de couper toujours la bouture à un centim. environ au-dessous de l'œil 0 (voir flg. 20) ; ce sera toujours préférable que de la couper à tout hasard dans tout le reste du mérithalle, c'est-à-dire deTentre-nœuds et surtout au milieu, soit en M. L'enracinement se fera mieux, et il ne restera pas au-dessous du siège principal du développement des racines une portion plus ou moins longue de mérithalle qui ne tarderait pas à pourrir ; il y aurait danger alors qu'elle communiquât la pourriture à la partie supérieure du plant.

Certaines variétés de V. œsHvalis, ainsi que le V. candicans ou Mustang ^ le K. cornucopia et quelques autres espèces de vignes américaines, reprennent assez difficilement, quelquefois même très difficilement, par le bouturage ordinaire ; le résultat n'est guère meilleur en employant lei perfectionnements indiqués ci*dessus. Afin de réussir le bouturage de ces espèces trop réfractaires, il convient de préparer à l'avance les rameaux devant plus tard fournir les boutures, par une opération peu difficile qui doit être effectuée dès le commencement du mois d'août. Pour cela, on pratique à un centimètre à peine au-dessous de l'œil, c'est-à-dire justement au point indiqué en

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a de' la flg. 20 où la bouture devra être coupée, soit une légère incision annulaire, soit une ligature avec du fil de fer très mince. Il se produira bientôt après, sur ce point, un bourrelet qui sera conservé, et, comme il se trouvera justement plus tard au bas de la bouture, il facilitera beaucoup Tenracinement de celle-ci.

Boutures à un seul œil. — Puisqu'il est question du bouturage, il sera peut-être utile de rappeler ici un moyen assurément préférable à tous les autres pour obtenir des plants bien constitués et dans les meilleures conditions possibles : il con* siste à faire les boutures par petits tronçons n'ayant qu'un seul œil (voir flg. 26 et 27). C'est le système

Fig, 26. , Fig. 27.

Fig. 26. — Bouture courte à un seul œil (Procédé Hudelot). Fig. 27. — Bouture longue à un seul œil.

de bouturage qu'on a désigné sous le nom de procédé Hudelot, du nom de son inventeur.

Pour opérer d'après ce procédé, il suffira de couper tout simplement le rameau, c'est-à-dire le sarment, immédiatement au-dessus et immédiatement

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au-dessous de l'œil (voir flg. 26). Les boutures ainsi obtenues seront d'une longueur de 2 à 3 centim. à peine; celle représentée par la flg. 26 serait peutêtre un peu courte, mais elle convient néanmoins mieux que celle un peu trop longue représentée par la flg.27.

On plante les boutures à un œil, ou plutôt on les sème comme des graines, dans des planches de jardin très bien nivelées pour pouvoir être convenablement arrosées. Le semis ou plantation en lignes de ces boutures ainsi réduites à leur plus simple-expression semble présenter quelques avantages spéciaux sur le semis en planches, celui par exemple de faciliter les cultures de chaque côté de la rangée.

Quoique la chose ne soit pas absolument indispensable, il sera pourtant utile de s'assurer, en semant les boutures, que Tœil est placé au-dessus et non pas retourné en dessous ; il ne se développera alors que plus facilement. Après les avoir recouvertes d'un centimètre de terre, comme on le fait en semant des graines, il suflSra d'arroser souvent ces petites boutures jusqu'à ce que l'œil unique ou bourgeon B (voir fig. 23) se soit développé sous la forme d'uu jeune rameau T, sortant de terre comme s'il provenait d'une tige souterraine ; la tige T et la racine R de la bouture B correspondront ici assez exactement à la tigelle et à la radicule de la graine germée dans la jeune plante commençant à se déye-

lopper. Il faudra eusuite répéter ces arrosages de temps en temps pour entretenir en bon état la végétation des jeunes plants ainsi obtenus.

Avec les vignes dont la reprise du bouturage est

plus difficile, ou avec les cépages encore rares qu'on voudrait multiplier rapidement, il convien-

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