‹ Les Vignes follesChapitre 19 sur 28 · L'INSOUCIEUSE · texte numérisé non relu

L'INSOUCIEUSE

Non , l'amour qui se lait n'est qu'une rêverie , Le silence est la mort, et l'amour est la vie; Et c'est un vieux mensonge à plaisir inventé Que de croire à l'amour hors de la volupté !

(Alfred de Musset.)

0 sœur du camélia ,

Julia, Viens sourire à nos poëmes, Toi- qui vas, oiseau charmant

Si gaîment, Parmi les vertes Bohèmes !

0 cliarmeresse aux yeux clairs

Pleins d'éclairs , 0 jeune victorieuse , Nous trouvons plus doux les sons

Des chansons Nés sur ta lèvre rieuse.

Dans tes veines court un sang

Frémissant, Sève d'amour et de joie , Et ton rire triomphant,

Blanche enfant, En notes d'or se déploie.

Gomme le soleil d'Été

Ta gaîté Folle et vive s'éparpille, Et chaque jour nous croyons

Aux rayons Quand tu viens, petite fille.

Toujours les lis aimeront

Ton beau front.

Et les odes amoureuses , Fidèles jusqu'au trépas ,

Sur tes pas S'épanouiront heureuses.

Tes seins polis et vermeils

Sont pareils Aux fruits au temps des vendanges ; L'encens aime tes cheveux ;

Si tu veux , Bulbul dira tes louanges.

Tes dents au fruit défendu

Ont mordu; Mais, ô Nymphe vagabonde !

Qu'importe ? tu nous guéris

Quand tu ris , Comme Eve ta mère blonde.

Nous sommes , à tes côtés ,

Transportés Dans le pays peu sévère Où la jeunesse toujours

Aux amours Se livre , en levant son verre.

Là, parmi les floraisons.

Nos raisons S'égarent. — Les yeux humides , Tu conduis en mon chemin

Par la main Le chœur des blanches Armides.

0 souvenir du Printemps,

Bien longtemps Nous garderons ta mémoire, Et les Cupidons vainqueurs

Dans nos cœurs Graveront ta belle histoire :

Car ton nom , ô Julia !

S'allia A ces instants éphémères Où, buvant le vin clairet

D'un seul trait Avec les liqueurs amères ,

Nous disions à pleine voix,

A la rois.

Les grands retrains de l'aurore.

Les bonheurs du temps présent

Florissant...

Mais souris, souris encore !

Souris pour éterniser

Le baiser; Laisse-nous voir ta figure De roses et de satin ,

Cher lutin Qui portes le bon augure !

Tu rends à nos jours défunts

Leurs parfums Et leur ardente folie ; Reine des clairs horizons,

Nous disons :

— Arrière mélancolie

Et vous tristesse des soirs ,

Chagrins noirs !

Célèbre , voix frémissante , Les cieux, les monts, les accords

Des beaux corps Et la rose adolescente,

0 Vénus ! puisque voici

Près d'ici Julia Tenfant choisie , Qui nous apporte en riant

L'Orient, Le Rêve et la Poésie !

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