SUR LA TOUR CARBONNIÊRE
La tour Carbon nière a été construite à la fin du treizième siècle, en même temps que les remparts d'Aiguesmortes, dont elle était un poste avancé. Elle a été conservée comme un ouvrage défensif jusqu'en 1810. A cette époque, en vertu du décret du 23 avril, elle fut remise à la ville d'Aiguesmortes en toute propriété. Le 24 mars 18 19, la ville d'Aiguesmortes, dûment autorisée par une ordonnance royale, fit au département de la guerre l'abandon gratuit de cette tour , conformément au vœu exprimé dans une délibération du conseil municipal du 24 janvier précédent. Le service du génie en prit possession par autorisation du ministre de la guerre en dat'^ du 4 mars 181 9, et, depuis lors, n'a pas cessé d'administrer cet immeuble national.
Dans le courant de l'année 1825, l'ingénieur en chef du Gard demanda la démolition de la tour Carbonnière par le motif que ce monument menaçait ruine et, par sa chute, pouvait occasionner des accidents et intercepter la communication de Nimes à Aiguesmortes. Cette demande donna lieu à une conférence entre les ingénieurs des ponts et chaussées et les officiers du génie. Le procès-verbal de cette conférence, soumis au comité des fortifications ains: qu'à la commission mixte des travaux publics, e: concluant à la démolition, n'eut pas heureusement les suites que ses auteurs pouvaient en attendre. Le comité des fortications et la commission mixte furent d'avis de conserver la tour Carbonnière ; et, par lettre
du 21 septembre 1825, le ministre de la guerre approuva les avis conformes de ces deux comités.
En i838, le commandant du génie, à Nîmes, proposa la restauration complète de la tour Carbonnière en raison, non de Futilité du monument comme ouvrage défensif, mais des souvenirs historiques qui s'y rattachent. Le colonel, directeur des fortifications, au contraire, moins sensible à de tels souvenirs, demanda la remise de la tour au service des ponts et chaussées. Le comité des fortifications partagea la manière de voir du commandant du génie, et accorda les fonds demandés pour la restauration. Aujourd'hui 1 ce magnifique poste avancé des fortifications d'Aiguës- ' mortes est entièrement restauré et sa conservation est assurée. (Ch. Lenthéric, Extrait des procès-ver» taux de F Académie du Gard, ann. 1869- 1870.)
NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 5x5
INSCRIPTIONS RELATIVES AUX ANQENNES CORPORATIONS DE MARINS ET d'uTRICULAIRES.
I* M . FRONTONI . E7P0RI
IiIIIIyIR . AVG . COL . ITUA
AUG . AQVis . SEZnS . NAYICVLAR
MAR . AREL . CYRAT . EIV8D . GORP
PATRONO . NAVTAR . DRYEN
tIcORUU . ET . UTRIGLARIOR
CORP . ERNAGINENSIYM
IVUA NICE UZOR CONIYGI . CARISSIMO
QuC doit se lire :
t Marco Frontoni Eupori, sévir o Augustali coloniœ Juliœ Augustœ Aquis Sextis, naviculario marino Arelate, curatori ejusdem corporis patrono nautarum Druenticorum et utriculariorum corporatorum Ernaginensium, Julia Nice tixor conjugi carissimo. »
Et doit se traduire :
« A Marcus Fronton Eupor, sévir Augustal de la colonie Julia Augusta d'Aix, marin d'Arles, curateur de ladite corporation, patron des corporations des mariniers des Durances et des utriculaires d'Ernaginum, Julia Nice à son époux bien-aimé. »
(Inscription trouvée dans l'église de Saint-Gahriel , Emaginum)
5l6 NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES.
»• ///////// COMINIO
ni II II LAUD . BO/NIO
AGRICOLAE // ELIO
APRO . PRAEF . COHOR
TERT . BRACARAVGVSTANOR
TRIBVNO . LEO . II . ADIVT . PROCVR
AVGSTORVM . AD . ANNONAM
PROVINCIAE . KARBONENSIS
ET LIGVRIAE . PRAEF . A /// HILIARIAE
IN . MAVRETANIA . CAESARIENSl
NAVIC . MARIN . AREL
CORP . QVINQ . PATRON
OPTIMO . ET . INNOCENTIS