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CHAPITRE III

Les vitraux du xii« siècle sont assez rares; le xiii® siècle en a légué un grand nombre. On ne peut songer à les analyser tous.

Aussi bien, pour le sentiment décoratif, pour le prestige du coloris, ils ne diffèrent guère de ceux de la précédente période.

Sous de certains rapports ils en sont la continuation perfectionnée. Parfois, ils leur paraissent inférieurs. De notables modifications s'étaient introduites dans l'architecture.

Afin d'éclairer plus abondamment l'intérieur des églises, la dimension des fenêtres fut agrandie en hau-

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Fig. II. VITRAIL INCOLORE DE

l'ancien HOPITAL DE SENS.

(fin du xii« siècle.)

teur, en largeur; la même ogive réunit deux, trois baies, sinon davantage, et dans le tympan on ouvrit des roses en forme de trèfle, de quatre-feuilles ou polylobées. En même temps, on donna beaucoup d'extension aux roses de la façade et des transepts, roses dont le point de départ fut Voculus des primitives églises chrétiennes. Jusque vers la fin du xi*' siècle, cette ouverture circulaire, d'un faible diamètre, n'eut point de châssis de pierres. Elle n'était pas destinée à être vitrée. Puis, elle s'agrandit peu à peu, s'enrichit de moulures, de découpures. D'abord simplement divisées en lobes et contre-lobes, les roses offrirent bientôt l'apparence d'une roue énorme, avec des colonnettes rayonnant du centre à la circonférence, surmontées d'arcatures cintrées ou tréflées, et, progressivement, cette disposition s'enrichit de cercles, d'ogives, de trèfles, de quatre-feuilles. On en fit d'immenses, d'une hardiesse de conception et de construction surprenantes. La rose de la cathédrale d'Amiens mesure II mètres de diamètre; celle de Chartres, ii"',5o. Les roses des transepts de Notre-Dame de Paris n'ont pas moins de i3"%5o d'envergure. Ce sont les plus vastes qu'on puisse signaler. La rose méridionale se divise en quatre-vingt-cinq compartiments (fig. 1 1); la septentrionale, en quatre-vingt-un. Celle du grand pignon de la cathédrale de Bourges, également en quatre-vingt-un. Elle est d'une disposition particulière : encadrée dans quatre portions de cercle différentes, ses deux ajours verticaux et les deux horizontaux sont plus allongés que les intermédiaires. Elle est de la fin du xiv^ siècle. La rose septentrionale de la cathédrale du Mans date

du xv ; elle a aussi un grand nombre de divisions ^

Les nus des murs se trouvèrent donc bien re'duits,

puisqu'on s'en tint à peu près à ceux indispensables à

la solidité de Pédifice. Dans ses parties hautes, la ca-

Fig. lii. ROSE DU TRANSEPT SUD DE NOTRE-DAME DE PARIS.

thédrale ressembla à une claire-voie majestueuse, gigantesque. L'art ogival était arrivé à l'état parfait.

En augmentant dans ces proportions l'importance

I. C'est dans l'Ile-de-France et en Champagne que les roses eurent le plus d'importance. Les architectes bourguignons les adoptèrent avec réserve; l'école normande n'en fut pas prodigue

des parties ajourées, les architectes savaient pouvoir compter sur la collaboration active et docile des peintres verriers. Certes, le zèle ne manquait point à ceux-ci. Toutefois, les conséquences de la concentration des travaux artistiques dans les couvents avaient été à la fois Punité de Fart et son asservissement ; ou, si on le préfère, la tutelle monastique eut son utilité jusqu^au moment où Ton put s^ soustraire. Elle avait tout réglementé, cette tutelle, non seulement Tordre des compositions et le mode d'expression des visages et des gestes, aussi Texécution, qu'elle rendit systématique, compassée, soumise jusque dans le creux des plis d'un vêtement. Mais quand se manifestèrent avec la société civile les instincts individuels, les verriers n'étaient pas prêts pour l'émancipation. Les essais d'originalité qui inaugurent une idée, une forme nouvelle furent disséminés et fort timides. En fait, infériorité notoire; de tant de verriers, pas un seul n'égala, il s'en faut de tout, les tailleurs d'images qui embellissaient en même temps les mêmes édifices, eux, pleins de savoir, pénétrés du sentiment de la grâce, de la vérité, de la beauté, ornant la façade des cathédrales de statues et de hauts reliefs, souvent purs chefs-d'œuvre.

Et puis, l'entraînement à fonder des églises, des abbayes, général alors, obligea les peintres sur verre à exécuter leurs travaux avec une incessante promptitude afin de satisfaire à tant de commandes à la fois. On les sollicitait de toutes parts. Les verriers de Chartres se répandirent en Normandie, ceux du Poitou en Aquitaine, ceux du pays angevin descendirent ou remontèrent les bords de la Loire; de Bourges, il en partit qui

LE XIIF SIECLE.

parcoururent le centre du royaume; tous s'appliquèrent à hâter leur besogne, sans s'arrêter à des études, à des recherches qui, la perfectionnant, en eussent re-

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