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HABITAT ET MŒURS

3** Habitat, — Mœurs, — La vipère aime, en général, les collines rocailleuses, à base de pierres plaies, et les terrains sablonneux couverts de bruyères et de genêts. Elle se tient de préférence sur la lisière des forêts et des friches, mais il n'est pas rare de la trouver au milieu des bois, sur le bord des chemins, dans les clairières ou les jeunes taillis, au milieu des champs et des vignes, dans les rocailles, les vieux murs, les buissons, les carrières^ abandonnées, etc.

Les deux espèces habitent de préférence les lieux secs et élevés; la péliade cependant s'accommode en outre assez volontiers des terrains bas un peu frais et même marécageux.

Dans les localités infestées, on remarqué que ces dangereux reptiles se trouvent généralement disséminés très irrégulièrement. On les rencontre par taches. Les vipères foisonnent dans certains points d'un territoire, tandis que dans d'autres points en apparence semblables au point de vue de la constitution géologique et de l'exposition, elles sont rares ou font défaut.

Le mode de distribution des vipères dans une région est susceptible de se modifier sous Tinfluence de diverses causes, parmi lesquelles il faut citer : la chasse qu'on leur fait, les défrichements des terrains incultes, le percement de chemins ou de routes, etc. Ces reptiles ne s'accommodent que difficilement des

lieux souvent fréquentés par l'homme ou les grands animaux, aussi les voit-on souvent quitter les endroits où ils sont fréquemment dérangés et émigrer dans des lieux plus solitaires. C'est ce qui explique pourquoi dans certains terrains où la vipère abondait autrefois, elle a presque complètement disparu, et pourquoi dans d'autres où elle était au contraire inconnue on la trouve en grande quantité.

Pendant l'hiver la vipère, comme les autres serpents, est cachée dans les excavations souterraines, dans les interstices des roches, des rocailles et des murs, dans les trous de taupes ou de souris, sous les feuilles, les herbes et les branches mortes amoncelées sur le sol. Le plus souvent les vipères se mettent plusieurs dans le même refuge et se tiennent enroulées et entrelacées de manière à former une sorte de boule plus ou moins grosse. Pendant les froids, elles sont soumises à un véritable engourdissement hibernal. Alors elles sont peu dangereuses, leurs mouvements sont nuls ou si faibles et si lents qu'il leur est à peu près impossible de mordre. Cependant quand Thiver est peu rigoureux et surtout par certains jours où la température est plus douce, leur engourdissement peut diminuer au point de les rendre aptes à faire des morsures graves et même mortelles.

Dès les premières chaleurs du printemps, c'est-àdire habituellement vers le milieu de mars, les vipères

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