‹ Les vignettes romantiquesChapitre 82 sur 104 · POPTRAIT DE MELINOUE D'UNE EAU FORTE DE GUSTAVE MORIN · texte numérisé non relu

POPTRAIT DE MELINOUE D'UNE EAU FORTE DE GUSTAVE MORIN

DEVÉRIA. — BOULANGER. — GIGOUX. — ROGIER 3oi

gonds. Assez des vieux procédés! Il les fallait tourmentés, excessifs. Toute composition dut se présenter dramatique et communiquer la fièvre au public, de même que tout personnage fut tenu de faire preuve de facultés insolites. L'art du siècle précédent, regardé comme banal, était conspué et le mépris pour la peinture du premier Empire était poussé si loin que l'esquisse du 5ermeni du Jeu de Paume de David, de même que V Endymion de Girodet, étaient présentés comme de pleutres produits, sans grandeur ni poésie.

C'est à la classe qui voulait formuler du nouveau quand même que je rattacherai un peintre et un dessinateur qui n'offriraient rien de commun si, dans leur désir d'attirer les yeux blasés par l'ancien art du dessin, ils n'avaient jugé utile de se servir de la même lanterne magique. En artiste qui se respecte, M. Monvoisin apporta plus de modération que Jacques Arago dont il sera question quelques lignes plus bas; aussi bien il n'avait pas affaire à un auteur fanatique. La scène Ali-Pacha et Vasiliki sert de frontispice à un poème de M. Prosper Poitevin, romantique avant de devenir grammairien.

On fausserait Topinion en donnant M. Monvoisin comme d'essence révolutionnaire ; il ne reçut qu'un reflet modéré de l'époque et ses sujets dramatiques, qui tiennent tant de place dans les musées, doivent être classés à la suite de ceux de MM. Schnetz et Paul Delaroche. En ce sens, le dessin que je soumets au lecteur, quoique pondéré à la façon classique, n'en est pas moins intéressant par la façon dont il est traité et on verra, je l'espère, avec un certain plaisir, un peintre d'histoire se plier à un procédé quelque peu bizarre.

11 n'en fut pas de même de Jacques Arago. Il apporta moins de réserve pour rendre le fatal Bravo du drame la Vénitienne,

et peut-être sera-t-il permis de dire sans trop d'exagération « qu'il employa le noir avec le crayon du paroxysme ».

En relisant la Vénitienne, je constate la netteté de l'exposition du sujet et avec quel art le héros se profile dès le début.

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