XI
N COLORE DE BONtlEV SIÈCLE.)
inaugurer un mouvement nouveau, n'était pas encore constitué, et c'est un siècle et demi plus tard, après la première croisade, qu'on rapportera de Syrie, où s'était réfugié ce qui subsistait de l'art grec, des exemples, des modèles, le goût des belles choses. Le vitrail de Dijon reflétait certainement un état de barbarie arrivé au dernier terme de la décadence. Sûrement aussi il mesurait peu de surface ; les fenêtres étaient fort étroites à cette époque, et peu hautes.
Pas un seul fragment des premiers vitraux, c'està-dire du IX* et du x^ siècle, n'a été conservé; pas un, non plus, qu'on puisse avec une entière certitude attribuer au xi^, sauf le cas où l'ancienneté des verrières de Hildesheim et de Tegernsée, mentionnées au précédent chapitre, serait confirmée. On a dit ce qu'il faut croire, raisonnablement, du vitrail de Chartres récemment désigné comme de cette époque, et la proposition moderne attribuant à la même période V Ascension de la cathédrale du Mans, plus trois petits panneaux, les Mages endoi-mis, Jésus devant Pilate^ Jésus aux limbes, est difficile à admettre : l'évêque Hildebert, successeur de Hoël, en 1097, restaura, sans doute, sa cathédrale gravement endommagée par une succession de désastres; mais l'incendie ravagea de nouveau l'édifice en II 34, puis en 11 36, consumant'non seulement le toit, qui était de chaume , mais encore « les vitres de l'église^ ». N'est-on pas autorisé à croire que les verrières d'Hildebert disparurent en totalité dans l'une ou l'autre de ces conflagrations?