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LES CONSULATS MARITIMES

Le premier en-tête du Ministère de la marine est dû à Gatteaux (pl. n° i68*)['J, et c'est au même artiste que fut confié le soin de dessiner les vignettes des différents services de cette administration ; on reconnaît notamment sa manière dans les vignettes du Comité d'inspection des bois de la marine (pl. n" 169) [^]. Avec

(i) Il existe au Cabinet des Estampes, dans la collection Hennin, deux états de cette planche ; l'un (vol. i36, n» i2o34) est signé : Gatteaux, ino. — Petit, se. ; l'autre (vol. i36, n» i2o35)porte, avec la signature de Gatteaux, celle d'Alexandre Tardieu.

(«) Cette vignette est conservée au Cabinet des Estampes, Œuvre de Gatteaux, p. 22.

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t \/y «^ Il II M

Pt,. NO 169. — Inspection el martelage des bois de la marine. (Cab. des Estampes.)

Gatteaux, collabora Tardieu, qui reçut plus lard le titre de yraveur du Ministère de la marine (').

L'en-tèle du Ministère de la marine changea avec le Directoire ; la gravure sur bois, qu'exécutèrent alors Dugourc et Duplat, ne cessa, malgré ses imperfections (pi. n" 1 70), d'être employée jusqu'à l'Empire et même souvent encore

Pi.. n° 171. — Le général de brigade Combi*. (CoU. Cottreau.)

SOUS ce dernier régime. Elle fut l'objet de nombreuses imitations ; l'une d'entre elles, gravée sur cuivre, est d'une extrême finesse (pi. n° i7i)p].

Quoique les vignettes officielles du Ministère de la marine présentent peu de variété, c'est cependant parmi les documents qui relèvent de cette adminis-

(i) Voir par exemple la planche n" 190 que nous reproduisons d'après l'exemplaire conservé au Cabinet des Estampes, dans VŒuvre de Choffard (II, p. 48).

(2) Vignette employée à Brest en l'an X par le général de brigade Combis. (Coll. G. Cottreau.)

MARINE

COLONIES

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tration que nous avons trouvé quelques-uns des en-t^tes les plus intéressants et les plus beaux de l'époque révolutionnaire.

Le frontispice de la Lettre de Marque délivrée au nom de la Convention nationale a été souvent reproduit (pi. n" 172).

Le ministre de la marine Dalbarade(') commanda cette composition, que

Pi-, n» 172. — Lettre de Marque.

Godefroy fut chargé de graver, au peintre de marine le plus en vogue, à la fin du xvni° siècle, Nicolas Ozanne. Au premier plan de l'allégorie, dont le ministre lui-même semble avoir eu l'idée (n'est-ce pas son nom qu'indique la signature Dalb. . . inv. ?), sur un quai, encombré des attributs de la navigation et de la marine de guerre, Ozanne (') a placé la Liberté debout, sous le drapeau,

(i) Jean Dalbarade, 1743-1819; ministre de la marine en remplacement de Monge, du 10 iivril 1793 au I" juillet 1795.

(2) D' Ch. AuFFRET, Une famille d'artistes brestois au xvni= siècle : les Ozanne. Rennes, Caillière. 1891, in-^o.

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étendant la main et faisant tomber par ce geste la foudre sur le vaisseau de la Monarchie qui s'effondre dans les flots, pendant que le vaisseau « la Liberté des Mers », toutes voiles déployées et battant fièrement le pavillon national, se diriqe vers l'Océan où le guidera l'étoile symbole de l'ère nouvelle.

Nous retrouvons cette étoile sur la vignette si connue de l'amiral Ganteaume. Pour rappeler la navigation (jue Ganteaume avait si heureusement conduite en ramenant d'Egypte le général Bonaparte, l'amiral Jacob ('), qui eut comme peintre de marine une certaine réputation, représenta le « Muiron » et le

Pr.. N° 173. — L'amiral Ganteaume.

(Cab. des Ktfampes.)

« Carrère » ('') naviguant de conserve vers les côtes de France ; une étoile les guide, elle porte dans ses rayons la lettre B, initiale du nom de Bonaparte. Le Gouaz, qui grava cette vignette, était le beau-frère d'Ozanne, et il n'est pas douteux que le frontispice de la Lettre de Marque n'ait inspiré son œuvre. On

(i) L'amiral Louis-Léon Jacob, né le 11 novembre 1768, mort à Livry le i4 mars i854. D'après une note de M. Victor Advielle, dans Vlnlermédiacre des chercheurs el des curieuœ du 3o août 1900, p. 35o, les tableaux et les dessins de Jacob, devenus après sa mort la propriété de M. de Guizelin, auraient disparu. On trouvera sans doute des indications sur l'œuvre de ce peintre de marine dans la biographie que prépare, de l'amiral Jacob, M. l'abbé Genty, curé de Livry.

(2) Muiron (J.-B.), chef de bataillon, tué à Arcole, le 19 novembre 1796. Il avait succédé à Bonaparte dans le commandement de la compagnie dont il était titulaire (Sabretache, 1897, p. i46). — Carrère (V. Sabrelache, 1899, p. 1O8).

MARINE — COLOxNIES

trouve d'ailleurs ce rapprochement fait dans l'œuvre de Le Gouaz, conservée à la Bibliothèque nationale. Dans l'album légué au Cabinet des Estampes par la fille de l'artiste ('), ces deux vignettes paraissent intentionnellement placées l'une sous l'autre.

La plupart des en-têtes de la marine portent la devise : Liberté des Mers. Nous la voyons notamment sur une vignette qu'employa souvent Jérôme Bonaparte pendant son séjour en Amérique, mais qui avait été gravée pour l'administrateur de la marine et des colonies, Lescallier (f). M. Frédéric Masson possède l'épreuve de cette planche, au-dessous de laquelle se trouvent les

Pi., so 1 74- — Lescalier, administrateur de la marine.

(CoU. .Vussoii.)

curieuses annotations qu'il a bien voulu nous autoriser à reproduire. On verra par ces quelques mots, adressés par Lescallier au graveur Beugnet, l'importance que l'on attachait à cette époque aux moindres détails d'une vignette :

(i) Œuvre de Le Gouaz. Cabinet des Estampes, Ef. O7, tome H. Jules-Marie Le Gouaz, né à Brest le i4 février 1742, élève de Nicolas Ozanne, dont il épousa la sœur Marie-Jeanne. Graveur de l'Académie des sciences de 1770 à 1790. Mort à Paris le 12 janvier 1816. Il grava la vignette qui servait d'en-tête au congé des bâtiments de commerce fran(;ais.

(2) Lescallier (Daniel, baron), 1 743-1 822 ; fut longtemps employé dans les colonies comme commissaire de la marine. Conseiller d'État après le 18 brumaire, il fut ensuite préfet à Gênes, au Havre, et consul général aux Etats-Unis de 1808 à i8i5.

ii8 LES VIGNETTES EMBLEMATIQUES

A M. Beugnet, rue Jean-de-Beauvais, près celle d'Ililaire, maison du Perruquier.

La vignette doit être faite un peu plus petite, en réduisant de quelque chose, mais peu, le vaisseau antique et en diminuant les accessoires.

La figure du milieu doit être un peu plus détachée du mât par l'eflet du clair obscur : elle représente Mercure tenant en main le caducée et recevant les ordres de la République française, assise sur la poupe, pour rendre la liberté aux mers et au commerce. La figure de la Fortune doit être corrigée; c'est celle de la proue. Elle ressemble plutôt à un petit garçon en bonnet et en jaquette qu'à une figure de femme et à une divinité; elle tient d'une main la trompette pour annoncer la paix et de l'autre le ruban qui forme le cadre.

Ces modifications furent-elles exécutées ? Nous l'ignorons ; les documents suivants, qui font également partie de la collection de M. Frédéric- Masson, prouvent tout au moins qu'une vignette sur bois fut gravée par Besnard d'après la vignette de Lescallier :

Au CITOYEN Besnard, graveur, rue de la Juiuerie, n° 33, chez le marchand de fer. Je vous prie de passer chez M. Firmin Didot, rue deThionville, ii6. On m'a chargé de vous faire graver une vignette dont je vous chargerai, si vous me traitez favorablement pour le prix.

J'ai reçu du citoyen Didot (Firmin) la somme de 3G francs pour la gravure en bois d'une vignette représentant la Liberté des Mers, avec les attributs du commerce.

Paris, le 20 brumaire an X de la République française. Besnard, graveur.

Si certaines vignettes étaient faites spécialement pour des commandants d'es-

Pl. n» 175. — s. Villeneuve, commandant en chef la marine de l'armée inobservation du Midi.

cadre ou des administrateurs de la marine (pi. n" i7r))f'], d'autres n'étaient

(i) Voir par exemple dans la Sabretache la vignette de Sibille, capitaine de vaisseau, commandant les forces navales de l'armée d'Italie.

MARINE

COLONIES

qu'adaptées à leur usage. En ajoutant aux attributs de la Liberté une ancre, en

plaçant derrière elle un bateau, on donnait à la vignette un caractère maritime.

On verra employer ce procédé sur de nombreux en-tôtes (pi. n" 176 et n" 177).

Les vignettes de certains départements maritimes, celle des administrateurs

Pi,, n» 17S. — Le préfet colonial de Vile de Tabago. {Coll. hfasson.)

Pl. n" 177. — Germain, commissaire général des vivres de la marine. (.Coll. Courtot.)

coloniaux et celles des armées coloniales nous paraissent pouvoir être groupées ici. Les attributs qui les composent apportent quelque variété dans le dessin de ces allégories. On trouve, par exemple, sur l'en-tête des départements de Gorfou, Ithaque et mer Egée, un paysage qui donne assez exactement l'aspect d'un des petits ports vénitiens de la mer Adriatique (pl. n° 178); on voit, sur ceux de la Martinique (pl. n" 179) ou des départements du Golo et

Pl.. N» 178. — Départements de Corfou, Ithaque et mer Egée.

Pl. n° 17g. — L'amiral Villarel-Joijeuse, capitaine général de la Martinique et dépendances.

du Liamone (pi. n" i8o), la représentation de la flore et de la faune de ces contrées diverses.

Parmi les vignettes des armées coloniales, celle de l'armée des Indes occi-

Pl. no 180. — André-François Miot, conseiller d'Etat, administrateur général des déparlements du Golo et du Liamone. . (Po^- Ségis.)

dentales doit être remarquée (pi. n" 181); elle porte comme inscription : L'adju-

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