VI INTRODUCTION
intérêt de curiosité, et l'étude que nous avons essayé d'en faire montrera, nous l'espérons, (|ue nous ne leur avons |)as attribué trop d'importance.
Simple timbre, destiné d'abord par les uns à remplacer sur les documents officiels les emblèmes de la royauté, par les autres à alïiclier sur leurs papiers de correspondance la sincérité de leurs sentiments républicains, la vignette devint bientôt, entre les mains des hommes de la Révolution, un merveilleux instrument de propagande ; en utilisant ces devises, ces allégories, pour répandre en France les nouveaux principes et pour apprendre aux peuples délivrés par nos armées les mots de justice et de liberté, ils trouvaient en même temps le moyen de donner des encouragements aux artistes. « Il semblera peut-être étrange à d'austères républicains, lit-on dans la préface du catalogue du Salon de 1 798 ('), de nous occuper des arts quand l'Europe coalisée assiège le territoire de la Liberté... Nous n'adoptons point cet adage connu : In arma silenl artes. » Il est curieux de remarquer que la Convention ne faisait ainsi qu'imiter Louis XIV, qui, au dire du Mercure rjalant de 1699, encourageait la gravure « pour montrer que la guerre n'a point empêché les arts de fleurir et qu'au contraire, pendant que le Roy faisait des actions surprenantes pour la gloire de ses Etats et qu'il avait les efforts de l'Europe à soutenir, ces mêmes arts ont régné en France avec plus d'éclat (') ».
Nous suivrons la vignette dans les diverses transformations que lui imposèrent en France les changements de régime ou
(i) Description des ouvrages de peinture, sculpture, architecture et gravure, exposés au Sallon du Louvre par les artistes composant ta commune générale des arts le lo août iyg3.
(2) Voir la notice historique du Catalogue de la Chalcographie. 1881. \\. vu.