I. Paris, Ambroise Dupont, i832. In
social^ titres qui font comprendre les aspirations de Técrivain, s'écrie au dernier chapitre de son roman :
Pour vous, nobles victimes, qui avez doté le cloître Saint-Merri d'un de ces noms qui sonnent à Toreille à Tégal des Thermopyles, votre chute a été plus éclatante que le plus beau triomphe... Un jour viendra où ce champ de bataille sera visité comme un saint monument, où vos noms se transmettront de bouche en bouche à la mémoire la plus reculée; c'est aux jeunes hommes qu'appartient l'avenir et votre dévouement en a hâté la venue.
La vignette qui orne cet ouvrage ne fut pas confiée à un artiste entrant dans la pensée de l'auteur : le graveur Cari Girardet, Suisse d'origine, pouvait-il rendre les chapitres du Cloître Saint-Merri^ intitulés : le Prolétaire, les Barricades, l'Assaut, la Police.
Jeanron l'eût fait en toute connaissance de cause, lui qui avait dessiné d'après nature, et non plus d'après des rêves, des types de combattants de Juillet et d'insurgés.
Les humanitaires n'eurent pas de dessinateurs. La poursuite des réformes sociales prête médiocrement au crayon; toutefois les saint-simoniens ne répudiaient pas les arts.
Aimez-vous ! aimez-vous !
Et vous serez forts comme nous.
Ainsi débute un Cantique, sans doute composé par Vinçard et mis en musique par Félicien David, pour la récréation des apôtres de Ménilmontant.
Des hauteurs de Belleville, ils planaient sur la grande ville industrielle; mais, quoiqu'en apparence détachés de l'ancien monde, les saint-simoniens ne s'inquiétaient pas moins de l'effet produit par la présence et le co$.tume de leurs sectaires.
Je note dans un journal du 17 octobre i832 une lettre de
disciples d'Enfantin se plaignant que l'entrée du théâtre de M™ Saqui leur ait été refusée la veille, alors qu'ils se présentaient pour assister à la représentation d'une pièce intitulée les Saint-Simoniens ; le même journal constate que, le 29 octobre, les apôtres de Ménilmontant ont été admis à voir jouer les acteurs qui les jouent.
. C'est en souvenir de ces exhibitions que Tony Johannot a
/ICKETTE DE TONV JOHAKNO Tilr< du journul VEnir'acte |iH3i].
dessiné un saint-simonien, dans la vignette du journal l'Entr'acte (i" octobre i832}. Debout, à l'orchestre d'une salle luxueuse, peut-être celle de l'Opéra, l'apôtre fait montre de sa personne.
Une autre vignette, une seule (je laisse de côté les caricatures), a sa place bien marquée dans le cadre actuel, celle qui sert de frontispice au roman de M"" Joséphine Lebassu, la Satnt-Simonienne '.