‹ Les villes retrouveés:Chapitre 3 sur 39 · I. Faile par H. Appli de HUao, dans le lac de Zurich · texte numérisé non relu

I. Faile par H. Appli de HUao, dans le lac de Zurich

A cette heure, on connaît plus de 200 de ces villes ou villages anciens dont le souvenir môme n*avait laissé aucune trace dans Thistoire des hommes; et lesinvestigations, remarquons-le, n*ont porté que sur un des points les plus restreints du champ immense ouvert aux recherches des historiens et ces antiquaires.

Pour trouver maintenant d'autres restes des villes anciennes, il faut se transporter en Orient : c'est là que la tradition met le berceau de l'humanité.

Si ces pays ont eu aussi leurs âges de pierre et de bronze, c'a été dans des temps tellement reculés que peu

Têtes de Flèches.

de traces en sont parvenues jusqu'à nous. On constate cependant que les plus vieilles tombes de ces contrées renferment des objets en or, en bronze et en fer, couteaux, hachettes, faux, bracelets, boucles d'oreilles ciselées. A côté on trouve encore, et ils étaient concurremment employés, des instruments et des armes en silex taillé et poli, têtes de flèches, haches et marteaux. Le métal le plus répandu est le bronze ; c'est en bronze que sont tous les instruments usuels. Quant au fer il est plus rare et ne sert encore que comme métal précieux*.

i. Y. Maspero, p. 141; Fr. Lenormant, p. 118.

Débris de cliauvrc ei de loiies.

LES VILLBS AHCIBNHBS 11

Voilà tout ce que la science nous apprend de plus positif sur ces origines.

tlachei en pli

le» ville» bibliques. — En somme, si loin (jue l'on monte, dans l'histoire de ces régions, on trouve déjà debout les énormes empires de l'Asie centrale et la vieille Egypte. La civilisation est arrivée à un tel progrès que le concert des sciences humaines préside à la construction des gigantesques monuments qui nous ap-

i2 INTRODUCTION

portent le souvenir de ces âges reculés : Tastronomie, la mécanique, le calcul, récriture, les arts du dessin, la poésie, toutes les branches de Tindustrie humaine ont groupé leur effort autour d'un seul de ces édifices, d'une seule des pierres qui y sont employées.

La Bible d'ailleurs place la construction de la première ville dans les temps bien reculés : c'est Gain luimême qui l'éleva :

« Caïn s' étant donc éloigné de la face du Seigneur habitait errant sur la terre sur la rive à l'orient d'Eden. Mais il eut de sa femme un fils, Hénoch, et il bâtit une cité, et lui donna le nom d'Hénoch du nom de son fils. »

Ce serait probablement une recherche superflue que d'entreprendre de déterminer le lieu où fut bâtie cette ahîée de toutes les villes élevées par la main des hommes. Mais il n'est pas sans intérêt de noter les ruines d'autres cités nommées bientôt après par la Genèse et qui ont été découvertes et étudiées par la science moderne. C'est celles que Nemrod, le fort chasseur devant l'Éternel, bâlit dans la plaine de Sennaar.

C'est Babylone, c'est Ninive, c'est Chalè, c'est Resen. Cette dernière ville était située entre Minive et Chalè, \( et c'était la grande ville », dit le récit ancien. Comme nous le verrons plus tard, Ninive et Babylone cachées sous le sable ont survécu en quelque sorte à leur destruction; Chalè aussi a été découverte, et ses ruines, relevées près du village de Kalah Skerkat, comptent parmi les plus belles de la Mésopotamie.

Resen enfin a été identifiée avec l'antique Larissa des Grecs, et complète ainsi le quadrilatère de ces anciennes cités dont le vénérable récit de la Bible nous a transmis les noms.

Mais à côté de ces découvertes dont l'ensemble suffit pour attester la haute valeur historique du témoignage de la Bible, combien d'autres recherches semblent devoir rester toujours sans résultats. Il est des villes —

et combien ! — donl les noms même ne sonl point parvenus jusqu'à nous; on peut leur appliquer le vers d'Horace

Vixere fortes ante Agamemnona....

(( Il y eut des héros avant Agamemnon; mais aucun poète ne les a chantés, ils sont tombés dans l'oubli. ))

Ainsi des villes. Il en est beaucoup dont le nom est le seul souvenir qui nous reste de leur antique existence. Qu'étaient autrefois et où sont maintenant Badaca d'Elem, Naditou, Khamanou de la Chaldée, qui toutes portaient le nom de villes royales : si l'on a identifié ou à peu près Our la Bituminée (aujourd'hui Moughcir), qui lançait ses vaisseaux à travers le golfe Persique, jusque dans la mer des Indes, ce n'est qu'avec hésitation et à talons, pour ainsi dire, qu'on place sur la carte de ces anciennes régions l'Orech de la Bible, et Sèpharvaïm, et Sirgilla, et Karrak et Ségos; et pourtant « c'est dans l'enceinte de ces vieilles cités aujourd'hui perdues que se fit l'énorme croisement de races et d'idées d'où sortirent la nation et la civilisation chaldéennes ' . »

Il en est d'autres encore qui ne nous ont transmis quelque lambeau de leur histoire que mêlé au sinistre souvenir de la catastrophe qui les a fait disparaître. Tandis que leurs sœurs, plus heureuses, tombaient peu à peu dans la cendre et dans l'oubli, elles, avec plus de gloire et plus de malheur, semblent brûler encore dans la nuit des temps et attirent l'œil inquiet de l'historien, comme ces volcans dont la clarté fumeuse flambe sur un lointain horizon.

Ainsi sont Gomorrhe et Sodome : « Et le Seigneur dit : La clameur contre Sodome et contre Gomorrhe s'est multipliée, et leurs péchés se sont accrus; je drs-

Page 1