‹ Les villes mortes du Golfe de LyonChapitre 38 sur 64 · SUR UNE ÉTYMOLOGIE DU GOLFE DE LYON · texte numérisé non relu

SUR UNE ÉTYMOLOGIE DU GOLFE DE LYON

L'antique nation des Ligures, race de pirates et de montagnards, n'a pas toujours été confinée dans les Alpes Maritimes et sur les premières crêtes des Apennins. Scylax nous la montre encore répandue de son temps depuis TÈbre jusqu'à l'Arno. Strabon croyait même à une extension plus grande de la race ligurienne, puisqu'il appelle Aiyuarixii pj toute la presqu'île occidentale de l'Europe. Par analogie , on peut conclure que la mer Ligystîque, du même géographe, ne se réduisait pas au golfe de Gênes, mais qu'elle comprenait tout le bassin occidental de la Méditerranée, le golfe de Lyon^ ou du Lion par conséquent. Or, c'est dans la forme grecque de AtyuffTixov, Av^dm wéXoYoç, que M. Tardieu propose de voir la véritable origine de l'appellation golfe de Lyon. « Des deux formes modernes, dit-il, c'est la » première, Lyon^ qu'il faut préférer, comme étant, » à peu de chose près, la transcription exacte du » nom ancien, Aiyuwv, Ligyôn (golfe des Ligyens ou » Liguriens). Rien de plus naturel que la persis- » tance, presque sans altération, d'un nom grec dans » un pays peuplé des colonies de Marseille, la cité » phocéenne, où le grec est demeuré à l'état de lan- » gue vulgaire jusqu'en plein moyen âge. Rien de » plus naturel également que la persistance du sou- » venir de cette longue domination des pirates ligyens, » les plus anciens maîtres connus du littoral méri- » dional de la Gaule. Seulement, avec le temps, le » sens et l'origine de ce nom s'étaient perdus, la » forme ligusticum mare ou ligusticus sinus ne lais-

» sant plus aisément reconnaître Tétymologie. On » en avait, d'ailleurs, restreint remploi à ce qui est » aujourd'hui le golfe de Gênes, pour appeler plus » habituellement le grand golfe ou enfoncement des » côtes méridionales de la Gaule d'un autre nom, » celui de sinus Gallicus ou Gallicum mare. Toutes » ces causes réunies étaient bien propres à égarer la » critique ; mais rien n'y contribua plus que la res- » semblance fortuite du nom en question (golfe de » Lyon) avec le nom d'une ville illustre, dérivé, lui, » d'une source toute différente, d'un radical celtique » et non plus grec, Lugdunum. Quelle qu'eût été la » prédominance politique et commerciale de Lyon » sur le Midi de la Gaule, on ne s'expliquait guère » comment, à un tel éloignement de la côte, son » nom avait pu jamais être employé dans la nomen- » clature maritime de ce pays. Aussi imagina-t-on de » bonne heure de substituer à la forme consacrée, p qu'on ne comprenait pas, une forme nouvelle, » celle de golfe du Lion, sinus Leonis, bien malheu- » sèment choisie en ce sens qu'elle risquait de faire j> perdre à tout jamais la trace, et qu'on expliquait à » l'aide d'une méchante métaphore poétique (la » fureur des flots comparée à celle du lion), soit du » nom de je ne sais quel rocher (le Lion) situé à » l'entrée d'un des ports de ce golfe. C'est là un » exemple de plus de ces erreurs traditionnelles, » dues à la pauvre critique des érudits du moyen ») âge. Il serait intéressant de faire l'histoire com- » plète de celle-ci et de rechercher à quel moment )» précis elle s'est produite dans les livres et sur les » cartes ou portulans. » — Note de M. Germer-Durand, au sujet de la Numismatique ibérienne de M. P. A. Boudard. (Procès-verbaux de l'Académie du Gard, année 1859.)

ITINéRAIRES ET VASES APOLLINAIRES.

Le tableau suivant, extrait de l'étude de M. Aurès, t sur la concordance des Vases Apollinaires et leur comparaison avec l'Itinéraire d'Antonin et avec la Table Théodosienne », permet de suivre, étape par étape, la voie Domitienne dans la traversée de la Gaule Narbonnaise. (Voir, pour l'intelligence de ce tableau, la carte du littoral ancien du golfe de Lyon placée au commencement du volume.)

Page 1