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CHAPITRE IL

Noyer.

Description. — Le noyer commun {Jaglans regia, Lin.), de la famille des Juglandées [Sg, 325), est originaire de la Perse et a été introduit en Europe par les Romains ; en voici une description succincte :

C'est un bel arbre qui atteint de grandes dimensions,

Fig. 326. "^ Fleur mâla du noyer commun.

Fig. 325. — Fruit du noyer commun.

Fig. 327. — Fleur femelle du noyer commun.

et dont le tronc "fee divise en branches fortes et étalées qui forment une tête arrondie ; son écorce est épaisse, grisâtre, souvent crevassée et sillonnée, excepté sur les branches moyennes et jeunes, oii elle est lisse et d'un

gris blanchâtre; les feuilles sont grandes, coriaces, d'un vert sombre, et composées de sept à neuf folioles ; leur odeur est forte, aromatique et se développe surtout lorsqu'on les froisse entre les doifçts ; elles noircissent en se desséchant ; les fleurs femelles (Z/gr. 327) sont ordinairement accouplées deux à deux. On en trouve cependant qui sont ifolées, ou réunies par trois ou quatre. Les fleurs mâles (%. 326) sont disposées en chatons pendants. Son fj-uil ou noixj dont l;i culture a fait varier le volume, est marqué de sillons à sa surface el entouré d'une enveloppe lisse, connue sous le nom de brou,

A la malurilé, cette enveloppe se crevasse et se déchire en fragments j)lus ou moins irréguliers.

Importanee du noyer* — Les fruits du noyer fournissent la moitié de l'iuiile que nous consommons pour la table. Cette huile a l'inconvénient de rancir vite et de contracter, en vieillissant, une saveur forte et acre. Elle est aussi très-employée dans la peinture. Lorsque les noix sont encore fort jeunes, elles servent à préparer, sous le nom de brou do noix, un ratafla stomachique estimé. Lorsque l'amande est formée, en août et septembre, on fend les noix en deux parties et on en extrait cette amande qui est consommée sous le nom de cer-- «eâWA'. Enfin, les noix mûres et fraîches figurent au dessert sur les meilleures tables.

La statistique officielle est muette quant à la production de l'huile de noix en France. Mais en constatant la quantité connue pour quelques déparlements seulement,on peut en conclure que c'est une de nos récoltes importantes. Ainsi, dans la Dordogne, d'après une monographie du noyer de M, L. de Lamollie,la valeur des noix récoltées dans ce département s'élèverait annuellement à environ 7,000,000 de francs. Or celte culture est aussi très-répandue dans les déparlements du sud-ouest^ du sud-est, du centre et d'une partie du midi.

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Mais les noix ne sont pas le seul produit utile du noyer. Son bois a aussi une grande valeur. Il est trèsrecherché, la souche surtout, par les ébénistes, puis le tronc par les menuisiers, les armuriers, les sculpteurs, les luthiers, les carrossiers, etc. M. de Lamothe n'estime pas à moins de 700,000 francs le produit du bois de noyer débité, vendu dans la Dordogne.

Climat. — Le noyer redoute les hivers rigoureux; aussi est-ce particulièrement sous le climat du centre, du sud -ouest et du midi de la France que sa culture s'est répandue. Encore, dans ces régions est-il parfois atteint par rinlensité du froid de certaines années. Témoin l'hiver de 1830, qui détruisit un très-grand nombre de ces arbres. Il ne redoute pas moins les gelées tardives du printemps, qui détruisent les fleurs et les jeunes bourgeons. Il conviendra donc de le placer aux expositions du nord, du ûord-ouest et de l'ouest, où il souffrira moins de ces gelées tardives. Il aime les coteaux et les gorges de montagnes.

En résumé, la distribution du noyer sur noire territoire est plutôt déterminée par la nature du sol que par [e climat. Toutefois, nous indiquons sur la planche IV ci-contre les départements où la culture de cet arbre est le plus répandue.

Sol. — Le noyer ne prospère que dans les sols cal- 3aires. Il se développe dans les roches calcaires feniillées où ses racines pénètrent ; mais il préfère une terre profonde, de consistance moyenne, suffisamment îalcaire et inclinée. Dans le premier cas, son développement est plus lent, mais les produits sont plus riches 3n huile et le bois est de meilleure qualité. Il a une antipathie prononcée pour les sols argileux, humides et les lerrains siliceux.

Place dans les eliamps. — Dans les terres qui Jnt pieu de profondeur, les longues racines dû noyer

47i ARBRES A FRUITS OLÉAGINEUX,

rampent à la surface et nuisent beaucoup aux plantes herbacées, même à de grandes distances. Aucune plante ne vient sous son ombrage, soit par l'influence de cet ombrage, soit par Teau des pluies qui se charge de tannin en coulant sur les feuilles et le dépose sur le sol. C*est donc surtout en bordure du côté du nord, ou en avenue, et non au milieu des champs, qu'il convient de planter le noyer, à moins qu'il ne s'agisse d'un terrain impropre à d'autres récoltes ; mais, dans ce cas même, il faudra l'espacer beaucoup, car il n'aime pas la culture en massif. On devra laisser entre chaque arbre un intervalle égal à celui indiqué plus haut pour les arbres à fruits à cidre, plantés en bordure ou en plein sur les terres labourées, page 358. Variétés. — Le noyer commun a produit un grand nombre de variétés, parmi lesquelles on distingue celles qui sont particulièrement propres à la production de l'huile, puis celles qui sont cultivées pour fournir des noix de dessert. Nous indiquons ci-après les meilleures pour chacune de ces deux catégories :

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