‹ Les vignes américaines, leur greffage et leur taille. Étude raisonnée de la possibilité de reconstituer les vignobles et des moyens de défense pour les conserverChapitre 95 sur 132 · CONDITIONS DB FERTILITÉ · texte numérisé non relu

CONDITIONS DB FERTILITÉ

de la souche (voir fig. 61, pag* 5^), comme on le fait souvent, soit en les fixant à des piquets de roseau ou de bois, comme on le pratique aussi quelquefois, ce qui, à mon avis, me semble préférable à tous égards. Si ce moyen ne donnait pas encore d'assez bons résultats, il faudrait alors songer à établir des charpentes pour palisser les rameaux, et donner ainsi à chaque cep un développement arborescent beaucoup plus considérable en supprimant, s'il le fallait, un certain nombre de pieds pour augmenter la place des autres.

Nous avons donné quelques indications relatives à cet ordre d'idées, en examinant les aptitudes de chaque cépage; mais nous pouvons dire ici, d'une manière générale, que, pour obtenir de la plupart des vignes américaines cultivées comme producteurs directs, une fertilité suffisante, il faut nécessairement les soumettre à une taille plus longue que celle à laquelle nous soumettions nos cépages européens.

Gomme conséquence naturelle, an doit donner aussi un peu plus d'espace entre les ceps dans la rangée, et distancer davantage les lignes les unes des autres; il faut enfin nécessairement que chaque pied occupe, dans le vignoble, une surface beaucoup plus grande, proportionnée aux dispositions que le cépage a montrées et que Texpérience nous a indiquées. Gela résulte d'une observation con«slatée un peu partout, et on peut la considérer aujourd'hui comme un fait acquis résultant des

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nombreuses expériences qui ont été tentées jusqu'à présent.

li nous reste maintenant à examiner comment il faudra traiter ces mêmes vignes américaines quand elles seront converties par le greffage en cépages européens. Nous avons vu déjà que, d'une manière générale, le greffage est une cause d'affaiblissement relatif pour le sujet de môme que pour le greffon. Il s'ensuit, qu'à conditions égales de cépage et de terrain, on devra pouvoir conserver les ceps, une fois greffés, sous des formes un peu moins déve^ loppées qu'on ne le ferait s'ils étaient restés francs de pied.

Il conviendra toutefois de tenir compte, dans une certaine mesure, de la nature du porte-greffe, et si celui-ci est trop longuement sarmenteux, comme par exemple le Ripariajle Clinton^le Taylar, le Solonis, etc., il sera nécessaire, je le crains, de donner à la charpente un développement plus grand que celui que nous lui donnons habituellement. Gomme conséquence naturelle, il faudra aussi distancer davantage les pieds de Vigne au moment de la plantation.

Toutefois cette règle est beaucoup moins absolue qu'elle ne le paraît au premier abord. Aussi, l'expérience nous Ta démontré, les greffages sur Riparia ou sur Clinton, quoique datant de sept ou huit ans pour les premiers et de dix à onze ans pour les seconds, ce qui est déjà raisonnable, se conservent

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