INFLUBNCB SUR LA PRODUCTION
La taille, selon qa'elle est plus ou moins allongée, est un des éléments essentiels de la production. Nos vignerons le savaient bien quand, voulant augmeoterleur récolte, ils laissaient, en taillant, un ou deux yeux ou bourres de plus à chacun des coursons, ou bien un sarment non taillé et recourbé en arceau au-dessus de la souche (voir ûg. 61). Quelquefois
FiV?. 61 .— Souche avec son long bois recourbé en arceau.
arôme ils laissaient l'un et l'autre. La production augmentait alors considérablement, et, si le temps ^it favorable pour permettre à la maturation des fruits de se faire d'une manière satisfaisante, les vignerons se réjouissaient parce que les cuves et les foudres se remplissaient plus amplement qu'à Tordinaire.
Ce moyen est employé pour augmenter, en la
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rendant suffisante, la production des cépages peu fertiles ; il ne suffit même pas toujours poar donner à certains de ces cépages une fertilité raisonnable.
Toutefois avec les cépages d'une fertilité ordinaire ou même avec ceux qui sont déjà très naturellement fertiles, il ne faut pas abuser de ce moyen, car la Vigne pourrait s'en ressentir. Malgré les copieuses fumures qui compensent en partie la perte de forces résultant de cet accroissement de production, on s'aperçoit toujours un peu, Tannée suivante, que la souche en a éprouvé une certaine fatigue, se traduisant généralement par une diminution dans la récolte. C'est qu'en effet, par cette opération intempestive, on surmène la Vigne, et l'équilibre est alors rompu à son détriment ; en lui faisant produire plus qu'elle ne peut^ on l'épuisé momentanément, et on a ensuite souvent beaucoup de peine pour la remettre complètement de la fatigue qu'elle vient d'éprouver.
Le mode de taille adopté dans les vignobles de chaque contrée ayait été étudié partout et de tout temps, comme étant celui qui convenait le mieux à la Vigne, et il en était de même de la distance à laquelle était faite la plantation dans chacun de ces mêmes vignobles. Si on voulait lui faire produire davantage, on pouvait facilement réussir une première année, par une taille plus allongée ou en laissant même de longs rameaux à fruit, qu'on
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appelle vulgairement en Languedoc des pisse-vins. On obtenait ainsi une récolte beaucoup plus abondante; mais cela ne pouvait pas durer longtemps sans épuiserja souche et le sol^ qui avaient donné jusque-là tout ce qu'on avait jugé, par une vieille expérience, pouvoir leur demander utilement sans compromettre l'avenir.
Les vignes ainsi surmenées ont pu produire jusqu'à deux fois et même trois fois plus qu'auparavant dès la première année de ce traitement ; le résultat était magnifique quand on rencontrait une automne chaude et pas trop pluvieuse, qui permettait à cette fructification exagérée de mûrir suffisamment. Mais la souche épuisée produisait déjà moins Tannée suivante^ et si Ton continuait le même traitement, on avait de la peine, vers la troisième année, àobtanir même une demi-récolte. Le vigneron s'effrayait do voir le bois diminuer progressivement de longueur ; il craignait pour l'avenir de sa plantation et s'empressait bien vite de revenir à la taille normale. Quand il réussissait, non sans peine, à sauver sa Vigue, même après avoir perdu presque complèlecnent une ou deux récoltes, il s'estimait très heureux, surtouts'ilparvenaità redonner aux souches toute leur vigueur primitive.
Sahlt, 3e édit. 35
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