TRANSMISSION HEREDITAIRE DE L IMMUNITE
Entrons maintenant dans quelques développements sur la transmission de Timmunité par voie de génération.
Deux cas peuvent se présenter : !• la mère est frappée, au cours de la gestation, de la maladie virulente contre laquelle elle transmet Timmunité à son fruit; i° la mère est guérie depuis un temps plus ou moins long lorsqu'elle conçoit un jeune sujet qui viendra au monde pourvu de l'immunité.
Si la mère est malade au cours de la conception, l'interprétation théorique de la propagation de l'immunité n'offre pas de grandes difficultés.
On sait, en effet, que le fœtus reçoit quelquefois à travers le placenta les microbes qui causent la maladie de la mère ; bien plus, qu'il contracte parfois, dans le sein de la mère, une maladie caractérisée par ses lésions spéciales. Avec MM. Cornevin et Thomas, nous avons trouvé des tumeurs commençantes sur des veaux et des agneaux provenant de femelles mortes du charbon symptomatique.
La preuve que les microbes passent de la mère au fœtus, en dehors des maladies expérimentales, est fournie par le nombre considérable de syphilis congénitales que Ton observe tous les jours. Disons encore que l'on a vu des femmes mettre au monde pendant ou après une variole, une rougeole, une scarlatine, une fièvre typhoïde, les oreillons, des enfants présentant des lésions de ces maladies.
L'affection évolue et guérit quelquefois chez le fœtus, comme chez la mère ; ainsi certains enfants issus de mères variolées naissent avec des pustules cicatrisées.
Donc, si le fœtus reçoit dans le sein de sa mère les agents de la virulence , n'est-il pas naturel qu'après sa naissance le jeune sujet possède l'immunité comme la mère, car entre lui et sa mère, au point de vue pathogénique, il n'existe pas d'autre