DES TROIS FEMMES OUI TROUVÈRENT UN ANNEAU
Trois femmes trouvèrent un matin une bagiie. Elles convinrent qu'elle appartiendrait à celle qui aurait le mieux trompé son mari.
La première fit venir son amant chez elle, et, ensemble, enivrèrent le mari, en lui faisant boire d'excellent vin ; puis, quand il fut endormi, les deux complices lui rasèrent la tête en lui laissant seulement une couronne de cheveux ; enfin, ils le revêtirent d'une robe de moine et le portèrent à l'entrée du couvent voisin.
L'ivroofne, ens'éveillant le lendemain, se trouva surpris de se voir dans un tel accoutrement. Il crut reconnaître le doiot de Dieu dans cette métamorphose ; il en prit délibérément son parti. Il entra dans le monastère, où on l'accueillit fort bien, et il fit venir sa femme, à laquelle il abandonna une partie de son bien, réservant l'autre partie pour l'abbaye. Après un semblant d'opposition à la résolution prise par son mari, la femme le laissa au couvent et retourna dans sa maison, où elle retrouva son amant.
La seconde dame usa d'un stratagème bien peu adroit pour tromper son mari, qu'elle quitta pendant huit jours pour aller demeurer avec son amant.
La troisième réussit à se faire épouser par son bon ami, quoique son mari vécût encore. (Haisiau. Barbaza7i III, 220).