‹ Les Villes de la Russie SubcarpatiqueChapitre 29 sur 65 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

mands qui consentissent à s'installer dans la ville ruinée, Malgré ces efforts qui seront parfois renouvelés, l’histoire de Berehovo devient celle d’une petite ville de province sans grand relief. Les guerres seules lui donnent une éphémère célébrité : en 1848, les Russes l’occuperont. Au contraire, dans la guerre de 1914-1918, elle sera un lieu de concentration pour les troupes du général allemand Von Linsingen, chargé de repousser l’avance russe dans les Carpates.

L’aspect actuel de Berehovo est l’œuvre de trente années d'efforts. La Vérke, désormais canalisée, a perdu beaucoup de son charme primitif, mais n’est plus un danger pour l’hygiène. Le « noyau » de l’agglomération est constitué par la Ruska ul., la rue de l’Église et la Mukaëesska ul. Aucun souvenir du passé, si ce n’est l’église catholique romaine, vieille tout au plus d’un siècle, mais élevée à l'endroit exact où se trouvaient les vieilles églises de Berehovo détruites par l’invasion des Tatars et celle des Polonais. Jusqu’aux dernières années la ville n’avait aucun édifice remarquable. Le nouvel hôpital désormais achevé sera certainement la seule construction originale de Berehovo.

Le développement de la ville a toujours été gêné d’un côté par les montagnes, de l’autre par la voie ferrée. Berehovo évoque l’idée d’une ville ruinée, bien que la guerre n’y ait exercé aucun de ses ravages. Une féodalité magyare très appauvrie y vit à petit feu dans des maisons trop grandes. Chust est désormais trop étriqué pour le nouveau rôle économique qu’il doit jouer : Berehovo, au contraire, offre un cadre désormais trop vaste pour sa population : rien n’est plus désolant que ces rues trop grandes, ces boulevards silencieux d’où la vie s’est retirée. C’est tout au plus si, à l’heure du Corso, la ville s’anime un peu tout au long de la Fà utca. Celle-ci, où habitaient avant la guerre les professeurs, les avocats et les fonctionnaires et aujourd’hui les Juifs sionistes, comprend d’ailleurs les plus belles maisons de la ville : coquettes villas modernes et même quelques habitations à plusieurs étages. Les autres maisons relèvent d’un type franchement rural. Souvent même elles n’offrent sur la rue qu’un mur aveugle, réservant leur façade sur un jardin intérieur, la plupart du temps pourvue d’un puits. Quelques maisons font exception, présentant sur la rue des façades grandi oses en désaccord avecla modestie du reste de l’habitation. C’est le cas de la Bocskay utca. Nulle part mieux qu’à Berehovo on peut observer la transition entre un type d'habitat urbain et un type rural. La rue elle-même a peu à changer, les deux trottoirs exigus disparaissent et le pavage médian cesse pour faire place à la route paysanne. Dans la Jokat utca, la rue bien tracée se change vite en un chemin campagnard, les murs de façade sur la rue sont remplacés par des palissades. De grandes

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portes encore, mais qui ouvrent sur les granges. D’ailleurs, au lendemain de la guerre, dans la banlieue immédiate de Berehovo, de nombreuses villas s’élevèrent à côté de fermes. Et ce n’est pas un spectacle sans intérêt que ce contraste entre les jardins fleuris et les potagers.

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