‹ Les villes mortes du Golfe de LyonChapitre 7 sur 64 · CONSIDÉRATIONS SUR LES VARIATIONS DES RIVAGES. I · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS SUR LES VARIATIONS DES RIVAGES. I

terranée; car aucune côte n'a été le théâtre d'événements plus remarquables et ne rappelle au monde civilisé et chrétien des souvenirs plus glorieux que ce double arc de cercle qui commence avant Port-Vendres au cap Cerbère, se termine au cap Couronne après le petit golfe de Fos et reprend ensuite, en tournant sa convexité vers le large, jusqu'à Menton, où les derniers contre-forts des Alpes Maritimes viennent plonger dans la mer.

C'est sur quelques points de ce merveilleux rivage et particulièrement sur le golfe» de Lyon , dont les variations ont été si accentuées depuis les premières époques historiques , que portera surtout cette étude; et nous essayerons, en comparant la situation nautique de plusieurs parties de ce littoral autrefois si florissantes , aujourd'hui presque abandonnées , de nous rendre compte des transformations successives qui ont eu lieu jusqu'à présent et de prévoir celles qui ne manqueront pas de se produire à l'avenir.

Entre le cap Cerbère , limite de la France et de l'Espagne, et le ruisseau de Saint- Louis, qui a été choisi, entre Menton et Vintimille, pour la frontière franco-italienne, le littoral de la Méditerranée présente une grande ligne à double courbure très-prononcée.

l6 PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE PREMIER.

La courbe concave est plate et sablonneuse; c'est le golfe de Lyon. La courbe convexe se compose des massifs rocheux de Marseille et de la Ciotat, de la chaîne des Maures, de TEstérel et des derniers contre-forts des Alpes Maritimes. Ce littoral comprend un développement total de plus de six cents kilomètres et peut se diviser en trois parties : les deux extrêmes rocheuses, et d'une date géologique antérieure à Pépoque actuelle, encadrant entre elles une immense plaine de formation récente , composée d'alluvions , de sables et de dépôts diluviens.

Du cap Cerbère au petit port de Collioure, la côte est abrupte et la mer baigne le pied de la terrasse qui supporte les derniers étages de la chaîne des Pyrénées; le massif granitique présente, du côté de la mer, des anfractuosités sans nombre. Cette partie de la côte n'a guère qu'une vingtaine de kilomètres.

Vient ensuite une plage qui se dessine suivant ^ un grand arc de cercle ou plutôt de parabole à peu près régulier, sauf certaines ondulations locales, et qui forme le contour de l'inhospitalier golfe de Lyon ; le développement de cette immense plage , formée des apports sablonneux ou limoneux de tous les cours dVau qui ont leurs embouchures dans le golfe , est d'environ deux cent cinquante kilomètres.

Enfin, la troisième partie, qui a son point de départ au port de Bouc, situé sur le côté Est du

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