‹ Les Vignes follesChapitre 4 sur 28 · PARTIE DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

PARTIE DE CAMPAGNE

Pendant que le soleil luira sur nos deux fronts , Demain , si tu le veux, nous nous embrasserons; Nous irons au hasard, ô petite Laurence, En devisant gaîment, et, j'en ai l'espérance, L'air se fera plus chaud, et les vents bienheureux Annonceront au bois qu'il vient des amoureux.

— u — JSlous vous éveillerons , primevères tardives , 0 fleurs encore à naître , ô plantes maladives !

Dont le cruel hiver empêchait le retour, Mais qu'Avril nous rendra, puisqu'il nous rend l'amour. ! Viens, donnons le signal aux merles, aux linottes; \

Demain le rossignol , éparpillant ses notes , '

Jettera vers le ciel son cantique éperdu , Tout honteux qu'on ne Tait pas encore attendu i

Pour se tenir la main , pour s'enlacer la taille , .j

Pour baiser doucement ta gorge qui tressaille. Viens hâter le Printemps, qui tarde à se montrer; '

Peut-être dans un coin l'allons-nous rencontrer Et frais et souriant à ta figure ronde , j

Arrondissant , pour faire à ta jeunesse blonde J

Un cadre provoquant , les branches en arceaux , Et te faisant chanter par l'onde des ruisseaux !

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