CONDITIONS DB FERTILITÉ
récolte d'un autre, s'il occupe dix fois plus d'espace ; mais il aura beau pnoduire dix fois plus, il est évident que sa récolte sera moindre s'il occupe un espace douze ou quinze fois plus considérable.
Ensuite, il n'est pas sérieusement possible, en voyant la récolte obtenue sur un cep isolé, et même 60 mesurant la surface qu'il occupe, de rapporter, comme on le fait trop souvent sans raison suffisante, cette production à l'hectare. On se dit : Si un pied^ produit tant, l'hectare, qui contient 4,000 pieds, produira quatre mille fois autant ; et on arrive ainsi à des chiffres fabuleux comme rendement. C'est là an calcul fantaisiste, toujours de nature à induire en erreur, et qu'il n'est guère possible de donner sérieusement. En effet, un cep isolé peut étendre ses racines bien au-delà de la surface occupée par sa charpente ; ensuite, ce qui est bien autrement important, les racines des souches voisines, grâce à son isolement, ne viennent pas, comme dans les plantations en plein, lui disputer le terrain de la surface qu'il occupe lui-môme. Tous les calculs reposant sur une base semblable peuvent donc toujours être considérés comme erronés, et on ne peut guère sérieusement leur attacher la moindre impor- Unce.
La plupart de nos viticulteurs savent parfaitement tout ce que nous venons d'expliquer. On comprendra dès lors facilement pourquoi les prétendus procédés nouveaux, promettant monts et merveilles comme
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accroissemenl considérable do la production, se sont évanouis en fumée quand on les a étudiés de près et qu'on les a sérieusement expérimentés.
II est évident qu'une plantation établie à 2 met. en tous sens devra, pour produire également, donner pour chaque souche une récolte supérieure de près du double, à celle d'une plantation faite seulement à 1",50. C'est un calcul très facile à faire, car eo plantant à 2 met., chaque souche occupe 2x2 = 4 met. carrés de surface, tandis qu'en distançant seulement à 1™,50, comme on le faisait habituellement, chaque souche n'occupe plus que l",50 X 1",50 = 2*°, 25 carrés, c'est-à-dire guère plus de la moitié de cette même surface. A plus forte raison en est-il ainsi quand les plantations sont faites à des distances encore plus grandes.
Dans les vignobles américains de la Géorgie, les pieds de Scuppernong, cultivés en grandes treilles et'sans être taillés, sont plantés quelquefois jusqu'à 10 met. de distance les uns des autres; ils donnent ainsi une production, qu'on dit très abondante, Je petites grappes de raisins dont les grains se détachent à la maturité et tombent ensuite sur le sol. Quelque considérable que soit la production de ces pieds, il faut nécessairement tenir compte que ebacun d'eux occupe quarante fois plus d'espace que nos souches de l'Hérault ; pour que leur production à l'hectare soit équivalente, il faut donc que chaque pied produise quarante fois plus. Il en est de même
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des vignes cultivées sur crosses» du canton d'Évian,
que nous avons précédemment citées ; puisqu'elles
occupent une surface vingt ou trente fois plus grande que celle de nos cépages plantés à l^^iSO en tous sens, il doit falloir, pour que la production à Thectare leur soit comparable, que la récolte de chaque crosse soit vingt ou trente fois plus considérable.
C'est ainsi que les vignes cultivées sous la forme de cordon Gazenave (voir ôg. 63), dont il a été déjà parlé, si elles occupent, je le suppose» une surface triple ou quadruple de nos vignes en souche basse du Languedoc, elles devront produire en proportion, c*est-à-direjtrois ou quatre fois plus, pour que leur production soit équivalente.
Et ici, il y aura lieu de tenir compte d'un autre élément de calcul dans le prix de revient. Cette forme, de môme que le système Marcon dont il a été déjà parlé et de même aussi que la plupart des formes en moyenne ou grande arborescence, exige des charpentes plus ou moins coûteuses et des soins spéciaux que ne nécessitent pas au même degré les formes plus simples en souche basse. Elles entraînent des frais de premier établissement beaucoup plus onéreux et des dépenses d'entretien sensiblement plus considérables. Il faut donc que la plusvalue de production compense largement cet accroissement parfois considérable de dépense.
Il y a donc là tout un calcul à faire chaque fois avant d'adopter un nouveau système cultural ; il sera bon d'étudier attentivement la question sous son rapport économique avant de se décider défini-