L I B E RT E
EGALITE
Pl. n» 140. — Mural, général en chef de l'armée d'observation du Midi.
Milan, an X.
curer à Ancône les imitations des plus beaux en-têtes. La plupart des vignettes d'Appiani, celles de Nerici furent ainsi livrées au commerce, après avoir été
réduites dans d'assez grandes proportions et avoir subi certains remaniements. On en effaçait avec soin les inscriptions officielles; les officiers, les fonctionnaires civils pouvaient ainsi acheter pour leur correspondance ces papiers si richement ornés, pendant que les généraux, à l'imitation de Bonaparte, s'adressaient pour faire faire leurs vignettes aux plus célèbres graveurs. Le plus illustre artiste de cette époque, Raffaele Morghen('), ne croyait pas s'abaisser en dessinant et en gravant la vignette de Murât.
(i) La vignette de Murât est la seule que lit Morghen. Elle est classée sous le n° 174 dans le catalogue de son œuvre (Niccolo Palmihini, Catalogo délie opère d'iniaglio di Rajjfaelle Morghen raccolte ed illustrate. Firenze, 1810, in-18, page 89). L'original a o^joS sur o™,o6.
Pl. no 147. — Suchet, général de brigade, chef de l'étal-major général, an VII.
Plftfinn rminumiiinif 1 1 iiii'ijn m | , , ,, uiiipj' jp Pl. s» i48. — Le Directoire exécutif de la République cisalpine.
RÉPUBLIQUE CISALPINE
Les en-têtes de la République cisalpine, et ceux des administrations qui en dépendaient ou qui correspondaient régulièrement avec elle, sont pai'mi les plus beaux qui aient été faits en Italie. Le peintre Andréa Appiani avait été, en effet, nommé en 1797 membre du Corps législatif de la République; il avait été, en 1802, appelé à faire partie du Conseil des doctes; pouvait-il laisser à d'autres artistes l'honneur d'illustrer les documents officiels de sa patrie ? Il tint à exprimer lui-même les grands sentiments qui inspiraient son talent et à dessiner, pour le Directoire exécutif et pour les principales administrations, des vignettes dont nous avons pu retrouver quelques épreuves.
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Pl. s° i/(9.
(CoU. Labédoyire.)
Pl. k" i5o. - Patente de général de brigade de la République cisalpine. ('■o"- i-aMâoijère.)
RÉPUBLIQUE CISALPINE 99
1. — En-tête du Directoire exécutif de la République cisalpine. Signé : A. Appiani
inv. (Pl. n" i48.)
Une épreuve de cette gravure, qui se trouve au Cabinet des Estampes, dans la collection Hennin (n" 12897, ^'^'- ^^'' P* '^)' ^^* signée A. Appiani in., Jos. Benalea seul.
Cette vignette, où Appiani, inspiré sans doute par le discours du général Berthier au Capitole, a représenté « l'Enfant des Gaulois, l'olivier de paix à la main », apportant la liberté à l'Italie, dut être fort goûtée ; elle fut en effet imitée par les graveurs d'Ancône, Sartori et da Pranzetti, réduite dans de notables proportions et livrée au commerce. Plusieurs officiers généraux, le consul d'Ancône, s'en servirent ainsi.
2. — Le Directeur de la Monnaie de Milan. (Cab. des Estampes, Coll. Labédoyère,
Q-D, 193.) [Pl. no 149.]
3. — Patente de Général de brigade de la République cisalpine en l'an ix. Signée :
A. Appiani. {Bibl. nat., Cab. des Estampes, Coll. Labédoyère, Q-D, i94-) [Pi-, n" i5o.]
Sur l'autel de la patrie est gravé en caractères très pâles : Unione delta republica cisalpinn col la repnblica francese.
4. — En-tête des arrêtés du secrétaire général du Directoire exécutif de la
République cisalpine. Signé : And. Appiani inv. et. del., Mercoli fig. inc. (^Bibl. nat., Cab. des Estampes, Coll. Hennin, n° laSgG, vol. i4i, p- 12.) [Pl. n° 107.]
5. — En-tête de la Commission criminelle militaire de la République cis.\lpine. (Pl. .n° i5i.)
Cette vignette, qui se trouve dans la collection Hennin (n" 12988, vol. i4i, p. 18), a été publiée par M. Dayot (p. 455). Elle fut employée à Gênes, en 1800, par la Commission du gouvernement présidée par Sommariva, puis par Straforella (Arch. du prince d'Essling). M. Bégis en possède un très beau spécimen, signé A. Appiani inv., Rosaspina inc.; il porte le nom du général Debelle; sa date est de messidor an VII. La reproduction que nous donnons est faite d'après l'exemplaire de la collection Bonnet sur lequel est imprimé :
a Le général Turreau, chargé par le Gouvernement français de l'ouverture
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de la route du Simplon et investi de tous les pouvoirs nécessaires pour accélérer cette opération par des mesures extraordinaires, an IX. »
a On peint, disent Gravelot et Cochin dans leur Iconoloffie, l'amour de la patrie sous les traits d'un jeune guerrier, parce que cette noble passion ne vieillit jamais. Ses vêtements militaires annoncent que le vrai citoyen est toujours prêt à secourir sa patrie. Sur le devant du tableau paraît un gouffre d'où
Pi., n" i")!. — Commission criminelle militaire de la République cisalpine.
s'échappent des flammes, allusion au dévouement historique de "Ouintus Gurtius. »
Si, en même temps qu'Appiani, Francesco Rosaspina et Mauro Gandolfî (') se faisaient les fournisseurs de vignettes de la République et gravaient les en-têtes de diverses administrations départementales () [pi. n" i54], c'était toujours
(i) Mauro GandolC, de Bologne, né en 1771, mort en i834. Sur son oeuvre, voir Naglei\, V, p. 9 et suivantes.
(2) La vignette de l'administration centrale du département du .Mincio, a paru dans la Sabrelac/ie.
REPUBLIQUE CISALPINE
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Pl. so i52. — nivaud, ambassadeur de la Ripiibliq ne française près la RépulU'qne cisalpine, an Vil.
I'l. n« i53. — Peiiel, conseiller d'Etat, ministre extraordinaire du 'jouuernement français
dans la Cisalpine.
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l'œuvre du peintre de Bonaparte qui inspirait les compositions des artistes cisalpins ; on voit les traces de celte imitation dans les vignettes employées par
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Pi., n" i54.
les ministres qui se succédèrent auprès de la République, Rivaud et Peliet(') (pi. n" i52 et n" i53).
Ce dernier se servit aussi d'une vignette gravée par Cagnoni Q et que l'on retrouve avec plus ou moins de modifications sur un grand nombre de lettres dans les correspondances d'Italie.
(i) Cette vijjnetlti de Petiet a servi aussi au ([ouverneiiient piémontais, avec la mention imprimée sous l'en-têt* : Nation piéniontaise (Archives du prince d'Essling, vol. Sg, i° 20). Il existe quelques vignettes portant cette même mention : Nation piéniontaise. Par exemple, la vignette de la collection Bégis : Minerve, debout et casquée, tient dans la main droite une pi(]ue coiffée du bonnet et s'appuie sur un bouclier ; la main gauche repose sur le faisceau. Kn bas, une mappemonde entourée de chaînes brisées, etc. Elle a été employée avec quelques variantes par les Chasseurs francs de l'Ouest et par le chef de la première demibrigade piémontaise, Borghèse. Cette dernière épreuve est signée : G. B. Slagnon, del. et scalp.
(2) L'administrateur trésorier-général de l'Italie, H.-E. de Haller, le général de division Lespinasse, se servirent de vignettes de Cagnoni.
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L'une des plus intéressantes vignettes et sans doute l'une des plus rares, parmi les vignettes employées dans la République cisalpine, est celle du commandant des légions polonaises auxiliaires de la République, le général Dombrowski. A côté de l'autel de la patrie, où l'on voit le phénix renaître de ses cendres, se tient un guerrier portant une bannière sur laquelle se lisent les mots : Sarmatica respublica.
La République cisalpine devint République italienne avant d'être transformée en un royaume. Ses vignettes, tout en conservant le caractère particulier que leur domiaient les goûts et les traditions des artistes italiens, s'inspirèrent alors davantage des vignettes françaises. L'en-tête du ministère des relations extérieures de la République italienne (pi. n° i56) n'est plus que l'imitation de celui du ministère français.
l'i.. -S" i55. — Belmonte Slivini, minislre de ta République cisalpine prè.s le grand-duc de Toscane, lygS.
(Coll. Itourgeot.)
(Coll. F. fiasson.)
4/ V îûm{' (^(^mr'^^yr^mwfnfCAi LiMau/pnaf
iPolL Beniun.)
Pl. n" i5H. — ■ Le consul Libéria Angelucci.