‹ Les villes mortes du Golfe de LyonChapitre 4 sur 64 · CONSIDERATIONS SUR LES VARIATIONS DES RIVAGES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS SUR LES VARIATIONS DES RIVAGES

gateur y rencontre le moindre abri et la plus petite rade.

Dans la zone glaciaire, au contraire, toutes les côtes sont heurtées, présentent une foule d*angles saillants et rentrants et forment une succession de golfes étroits, de falaises abruptes, de déchirures et de dentelures profondes. Tels sont les jïords de la Scandinavie et en général de toutes les mers polaires.

Les plus gracieuses découpures et les courbures les plus variées semblent être le privilège des rivages de la zone tempérée. Les golfes si nombreux et d'un contour si élégant de la mer Méditerranée sont le type le plus saisissant de cette troisième catégorie.

Il est facile d'expliquer ces différences.

Après chacun des ébranlements qui ont donné naissance aux différentes périodes géologiques, les eaux ont brusquement envahi une certaine partie de la surface de la terre et ont, d'autre part, laissé à découvert d'autres régions jusque-là complètement immergées. Dans chacun de ces cataclysmes, l'inondation s'est arrêtée très-nettement devant les obstacles formés par les terrains nouvellement soulevés. Les rivages ont dû présenter tout d'abord des groupements de falaises plus ou moins escarpées et des baies étroites et rocheuses analogues aux Jïords. Le choc des vagues a ruiné peu à peu le pied de ces anciens rochers et a constitué à leur base une sorte de plan incliné formé

iO PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE PREMIER.

^e blocs et de terrains éboulés qui, par Taction continue des eaux de la mer, a fini par se transformer en plage de galets ou de sable. Les apports des grands fleuves ont produit, à toutes les embou- <:hures, des effets analogues; et tous ces dépôts, successivement remaniés et agités presque sui place pendant une longue période de siècles , ont comblé les golfes les plus étroits, fait disparaître les échancrures les plus profondes et adouci le <:ontour généial de toutes les côtes.

Un nouvel ébranlement, étant venu modifier le relief de Técorce terrestre, a donné naissance à une nouvelle période géologique; les eaux ont envahi un autre domaine et les mêmes phénomènes se sont reproduits pendant les siècles de repos qui ont suivi cette dernière commotion.

Ainsi, à l'origine même de l'époque quaternaire dans laquelle nous vivons, on doit concevoir <iue notre littoral présentait, en général, des limites beaucoup plus nettes et plus heurtées que celles qu'il a de nos jours; et presque partout les flots venaient briser contre les falaises abruptes de l'époque géologique précédente.

Depuis lors, Faction séculaire des vagues et es brisants, combinée avec les apports de tous les cours d'eau , a adouci les aspérités de la plupart des côtes, et ce n'est que dans les régions polaires, oîi Tenveloppe du globe est protégée contre cette attaque permanente des eaux par un revêtement de glace éternelle, que le relief de

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