ARMÉE I) ITAL/E ^ RÉPUBLIQUE
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Française
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Général BE Division chef de'
ERTHIER ^TAT M^obC:ï)e n armée D'Italie
Pl. no iiO.
L'ARMÉE D'ITALIE
« Le chef de rélal-major a une vignette magniûque », écrivait Desaix (') en voyant, pendant son voyage en Italie en 1797, l'en-tête dessiné par Andréa Appiani pour le général Alexandre Berthier (pl. n" 1 1 G). L'armée française avait
(i) Soles de voyage du général Desaix. Suisse et Italie. Carnet de la Sabrelache, n° 71, novembre
en effet trouvé en Italie un artiste qui, de même que Gardon l'avait fait dans les provinces belges et sur les bords du Rhin, avait transformé les vignettes des administrations militaires et civiles, en leur djnnant un aspect bien différent de celui auquel on s'était habitué jusqu'alors.
Bonaparte n'avait eu, au début de la campagne, que les très modestes entêtes adoptés par les généraux de son armée, et dans les corps du Midi, à l'exception de quelques compositions gravées par l'artiste marseillais Poize, les vignettes étaient particulièrement laides. S'il remplaça bientôt ces petites Libertés grossièrement gravées sur bois, ces trophées maladroitement disposés ('), les en-têtes qu'il choisit ne sortaient pas de la banahté. Gelui que nous reproduisons (pi. n" 117) n'est que l'imitation de la vignette du Gomité de salut public (pi. n" 46) et c'est bien à cette imitation que l'on pourrait appliquer le jugement sévère porté par Renouvier sur l'œuvre de Garneray et Quéverdo : « petite figure assise qui reste ignoble au milieu de tous ses attributs ('). »
Après ses premières victoires, Bonaparte se servit d'un en-tête qui paraît avoir été pendant quelque temps la vignette oflîcielle de l'armée d'Italie; le chef de l'état-major général l'employait en effet en même temps que le général en
Pl. n» 117. — Bonaparte général en chef de l'armée d' Italie.
(i) Le général Bonaparte se servit à cette époque des en-tites suivants : i" trophée formé par des drapeaux et des trompettes autour d'un médaillon au centre duquel se trouve le niveau avec l'inscription R. F. ; 2» la Liberté, commune à toutes les administrations du Midi et aux généraux servant dans le sud de la France au début de la Révolution ; 3» un médaillon imprimé portant le sceau de la République, au-dessous duquel deux massues se croisent.
(2) J. Renouviea, p. 2 1 I .
ARMEE D'ITALIE
chef ('). « On représente la Victoire, disaient Gravelot et Cochin dans leur Iconologie, par une jeune fille, les ailes déployées, tenant d'une main une palme et de l'autre une couronne de lauriers. » Une composition aussi banale ne pouvait plaire longtemps à un général qui, comme Bonaparte, savait si bien célébrer et fêter ses victoires. Pour exciter l'enthousiasme de ses compagnons d'armes, il
Pl. n" 118. — Bonaparte général en chef de l'armée d'Italie.
chargeait les meilleurs artistes de France et d'Itahe de rappeler leurs exploits dans des tableaux, des estampes ou des médailles. Pouvait-il négliger les entêtes illustrés qui, en se répandant dans les étals-majors et dans les administralions, répondaient si bien à son désir de frapper les imaginations? Un peintre se trouva à Milan pour réaliser les intentions du général en chef.
« Appiani, lit-on dans une biographie de cet artiste ("), tressaillit de joie en voyant les armées françaises apporter la liberté à l'Itahe et les victoires du général Bonaparte déhvrer enfin la Lombardie du joug de l'Autriche qui pesait
(1) La mention Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie est gravée sur le cuivre, tandis que celle de Alexandre Berihier, général de division, chef de l'Etal-MaJor général est seulement imprimée.
(2) Andréa Appiani naquit à Bosisio, dans le Haul-Milanais, le 28 mars 1757. Les peintures qu'il lit pour la coupole de Saint-Celse à Milan lui attirèrent la plus grande réputation et il fut^ au début du
sur elle depuis si longtemps. Il voua un culte éternel au grand capitaine qui réalisait ses vœux les plus chers en proclamant dans Milan l'indépendance de l'Italie. Plein de reconnaissance pour la délivrance de son pays, il trouvait d'ailleurs de suffisants motifs d'admiration dans l'étonnante destinée et les prodiges militaires du vainqueur de Montenotte, qui, comprenant l'immense talent du peintre de Saint-Celse, voulut tout d'abord avoir un portrait de sa main. »
Après le portrait de Bonaparte « racontant à un beau génie ses victoires, avec le passage de Lodi dans le lointain », Appiani fît ceux de l'entourage du général et commença à dessiner et à peindre ces grandes allégories qui devaient faire de lui le peintre officiel de l'armée d'Italie avant de devenir celui de la cour du vice-roi.
« Il y a de la composition dans ses tableaux », disait le général Desaix. Appiani excellait en effet dans la peinture décorative; il sut, pour représenter les exploits de ses héros, allier aux idées modernes les traditions classiques. Les compositions qu'il dessina pour les médailles frappées en souvenir des décrets qui avaient déclaré que l'armée d'Italie avait bien mérité de la Patrie sont des modèles d'allégorie; celles qu'il exécuta pour les en-têtes de correspondances devaient plaire tant par leur beauté que par leur symbolisme.
Nous avons trouvé un certain nombre de vignettes d' Appiani, faites soit pour l'armée d'Italie, soit pour la République cisalpine. Quelques-unes sont signées de lui; d'autres ont seulement été exécutées sous sa direction par ses élèves, parmi lesquels il faut retenir le nom de Mercoli ('). Elles sont en général gravées par Francesco Rosaspina et par son fils Giuseppe dont la réputation fut très grande en Italie au début du xix° siècle.
xix* siècle, un des peintres italiens les plus en vogue. Un grand nombre de ses tableaux et de ses portraits sont cités dans l'ouvrage de Nagler. Sa grande composition, l'Apothéose de Napoléon, exécutée pour la salle du trône du palais royal de Milan, a été décrite en 1809 par le chevalier Luigi Lamberti. Les Fasles de Napoléon, qui décoraiant le palais de la cour à Milan, ont été déposés en 1828 à l'Académie de Bréra.
Appiani mourut le 8 novembre 181 7. Son œuvre mériterait d'être étudié au point de vue de l'histoire de l'Empire. 11 a fait l'objet d'un travail bien, insuffisant, publié en 1857 par Pietro Barboglio comme introduction au volume Les Fastes de Napoléon /", peints par Andréa Appiani, gravés par Longhi, Bisi, Benaglia, J. et F. Rosaspina, dédiés à S. M. Napoléon III.
Parmi les portraits peints par Appiani, nous pouvons citer ceux de Desaix (Musée de Versailles), de Leclerc (reproduit dans le Carnet de la Sabrelache de février 1902).
(i) Michel-Ange Mercoli, né à Milan, e.xposa à Paris au Salon de 1800 (n» 635), le « Passage du Pô » à Plaisance par l'armée française le 18 floréal an IV. Le livret indique comme maître de Mercoli, le citoyen Bâcler d'Albe.
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Pl. n" iKj. — Boiluilurtr, ijèiii-rul en chi-f de l'urmée d'Italie.
1 . — Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie. — Signée : A. Appiani dir., Mercoli
^ff. inc. [Pl. n" 119.]
Ce fut la vignette officielle du général Bonaptu-te depuis l'an VI jusqu'au Consulat. Il s'en servit pendant l'expédition d'Egypte. Son papier portait alors la mention : « Bonaparte, membre de l'Institut, général en chef. »
2. — Alexandre Berthier, général de division, chef de l'état-major général de l'armée
d'Italie. — Signée : Appiani. [Pl. n° iiG.]
Cette vignette qu'avait, ainsi que nous l'avons vu plus haut, tant admiré le général Desaix, est certainement l'une des plus belles qui aient été gravées pour nos armées.
Il en existe deux états : sur le premier, le génie qui trace une inscription sur les tables de l'histoire, écrit : Préliminaires de la paix de....; sur le second, il inscrit : Traité de paix de Campo-Formio, le 26 frimaire an VI. Nous reproduisons ici la première de ces épreuves; l'autre a paru dans le n" 71 du Carnet de la Sabretache (novembre i898).
La vignette d'Appiani a été reproduite par M. Armand Dayot dans son
(1) Sur Francesco Rosasfina, né à Rimini en 1761, et sur son CIs Giuseppe Rosaspina, voir Nàgler, t. XIII, p. 387 et suivantes, et Marquis Antonio Bolognini-Ascorini, Notes biographiques sur le graveur Fr. Rosaspina. ln-8°. Bologne.
ouvrage sur la Révolution. On l'y trouve sous le titre : « Gloire immortelle à Tarmée d'Italie, d'après une estampe commémoralive de Gabriel Béguillet. » Ce dessin de Béguillet, qui est conservé à la Bibliothèque nationale (Coll.
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Hennin, vol. CXL), est signé dans le coin à droite : Gabriel Béguillet imitavit an VI.
Il semble que le médaillon, soutenu triomphalement par la Gloire, ait été destiné à recevoir les traits du général en chef de l'armée d'Itahe ; plusieurs des médailles qu'il avait fait frapper pour rappeler ses victoires portaient son effigie, et les demi-brigades qui l'entouraient, affichaient son nom sur les pyramides dont elles ornaient leurs vignettes. L'en-téte de la 85" demi-brigade, par
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exemple ('), représente une de ces pyrami'des élevées dans les différentes divisions de l'armée; elles avaient autant de faces qu'il y avait de demi-brigades dans la division, et sur ces faces étaient inscrites, avec les noms des batailles auxquelles les demi-brigades avaient pris part, ceux des hommes qui avaient été tués à l'ennemi. On lit sur le sommet de la pyramide de la 85° demi-brigade le nom de Bonaparte.
N'était-ce pas la popularité recherchée par le général en chef que visait l'auteur de la singulière gravure que le Prince d'Essling a bien voulu nous autoriser à reproduire ici (pi. n" 120)? Diogène, la lanterne à la main, y est représenté cherchant la Vérité, et cette vérité il la trouve en haut de la pyramide, à la place même où d'autres ont inscrit le nom d'un homme. La Vérité était à ce moment l'allégorie à la mode. Au Salon de 1 796, le citoyen Mouchet avait exposé, sous le n" 383, un tableau intitulé l'Ordre du jour, et dont le sujet, mis au concours, était résumé par le Livret de la manière suivante : « Le Génie de la France, après avoir' précipité la Terreur dans le fleuve du sang qu'elle avait fait couler, rétablit le règne de la Justice; celle-ci jure de faire observer la Loi, et appelle à son conseil la Vérité. » Cette vérité, qui allait ainsi sauver la France, n'était-elle pas celle que pouvait trouver Diogène sur le sommet de la pyramide de la 85' demi-brigade (') ?
L'homme tant cherché étant enfin découvert, la lanterne de Diogène était devenue inutile; aussi voyons-nous dans une composition de la même époque Q, un génie l'éteindre en montrant le portrait de Bonaparte.
3. — Alexandre Berthier, général de division, chef de l'état-major général de l'armée d'Italie. — Signée : And. Appiani inv. et del. [Pl. n° 121.]
« L'honneur de prendre Rome vous est réservé », écrivit Bonaparte à Berlliier le 1 1 janvier 1 798. En rappelant sur cette vignette ('') la chute de la papauté
(1) N'oir la reproduction de cet en-tête dans le Carnet de la Sabreiache, année 1898, p. 742.
(2) Des allégories du même genre avaient d'ailleurs été déjà employées. C'est ainsi que l'on voit sur un grand tableau peint pour le Cardinal de Fleury par Ratreau et gravé par J. Houbraken, Diogène, sa lanterne â la main, montrant un cadre sur lequel il s'appuie et qui contient le portrait du Cardinal.
(3) Estampe composée et gravée par J. B. Louvion, avec la légende : A la gloire immortelle de Bonaparte.
(4) Cette vignette a déjà été reproduite par nous dans le Carnet de la Sabreiache, 1902, p. 479 et 48i.
et rétablissement de la République romaine, Appiani représente en même temps tous les exploits que l'armée d'Italie venait d'accomplir. Aux branches de l'arbre de la Liberté près duquel se tient la figure de la République sont suspendues dix médailles. En les examinant avec attention, on y reconnaîtra la face et le revers des médailles que Bonaparte fit frapper pour rappeler les décrets qui avaient déclaré que son armée avait bien mérité de la Patrie.
Pl. N" 121
Le général Alexandre Berlhier.
« L'armée d'Italie, dit le Moniteur du 20 prairial an VI, avait imaginé un genre nouveau de promulgation des décrets qui déclarèrent tant de fois qu'elle avait bien mérité de la Patrie. Lorsque ces décrets parvenaient à l'armée, elle faisait frapper, en signe de reconnaissance, une médaille portant d'un côté la date du décret et de l'autre la représentation de l'action qui l'avait mérité. »
ARMEE D'ITALIE 8i
Nous ne croyons pas inutile de donner ici la description de ces médailles (').
I. — Bataille de Castiglione, combat de Peschiera. — Un guerrier nu combat contre deux adversaires ; il en a déjà tué un, dont le cadavre gît à ses pieds ; l'autre, dont il a arrêté le bras et qu'il menace de son épée, implore sa clémence. Cqs deux guerriers vaincus par un seul font allusion aux deux armées autrichiennes du Tyrol et d'Italie.
Sur le revers, une couronne de lauriers avec deux trompettes en sautoir : A l'armée d Italie. Loi du 27 thermidor an 1 V.
II. — Bataille de Millesimo, combat de Dego. — Hercule tient d'une main une des têtes de l'hydre de Lerne ; son pied droit est placé sur le flambeau avec lequel il doit brûler les têtes de ce monstre qui renaissaient à mesure que le héros les écrasait. Allusion aux armées que l'Autriche envoyait coup sur coup et qui étaient battues de même.
Sur le revers : Le Peuple français à l'armée d'Italie, an IV' de la République. Loi du GJloréal.
III. — Reddition de Mantoue. — Un guerrier en costume romain reçoit les chefs de Manloue que lui présente le génie de la ville figuré allégoriquement par une femme couronnée d'une tour. Dans le fond, une vue de l'aqueduc et de la citadelle de Mantoue.
Sur le revers : A F armée (T Italie victorieuse. Loi du 2^ pluviôse an V' de la République.
IV. — Passage du Pô, de l'Adda et du Mincio. — Bonaparte, à cheval, entraîne ses troupes sur un pont ; des soldats tombent du pont sous lequel d'autres soldats sont à la nage.
Sur le revers : A t armée d'Italie, la Patrie reconnaissante. Loi du 2 4 prairial an IV* de la République.
V. — Passage du Tagliamento et prise de Trieste. — Au premier plan, un fleuve appuyé sur une urne qui figure la source du Tagliamento. Au deuxième plan, le général en chef conduit une colonne de troupes qui traverse la rivière et devant laquelle fuit une armée ennemie.
Sur le revers : A F armée d Italie. Loi du i5 germinal an V' de la République.