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assisté aux leçons et se sont exercées pratiquement sans s'être fait inscrire préalablement. C'est donc en tout plus de 2, 500 vignerons qui ont profité de cet enseignement pratique si éminemment utile.
L'une de ces écoles, celle de Ghessy-les-Mines, avait été exclusivement réservée aux dames ; elle était dirigée par M. et M°''' Rousselot, dont les leçons ont été suivies par 36 élèves-greffeuses qui ont acquis rapidement une très grande habileté, en démontrant ainsi, ce qu'on pouvait supposa déjà, l'aptitude spéciale des femmes pour procéder à l'opé* ration toujours assez délicate du greffage.
Les jurys d'examen chargés d'apprécier le mérite relatif de tous les élèves ont délivré en tout 580 diplômes.
C'est là assurément un résultat fort remarquable, dont pourront s'inspirer toutes les Sociétés d'Agriculture et les Comices agricoles qui voudront créer des écoles de greffage dans les divers centres viticoles existant dans toute l'étendue de leur juridiction.
Des institutions semblables ont été organisées avec beaucoup de dévouement, d'abord dans la Drôme par M. Bréherel, l'intelligent et très actif professeur d'Agriculture de ce département; ensuite dans TArdéche par M. Astier, le zélé et dévoué secrétaire de la Société ardéchoise d'encouragement à l'agriculture, et enfin dans plusieurs autres régions essentiellement viticoles.
Le Comité central phylloxérique de la Gharente-
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Inférieure ne reste pas non plus inactif. Il a établi, sur plusieurs points de ce département, des vignes d'essai, c'est-à-dire des sortes de champs d'expérience pour les cépages américains dont le bois est distribué par ses soins à tous les viticulteurs de la région qui veulent en faire Texpérience. Ce comité a aussi institué des écoles de greffage qui sont ap* pelées, là comme partout ailleurs, à rendre de véritables services.
Des conférences théoriques et pratiques sur le greffage de la Vigne avaient été oi^anisées aussi par les soins du Comice agricole de Béziers et sous la direction intelligente de son infatigable président M. E.Girel; les leçons étaient données par un maitre-greffeur, assisté par un membre du Comice, chaque dimanche, à partir du mois de décembre et successivement dans les sept centres viticoles ciaprès désignés : Béziers, Pézenas, Âgde, fiédarieux, Murviel, Pomérols et Servian. L'entrée en étaitgratuite ; des médailles et des diplômes ont été décernés aux meilleurs élèves, après la clôture de ces cours de greffage.
La Société centrale d'Agriculture de T Aude, ainsi que celles du Tarn et des Pyrénées- Orientales, dans le but de venir en aide aux viticulteurs qui désirent reconstituer leurs vignobles détruits par le Phylloxéra, ont organisé de leur côté des conférences publiques et gratuites sur la culture et le greSage des vignes américaines. M. Berne, l'habile jardinier
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en chef de TÉcole nationale d'Agriculture de Montpellier, a été chargé de faire ces conférences, qui ont eu lieu successivement dans les principaux centres viticoles de ces trois départements.
Où ne saurait trop féliciter la Société de Viticulture de Lyon, le Comice agricole de Béziers, le Gomité de la Charente-Inférieure, ainsi que les Sociétés d'Agriculture de l'Aude, de TArdèche, delà Drôme, de risère, de la Savoie et des Pyrénées-Orientales, pour leur intelligente initiative. Ces associations ont d'ailleurs à leur tôte des présidents dévoués aux progrès agricoles et faisant tous les efforts possibles pour conjurer la crise terrible à laquelle est actuelleoient en butte notre viticulture.
n y a tout avantage à créer des organisations semblables dans tous les centres viticoles, dans ceux du moins où Ton sera malheureusement obligé de recourir au greffage pour pouvoir ainsi, faute de mieux, reconstituer, ne serait-ce qu'en partie, nos beaux vignobles maintenant disparus.
On arrivera de cette manière à répandre rapidement parmi les populations agricoles les meilleures manières d'opérer ; quand on aura ainsi formé un peu partout des greffeurs expérimentés, ceux-là prêcheront d'exemple autour d'eux et feront des élèves à leur tour. Ces institutions ne sauraient être trop encouragées, car en vulgarisant les notions exactes de la pratique du greffage, en augmentant le nombre des opérateurs habiles, elles contribueront
aiasi à diminuer considérablement les chances d'échecs dans le greffage, au moins pour la plupart de celles qui se produisent le plus fréquemment et qui ont été énumérées ci-dessus.
EXPERIBNGBS COMPARATIVES DE 0REFFA6E.
Pour se frayer une voie à travers les nombreux écueils dont est parsemée la route qui conduit à la reconstitution des vignobles, la question da greffage est l'une de celles qui a présenté ot qui présente encore le plus de difficultés à surmonter. Nous avons essayé d'en indiquer les principales en étudiant pour chacune d'elles les conditions dans lesquelles il serait possible de les éviter.
En esquissant à grands traits les caractères principaux de quelques-uns des cépages américains, nous avons aussi indiqué souvent pour chacun d'eux quelle était son aptitude plus spéciale à recevoir la greffe de tel ou tel cépage européen. Il a été fait sous ce rapport des expériences fort intéressantes et établies avec méthode, soit au mas de Las Serres, soit à l'École d'Agriculture, soit à TAigue-longue, soit aussi chez un certain nombre de viticulteurs intelligents et dévoués à leur pays, qui n'ont pas craint d'entreprendre chez eux une étude comparative d'aussi longue haleine.
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Parmi ces derniers, il convient de citer : dans THérault, M"* veuve G. Saintpierre, M. Alfred Bouscareo, M. E. Gourly, M. le D** Despetis, M. Henri Uarès, M. le baron deSeizietit, M. Yialla, etc. ; dans leGard, M"** la duchesse de Fitz-James, M; Guîraud, M. Lugol, M. Pelon, M. Pelaqulé, M. Rolland, M.Valette, etc. ; dansles Bouches-du-Rhône, M.Olive, rÉcole d'Agriculture de Valabre, etc. ; dans TAr^ dèche, M. Couderc, M. Vernet, M. Poudevigne, etc.; daos la Drôme, M. Ghampin, M. Constantin, etc.; daas le Rhône, M. Pulliat, M. Bender, etc.
Il a été fait un peu partout des expériences de cette nature et sur un grand nombre de points dissémioés dans toutes les régions viticoles. Ne pouvant énamérer tous les expérimentateurs, je me borne à citer ceux-là dont les noms me reviennent en ce moment. Je n'ai pas encore ou l'occasion de visiter la totalité de ces champs d^expériences de greffage, et il y en a bien d'autres que j'oublie involontairement ou que je ne connais pas et qu'il devrait être sans doute également utile d'étudier attentivement.
M. Arnaud a établi dans sa propriété de l'Arnouse^près de Garcassonne (Aude), une expérience comparative fort intéressante pour chacun des ce • pages; ici les lignes de plants greffés alternent avec des rangées de sujets non greffés. De sorte qu'on peut encore et tout à la fois apprécier, pour chaque ^pèce ou variété de Vigne américaine, la façon dont elle se comporte à l'état de franc de pied et
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aussi une fois greffée avec chacun de nos principaux cépages européens.
Il ne sera pas inutile d'examiner les résultats obtenus dans la plupart de ces expériences, faites simultanément sur divers points et dans des natures de sol souvent différentes. Elles ont été établies chaque fois dans des conditions qui permettent de comparer Taptitude plus ou moins grande des principales espèces de vignes américaines à recevoir le greffage de nos meilleurs cépages européens.
Cette étude est très instructive, et les viticulteurs désireux de connaître, comme ils le sont tous, quels sont les cépages qui conviennent le mieux à tel ou tel porte-greffe, feront bien d'examiner attentivement lëà divers champs d'expériences comparatives de celte nature qui peuvent se trouver à leur portée.
 Las Sorres, la Commission ministérielle instituée à Montpellier, où elle fonctionne depuis 1869 sous la présidence de M. Henri Mares, avait eu d'abord pour mission d'expérimenter les procédés de destruction du Phylloxéra imaginés par les très nombreux candidats au prix fixé d'abord à 20,000 fr. et porté ensuite à 300,000 fr., prix qui, par parenthèse, n'a pas encore pu être décerné. Un grand nombre d'expériences furent faites avec un dévouement au-dessus de tout éloge par les soins intelligeuts de MM. Durand et Jeannenot, les sympathiques secrétaires de la Commission.