‹ Les villes mortes du Golfe de LyonChapitre 41 sur 64 · SUR LE PASSAGE D^ANNIBAL · texte numérisé non relu

SUR LE PASSAGE D^ANNIBAL

Inde (Annibal), ne mora atque otium anintos sollilicitarent, cum reliquis copiis Pjrrenceum. transgreditur, et ad oppidum Illiberim castra locat... Ut vero reguli Gallorum, castris ad Illiberim extemplo motis, haud gravate ad Pœnum venerunt, cum bona pace exercitum per fines suos prœter Ruscinonem oppidum transmiserunt, (Tir. Ljv., lib. 21, c. 34.)

218 ans av. J.-C. — Annibal, ayant ensuite continué sa marche (après avoir passé les Pyrénées) , arriva enfin à Illiberis, dans les Gaules, sans aucune opposition de la part des Volkes qu'il avait tout sujet de craindre, parce qu'en effet il leur était aisé de lui disputer le passage des Pyrénées, à cause de l'avantage des lieux; mais, soit que ces peuples eussent été avertis trop tard de sa marche ou qu'ils fussent résolus de défendre seulement leur pays et d'empêcher que ce général ne le mît sous contribution, comme il avait fait des peuples d'Espagne qu'il avait rencontrés sur sa route, ils se contentèrent de se rendre à la hâte à Ruscino, qu'on nomme à présent la Tour de Roussillon , près de Perpignan. C'est là que, s'étant assemblés en armes , ils résolurent de se défendre et de vendre chèrement leur vie, si les Carthaginois voulaient forcer le passage sur leurs terres. Annibal, ayant intérêt de ménager ces peuples qui, par leur opposition, pouvaient du moins retarder sa marche et son entrée en Italie, prit le parti d'envoyer des députés à leurs principaux chefs, reguli, pour les adoucir et leur demander une con-

férence dans Tune des villes ou d'IUiberis, ou de Ruscino, à leur choix, ajoutant qu'il se rendrait volontiers lui-même dans leur camp, ou qu'il les recevrait avec plaisir dans le sien; qu'au reste il les priait de ne pas le regarder comme un ennemi qui en voulait à leurs biens ou à leur liberté, mais comme un étranger qui ne leur demandait que le passage libre pour T Italie, où il avait dessein de porter la guerre; qu'en un mot il ne tiendrait qu'à eux d'empêcher qu'il ne fît aucun acte d'hostilité avant son arrivée au delà des Alpes. Sur cette proposition, les Gaulois, s'étant extrêmement radoucis, envoyèrent les principaux d'entre eux conférer avec Annibal à Illiberris, où ce général les ayant gagnés par ses caresses autant que par ses libéralités, obtint d'eux le passage libre sur leurs terres. (Hist, gén, de Languedoc, liv. I, ch. xxi.)

L'armée d' Annibal se composait de quatre-vingtdix mille hommes d'infanterie et de douze mille hommes de cavalerie, sans compter les transports et les équipages, etc.. C'était un mélange d'Africains, de Celtibériens et de plusieurs autres nations. Mais, après le passage des Pyrénées, une partie de ces troupes mercenaires, en grande partie les Celtibériens, perdirent courage, rebutés par les difficultés de l'entreprise. Ils quittèrent l'armée, qui fut alors réduite à cinquante mille hommes de pied, neuf mille chevaux et trente-sept éléphants. C'est avec cet effectif qu' Annibal traversa la Narbonnaise, le Rhône et les Alpes.

SUR LTAtTTOTfOXIE I>E LA XATIÛKALlxé TOLKK APRÈS LA CONQUETE.

Dans les yilles romaines ou latines organisées (après la conquête) sur tons les points de la nourelle proyince, qui reçut ainsi sa forme définitiYe et sa physionomie romaine, administrativement parlant, Vardo ou le conseil municipal de la nouvdle yille n'était, à de rares exceptions près, que l'assemblée des notables, primores, nobiles (Ces., de Bell, civ,) de la tribu, transformée par les Romains en aristocratie bourgeoise, et chargée à ce titre de l'administration municipale de la cité. Dans les campagnes, habilement reliées et subordonnées à ces nouvelles yilles qui devenaient pour Rome un puissant moyen d'assimilation, les populations de race volke avaient conservé plus fidèlement encore les traits distinctifs de leur physionomie nationale. Cicéron, qui écrivait plus de soixante ans après la conquête, nous les montre vêtus toujours du sagum et de la braye (bracca, Gallia braccata)^ et parlant chez eux cet (diome guttural auquel les Romains appliquaient par excellence le nom de barbare. Leurs monnaies elles mêmes, dont nous possédons un assez grand nombre, n'ont adopté que tard l'idiome et le système des nouveaux maîtres du pays. Elles offrent souvent, même après la conquête, des noms propres, tronqués ou complets, dans lesquels on a cru reconnaître des noms de chefs ou de rois que les tribus barbares auraient conservés jusqu'à cette époque

avec Torganisation dont ils formaient le couronnement.

On s'explique, après ce que nous venons de dire, comment les géographes du premier siècle, en décrivant la Gaule Narbonnaise, comme on l'appelait alors, paraissent aussi vivement frappés de ces anciennes nationalités transformées plutôt que supprimées par la conquête; tandis qu'ils n'accordent qu'une faible attention aux nouvelles circonscriptions politiques des Romains, c changeantes et passagères comme les pouvoirs qui les établissent (Stra- BON, Géogr,), » Quoique bien déchus à cette époque de ce qu'ils avaient été deux ou trois siècles auparavant, les Volkes formaient encore, avec les Allobroges, dont Cicéron les rapproche volontiers, ce que nous appellerions aujourd'hui la population dominante de la nouvelle province, celle qui y avait laissé les souvenirs les plus brillants et les plus durables. (Hist. gén. de Languedoc, liv. II, note Edw. Barry).

SUR l'Établissement de la colonie romaine

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