‹ Les Villes de la Russie SubcarpatiqueChapitre 40 sur 65 · FACTEURS FAVORABLES · texte numérisé non relu

FACTEURS FAVORABLES

fer assez prospère. De nombreuses petites forges étaient dispersées dans le pays, alimentées par le bois des montagnes. Les petites exploitations d’Andraÿovce, de Certyz, d’Antalovce, de Remety Turjanske, et de Poro$kovo sont maintenant abandonnées. On traite encore le minerai à Kobyleckä Poljana et à Dovhe. La teneur est assez faible (15 à 20 %).

Carrières : On en extrait le grès, le granit et le calcaire. La construction de nouvelles routes offre un débouché intéressant aux industries de la pierre. On extrait de l’alun des carrières de Bene et de MuZihovo ; du kaolin de celles de Dubrinië dans le district de Pereëin. Quant à l’argile on l’exploite un peu partout, mais surtout dans la plaine orientale et méridionale, où les petits ateliers de potiers sont nombreux.

Sources : Sur les 234 sources minérales ou thermales connues, peu sont encore utilisées. La station la plus fréquentée est sans doute celle de Svaljava dans le joupanat de Berehovo. Les eaux de Svaljava étaient déjà réputées au xv® siècle (teneur en bicarbonate de soude 5 gr. 87). À Akna Slatina des bains salins connurent avant la guerre une certaine vogue. Les eaux ferrugineuses d’UZhorod sont célèbres sous le nom de Kvasnä voda (eau bouillonnante). Les autres stations sont de moindre importance : citons la source Alébetin dans le joupanat de Mukaëevo (alcaline, 2 gr. 89 de bicarbonate de soude) ; Gyertyanliget dans le même joupanat, également alcaline (2,48 de bicarbonate de soude à une température de 8 degrés) ; la source ferrugineuse d’Ivanyi ; d’Olena, à la fois alcaline et ferrugineuse (9 gr. 43 de bicarbonate de soude à une température de 8 degrés) ; de Polena (9 gr. 10 de bicarbonate de soude) ; de Plosko (5 gr. 87 de bicarbonate de soude). Les petites stations de Borkut, de Derno, de Ligetke, de Lobogo, de Nagy Tasna, de Rona et de Zañka, sont en pleine décadence. Les sources de Gyertyanliget, d’Olena (Olenya), de Panonia, de Polena, de Plosko, de Svaljava relèvent du domaine de Schônborn-Buchheim.

Houille blanche : On est habitué, depuis un quart de siècle en Russie subcarpatique à utiliser en partie l’énergie développée par les cours d’eau. De nombreux moulins sont établis sur les petites rivières transversales (Zdenañka, Bystrica, etc.) plutôt que sur les grandes rivières qui descendent du nord vers le sud, beaucoup trop irrégulières et souvent encombrées par le flottage. Ce n’est que depuis dix ans que l’on a envisagé l'équipement hydro-électrique du pays. Bien que la ligne de contact entre la montagne et la plaine soit très nette, il n’y a pas de « fall line » où pourraient s'installer les usines au débouché des vallées. Les usines prévues seront installées en pleine montagne. Le projet le plus audacieux envisage la jonc-

tion de la Tereblja et de la Velka Rika ; la différence de niveau est de 208 mètres. L’accomplissement de ce plan dans son intégralité ne fournirait pas moins de 80 millions de kw. heures par an *.

b) Main-d'œuvre et salaires. — Un second facteur favorable est l'abondance et le bas prix de la main-d'œuvre : il y a là une population agricole qui ne travaille pas tout le temps à la terre, que la terre ne peut pas toujours nourrir, et qui ne peut plus guère pratiquer, comme autrefois, l’émigration temporaire. La montagne est un réservoir d'hommes, et la vie forestière connaît de longues périodes d'inactivité.

Le salaire de ces ouvriers est très bas. Si l’on prend l’indice 100 en 4913 pour la Bohême et en 1921 pour la Russie subcarpatique, l'indice actuel des salaires sera de 74 pour un Ruthène ouvrier métallurgiste, de 855 pour un Tchèque de Bohême, de 87 pour un Ruthène employé dans l’industrie chimique, de 841 pour un ouvrier de Bohême, de 74 pour un ouvrier ruthène travaillant dans une industrie du bois et de 826 pour un ouvrier de Bohême de même catégorie.

Un ouvrier non qualifié touche à UZhorod un salaire horaire qui varie de 1 couronne 50 à 2 couronnes 20, ce qui est relativement élevé quand on compare ce salaire à celui que touche le même ouvrier dans la Verchovina et qui varie entre 70 hallers et 1 couronne 10. De même, tandis que les ouvriers d'UZhorod jouissent de la journée de huit heures, ceux de la Verchovina travaillent de 10 à 12 heures (Lidové Noviny du 5-X1-1935).

Les ouvriers de Mukaëevo ne sont guère mieux rétribués. Dans la confection, le salaire moyen d’un journalier est de 10 à 12 couronnes.

c) Initiatives locales. — Le Gouvernement magyar ne s'était guère préoccupé d’aider le développement de la vie économique chez les « Russes de Hongrie ». Les sociétés d'encouragement au commerce et à l’industrie n’ont connu un essor véritable qu’au lendemain de la guerre grâce à une législation intelligente du Ministère du Commerce tchécoslovaque (décret du 1° février 1923 instituant un département spécial pour l’encouragement de l’artisanat, à Turëiansky Sväty Martin avec filiale à UZhorod). En 1927

se tint à UZhorod la première exposition artisanale de la Russie subcarpatique qui réunit plus de deux cents participants et obtint

Projet Jaromir Kriëko (Elektrizäcia Podkarpatskej Rusi Hydroelektrickÿ projekt Tereblia-Rika, Slovensky Vychod, Koëice, 1922.

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