FLEUVES. PORTS
Elbe Hambourg.
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HiidiMHi Xe^'Tork.
Ddaware. Philafdeipiiie.
Potomac. WaabiugLuu.
AiabanuL Mobile.
Mimiasipi Xew-OriéaiDL
Jji Plata Bnenos-Ayres.
Rin - Sacramenro. . . . San-Fnmriwca
Amonr Nicolaiewsk.
ïittiffrUen^ïsmg, .... Chang-haî
Ta-kiang, Cantoa, ^
Me^kiang, Sargoa.
Mcnam Bang-kofE.
Ir.ir»Tiaddy Rangoon.
C/iinge dlcutta
Schatt-ei'Arab Bassorah.
(Ernest Desjaroins . Aperçu historique sur les embouchures du Rhône, Paris, 1866.)
VARIATIONS DE LA PLAGE DE l' ADRIATIQUE AUX EMBOUCHURES DU PO.
La partie du rivage de TAdriatique comprise entre les extrémités méridionales du lac ou des lagunes de Comachio et des lagunes de Venise a subi, depuis les temps antiques, des changements considérables, attestés par les témoignages des auteurs les plus dignes de foi, et que Tétat actuel du sol dans les pays situés près de ce rivage, ne permet pas de révoquer en doute ; mais il est impossible de donner, sur les progrès successifs de ces changements, des détails exacts, et surtout des mesures pour des époques antérieures au douzième siècle de notre ère.
On est cependant assuré que la ville d^Hatrîa, actuellement Adria, était autrefois sur les bords de la mer; et voilà un point fixe et connu du rivage primitif, dont la plus courte distance au rivage actuel, pris à Tembouchure deTAdige, est de vingtcinq mille mètres. Les habitants de cette ville ont, sur son antiquité, des prétentions exagérées en bien des points; mais on ne peut nier qu'elle ne soit une des plus anciennes de l'Italie; elle a donné son nom à la mer qui baigne ses murs, mer Adriatique, On a reconnu, par quelques fouilles faites dans son intérieur et dans ses environs, l'existence d'une couche de terre parsemée de débris de poteries étrusques, sans mélange d'aucun ouvrage de fabrique romaine; rétrusque et le romain se trouvent mêlés dans une couche supérieure sur laquelle on a découvert les vestiges d'un théâtre; l'une et l'autre couche sont fort abaissées au-dessous du sol actuel; et i'^ vu à
Âdria des collections curieuses, où les monuments qu'elles renferment sont classés et séparés. Le prince vice-roi, à qui je fis observer, il y a quelques années, combien il serait intéressant pour Thistoire et la géologie de s'occuper en grand du travail des fouilles d' Adria, et de déterminer les hauteurs par rapport à la mer, tant du sol primitif que des couches successives d'alluvions, goûta fort mes idées à cet égard; j'ignore si mes propositions ont eu quelque suite.
En suivant le rivage, à partir àUHatria, qui était située dans le fond d'un petit golfe, on trouvait au Sud un rameau de VAthesis (l'Adige) et les Fosses Philistines, dont la trace répond à celle que pourraient avoir le Mincio et le Tartaro réunis, si le Pô coulait encore au Sud de Ferrare; puis venait le Delta Venetum, qui paraît avoir occupé la place où se trouve le lac ou la lagune de Ôomachio. Ce Delta était traversé par sept bouches de VEridanus, autrefois Vatîs, Padus ou Podincus, qui avait sur sa rive gauche, au point de diramation de ces bouches, la ville de Trîgopolîs, dont la position doit être peu éloignée de celle de Ferrare. Sept lacs, renfermés dans le Delta, prenaient le nom de Septem maria, et Hatria est quelquefois appelée Urbs septem marium.
En remontant le rivage du côté du Nord, à partir d' Hatria on trouvait l'embouchure principale de VAthesis, appelée Fossa Philistina, ^msV uEstuarium Altini, mer intérieure, séparée de la grande par une ligne d'îlots, au milieu de laquelle se trouvait un petit archipel d'autres îlots, appelé Rialtum-, c'est sur ce petit archipel qu'est maintenant situé Venise. VJEstuarium Altini est la lagune de Venise, qui ne communique plus avec la mer que par cinq passes, les îlots ayant été réunis pour former une digue continue.
A l'Est des lagunes, et au Nord de la ville d'Esté
se trouvent les monts Euganéens, formant, au milieu d'une vaste plaine d'alluvions, un groupe remarquable de pitons, dans les environs duquel on place le lieu de la fameuse chute de Phaéton. Quelques auteurs prétendent que des masses énormes de matières enflammées, lancées par des explosions volcaniques dans les bouches de TEridan, ont donné lieu à cette fable. Il est bien vrai qu'on trouve aux environs de Padoue et de Vérone beaucoup de produits que plusieurs croient volcaniques.
Les renseignements que j'ai recueillis sur le gisement de la côte de l'Adriatique aux bouches du Pô commencent au douzième siècle à avoir quelque précision; à cette époque, toutes les eaux du Pô coulaient au Sud de Ferrare dans le Pô di Valano et le Pô di Primaro, diramations qui embrassaient l'espace occupé par la lagune de Comachio. Les deux bouches dans lesquelles le Pô a ensuite fait irruption au Nord de Ferrare, se nommaient Vune^ Jiume di Corbolo ou di Langolo, ou del Mas[ormo; l'autre Jîume Toi. La première, qui était la plus septentrionale, recevait près de la mer le Tartaro ou canal Bianca-, la seconde était grossie à Ariano par une dérivation du Pô, appelée ^wm^ Goro.
Le rivage de la mer était dirigé sensiblement du Sud au Nord à une distance de dix ou onze mille mètres du méridien d'Adria; il passait au point où se trouve maintenant l'angle occidental de l'enceinte de la Mesolo; et Loreo, au Nord de la Mesolo, n'en était distant que d'environ deux cents mètres.
Vers le milieu du douzième siècle, les grandes eaux du Pô passèrent au travers des digues qui les soutenaient du côté de leur rive gauche, près de la petite ville deFicarolo, située à dix-neuf mille mètres au Nord-Ouest de Ferrare, se répandirent dans la partie septentrionale du territoire de Ferrare et dans la Polesine de Rovigo, et coulèrent dans les deux
canaux ci-dessus mentionnés de Mazormo et de Toi. Il paraît bien constaté que le travail des hommes a beaucoup contribué à cette diversion du Pô : les historiens qui ont parlé de ce Êdt remarquable, ne diffèrent entre eux que par quelques détails. La tendance du fleuve à suivre les nouvelles routes qu'on lui avait tracées devenant de jour en jour plus énergique, ses deux branches di Volano et di Primaro s'appauvrirent rapidement, et furent, en moins d'un siècle, réduites à peu près à Tétat où elles sont aujourd'hui. Le régime du fleuve s'établissait entre Tembouchure de TAdige et le point appelé aujourd'hui Porto di Goro ; les deux canaux dont il s'était d'abord emparé étant devenus insuffisants, il s'en creusa de nouveaux; et, au commencement du dixseptième siècle, sa bouche principale, appelée Bocca di Tramontana , se trouvant très-rapprochée de l'embouchure de l'Âdige, ce voisinage alarma les Vénitiens, qui creusèrent, en 1604, le nouveau lit, appelé Taglio di Porto Viro ou Pô délie Fornaci, au moyen duquel la Bocca Maestra se trouva écartée de l'Adige du côté du Midi.
Pendant les quatre siècles écoulés, depuis la fin du douzième siècle jusqu'à la fin du seizième siècle, les alluvions du Pô ont gagné sur la mer une étendue considérable. La branche du Nord, celle qui s'était emparée du canal de Mazormo et formait le Ramo di Tramontana, était, en 1600, éloignée de vingt mille mètres du méridien d'Adria; et la bouche du Sud, celle qui avait envahi le canal Toi, était à la même époque à dix-sept mille mètres de ce méridien ; ainsi le rivage se trouvait reculé de neuf à dix mille mètres au Nord, et de six ou sept mille mètres au Midi. Entre les deux bouches dont je viens de parler, se trouvait une anse ou partie du rivage moins avancée, qu'on appelait Sacca di Goro,
Les grands travaux d'endiguement du fleuve, et
une partie considérable des défrichements des revers méridionaux des Alpes, ont eu lieu dans cet intervalle du treizième au dix-septième siècle.
Le Taglio di Porto Viro détermina la marche des alluvions dans Taxe du vaste promontoire que forment actuellement les bouches du Pô. A mesure que les issues à la mer s'éloignaient, la quantité annuelle de dépôts s'accroissait dans une proportion effrayante, tant par la diminution de la pente des eaux (suite nécessaire de rallongement du lit), que par l'emprisonnement de ces eaux entre des digues, et par la facilité que les défrichements donnaient aux torrents affluents pour entraîner dans la plaine le sol des montagnes. Bientôt l'anse de Sacca di Goro fut comblée, et les deux promontoires formés par les deux premières bouches se réunirent en un seul, dont la pointe actuelle se trouve à trente-deux ou trentetrois mille mètres du méridien d'Adria, en sorte que, pendant deux siècles, les bouches du Pô ont gagné environ quatorze mille mètres sur la mer.
Il résulte des faits dont je viens de donner un exposé rapide :
jo Qu'à des époques antiques, dont la date précise ne peut pas être assignée, la mer Adriatique baignait les murs d'Adria;
2° Qu'au douzième siècle , avant qu'on eût ouvert à Ficarolo une route aux eaux du Pô sur leur rive gauche, le rivage de la mer s'était éloigné d'Adria de neuf à dix mille mètres;
3° Que les pointes des promontoires formés par les deux principales bouches du Pô se trouvaient, en l'an 1600, avant le Taglio di Porto Viro, à une distance moyenne de dix-huit mille cinq cents mètres d'Adria; ce qui, depuis l'an 1200, donne une marche d'alluvions de vingt-cinq mètres par an;
4® Que la pointe du promontoire unique, formé
par les bouches actuelles, est éloignée d'enTiron trente-deux ou trente-trois mille mètres du méridien d'Adria; d'où l'on conclut une marche moyenne des alluyions d'environ soixante-dix mètres par an pendant ces deux derniers siècles; marche qui, rapportée à des époques plus éloignées, se trouverait être beaucoup plus rapide.
(CuviER, Discours sur les révolutions de la surface du globe. Paris, i83o.)