‹ Les vignettes emblématiques sous la révolutionChapitre 20 sur 42 · Brune, général en chef. [Pl. y · texte numérisé non relu

Brune, général en chef. [Pl. y

Dans cette vignette Appiani a voulu rappeler d'une manière originale le rôle joué par Rrune en Suisse ; et il nous montre, à côté de la scène légendaire de Guillaume Tell, les citoyens suisses dansant joyeusement autour de l'arbre

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Pl. so 124. — Brune, général en chef.

de la Liberté. C'est de la même façon, nous l'avons vu, que sur leurs vignettes les Hollandais exprimaient les sentiments que la Liberté leur inspirait. Au premier plan, les cartes de l'Angleterre et de l'Irlande.

Le général Rrune se servit à l'armée d'Italie de plusieurs autres vignettes :

1° Vignette gravée par Cagnoni, qui fut aussi employée par Villemanzy, par

Dabrowski et qui représente, dans un médaillon formé par une couronne de

chêne, une République debout sur une colonne, sur laquelle est écrit : Repu-

blique française. Elle tient de la main gauche la pique et s'appuie de la main

droite sur le faisceau. D'un côté de la colonne, Mercure avec le mol Egalité sortant de ses lèvres; de l'autre côté, un génie souffle dans une trompette d'où sort le mot Liberté.

2" Vignette gravée par Weselberg :

la Liberté assise, ayant derrière elle un trophée de canons et de drapeaux , tient d'une main la pique et de l'autre une corne d'abondance remplie de fleurs et de fruits.

Si les en-têtes d'Appiani se font remarquer par la clarté de leur composi-

Pl. n° 1 2G. — Victor Perrin, f/énéral de division (an ^'I).

tion, quelques vignettes, en usage dans l'armée d'Itahe, auraient eu besoin d'un

ARMEE D'ITALIE

Pl. no 127. — Adjudant général César Berlhier.

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Pu. no 128. — L'adjudant général Abancourt.

commentaire. Comment expliquer, par exemple, la vignette anonyme du futur duc de Bellune, le général de division Victor Perrin (pi. n" 126)? Faut-il voir, dans la figure rayonnante qui domine le char de la Liberté, une allusion à ce surnom de « Beau-Soleil » sous lequel le général avait été si longtemps connu ? Les artistes, si nombreux en Italie, accueillirent avec empressement la mode introduite par nos armées et ils ornèrent, à l'envi, les papiers des états-majors et des administrations. Les œuvres de quelques-uns d'entre eux furent presque officielles ; ainsi, les frères Bordiga, les graveurs du dépôt de la guerre de la

Pl. n» 129. — Général Dupont, ministre extraordinaire du gouvernement français.

République cisalpine ('), firent l'en-tête du directeur du bureau topographique de l'armée, l'adjudant général César Berlhier (pl. n" 127), et ils paraissent bien être les auteurs de la jolie vignette employée par l'adjudant général d'Abancourt, chargé de la direction du bureau topographique de l'armée du Rhin (pl. n" 1 28). Ce sont eux aussi qui ont signé la vignette du général Dupont,

(i) Voir pl. u» i3o, la vignette de Bâcler d'Albe, directeur du dépôt de la guerre de la République cisalpine.

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ministre extraordinaire du Gouvernement français à Turin (') [pi. n" i frères Bordiga n'avaient cherché à représenter que les attributs des et des arts, dont ils s'occupaient sous la direction de Bâcler d'Albe ; artistes mirent plus de fantaisie dans leurs compositions.

29]. Les sciences d'autres

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Pl. n" i3o. — Dalbe, directeur du dépôt topographique de la guerre C).

(CoU.LdCaiUe.)

L'un, par exemple (pi. n" i3o), semblant vouloir rappeler la réponse faite par Bonaparte à Cobenzel pendant les négociations de Gampo-Formio : « La République est comme le soleil, aveugle qui ne la voit pas », représentait le bonnet de la Liberté dans im soleil, éclairant de ses rayons la France et les Républiques alliées.

(i) Il existe deux états de cette vignette. L'un est reproduit sous le n° 129. Dans l'autre, le trophée est retourné : le gabion se trouve à gauche au lieu d'être à droite, etc.

(2) Bâcler d'Albe, né en 1762, mort en 1824, directeur du dépôt topographique de la République cisalpine, devint directeur du Dépôt de la guerre à Paris.

Un autre, s'inspiranl sans doute d'une des proclamations du général en

Pl. n° i3i. — Colonel Mazas.

(Coll. Hennin.)

chef, dessinait, pour le chef de la 'd!\ demi-brigade, Mazas, cette curieuse vignette où te le soldat français porte d'une main la baïonnette, sûr garant de

Pl, no i32. — Général Darnaud.

(Coll. Bégis.

la victoire, et offre de l'autre, aux différentes villes et villages, paix, protection et sûreté (') ».

(i) Proclamation du i3 pluviôse an V (i" février 1797). Correspondance de Napoléon I", n» i433. La vignette de Mazas, chef de la 34' demi-brigade, se trouve dans la collection Bégis. Mazas, devenu colonel du i4' régiment d'infanterie de ligne, se servait encore de cette vignette en l'an XII. Voir Cabinet des Estampes. Coll. Hennin, n» 12889, '^°^' '47) P- >5-

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D'autres cherchaient leur inspiration dans l'histoire ancienne. Brutus était

Pl. n" i33. — François Gaillardon, commissaire des guerres. (Coll. F. Uasson.)

leur héros ; sous mille aspects différents ses traits accompagnaient la figure de

Pl. no i34. — Le Ministre des relations eœlérieures de la République cisalpine.

la Liberté ('). C'était le thème ordinaire du graveur Cagnoni (pl. n" 182) et d'un

(i) L'une des plus belles vignettes avec le buste de Brutus est celle dont se servait le général Miollis à Gênes en 1800 (Archives du prince d'Essling, vol. 36).

artiste de Livourne, G. Nerici, dont pouvons citer les vignettes exécutées pour le général Darnaud(') et pour le commissaire des guerres Gaillardon.

Le graveur romain Giovanni Folo (f) fut certainement, de tous les artistes de cette période, celui qui eut à rendre la composition la plus heureuse. Le Génie qui, sur Tordre de la Liberté, s'élance dans les airs pour porter aux peuples les plus lointains les idées nouvelles, était une conception bien naturelle à une époque où les victoires de l'armée d'Italie annonçaient tant de

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Pl. n" i35. — Louis-Joseph Saint-Hilaire, général divisionnaire, commandant la 8" division militaire.

prodigieux événements. On s'attendait à conquérir la Grèce, l'Orient ; ces idées avaient inspiré le dessin de la médaille frappée, sous la direction de Vivant Denon, pour célébrer la victoire de Montenotte Q ; nous en avons retrouvé l'expression sur plusieurs en-têtes et notamment sur une des œuvres du Mar-

(i) Le général Jacques Darnaud, né le 8 janvier 1758, était célèbre à l'armée d'Italie pour avoir, avec deux hommes, mis une nombreuse troupe ennemie en fuite dans les rues de Nervi. Amputé d'une jambe pendant le siège de Gènes, Darnaud, promu général de division en 1802, obtint le commandement des Invalides qu'il conserva jusqu'en 1816. Il mourut à Paris le 3 mars i83o.

(2) Giovanni Folo, né à Bassano en 1764, mort à Rome en i836. Membre de l'Académie de Saint-Luc. Sur cet artiste et son œuvre, voir Nagler, t. IV, p. 394 et suivantes.

(3) Sur la médaille de Montenotte gravée par Jeuffroy, voir le catalogue du musée de la Monnaie, Monnaies françaises, p. 3o8.

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seillais Poize (pi. n° i35). La représentation la plus exacte en est donnée par Folo dans les trois vignettes qu'il a gravées d'après les dessins de l'ingénieur-

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Pl. n" i36. — Maurice Mathieu, général de brigade, commandant à Rome.

géographe Auguste Chabrier, pour le général Macdonald, commandant à Rome en l'an VI, et pour les généraux Meunier, Mathieu et Léopold Berthier(').

Pl. n" 187. — Macdonald, général de division.

(i) Chabrier (Auguste-Firmin), chef d'escadrons au corps impérial des ingénieurs-géographes, né le 28 août 1773, à Avignon, mort à Witebsk, 181 2.

Pl. no i38. — Léopold Berthier, adjudant général, chef de l'état-major général.

La plupart des graveurs italiens se contentaient de représenter sur les en-têtes la figure de la Liberté et de l'entourer de ses attributs ordinaires ou de trophées militaires. La vignette du général Gardanne, publiée dans le Carnet de la Sabretache (1901, p. 3i5), et celle du commissaire des guerres Le Noble (pi. n° 189) montrent quelle variété les artistes italiens surent apporter dans leurs, compositions (').

Ils donnèrent parfois à 1-a figure de la Liberté des attitudes nouvelles et

(i) Nous pourrions encore reproduire la vignette qui servit en l'an Vil à Pierre Gaubert, aide de camp du général Guieu, et aux officiers de santé en chef de l'armée d'Italie : Une Liberté casquée, tenant la pique et le faisceau, foule aux pieds un drapeau, une couronne et un sceptre. Autour d'elle, le niveau sur un fût de colonne, une carte et les attributs de la géodésie.

Le général Gourion Saint-Cyr en l'an VI avait une vignette signée : Bossi inc, et représentant la Liberté dans un médaillon de feuilles de lauriers. — La vignette de l'agent en chef du service de l'habillement, équipement et campement do l'armée (an VI) avait un type particulier de Liberté casquée, tenant un drapeau surmonté du bonnet; derrière elle une tente (Coll. Cottreau).

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heureuses ; la vignette du payeur des îles du Levant nous paraît une des plus

Pl. n" i3g. — Le Noble, commissaire des guerres, chargé de la police supérieure des hôpitaux de l'armée d'Italie. (fioU. F. Uasson.)

gracieuses en ce genre (pl. n° i4o). Elle a été adoptée, avec des modifica-

Pl. k" i4o.

Le Payeur des lies du Levant, (fioll. F. Matson.)

Pl. n» i4

lions dans les attributs, par un grand nombre d'administrations en Italie, et sa vogue n'a pas été moindre que celle d'un antre type italien de la Liberté, que l'on retrouve fréquemment de l'an VI à l'an IX, et dont nous donnons ici plusieurs variétés (pl. n° 1^2, n" i43 et n" i44)-

Pl. n» 142. — Moreau-Saint-Méry, résident près S. A. R. l'Infant duc de Parme, an IX.

Pl. no 143. — • République cisalpine, an VI.

Pl. n" i44- — Daoust, adjudant-commandant, chef de V état-major général de la 2' division du Centre. Padoue, an IX. (Coll. F. Uasson.)

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Dans ces différentes vignettes, on voit la Liberté debout, drapée avec élégance et tenant, d'un geste charmant, la pique surmontée du bonnet. Le médaillon, au milieu duquel elle se trouve, est entouré de couronnes de feuillages ou de trophées.

En parcourant la correspondance des armées d'Italie ou celle des diverses administrations créées à la suite de l'occupation française, on s'étonne de la diversité vraiment incroyable des en-têtes de lettres. Chaque ville d'Italie avait alors son graveur, il était donc facile de se procurer sur place des en-tétes que la fantaisie des acheteurs pouvait varier à volonté. Certains types furent à la mode, à l'armée d'Italie, comme dans les républiques italiennes que nous allons passer en revue. On les reproduisit de toutes les

' Pl. t." i!iô.^ Blanchon, commissaire-ordonnateur, Milarij an VII.

manières ; la contrefaçon

s'en mêla, et, sous la signature de Sartori et de des Franzetti, on put se pro-

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