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IN TE-CHAPELLE

cation artistique chez Texécutant. (Fig. 60.) Mais dans le demi-jour calme, un peu endormi où on le voit, et à distance, il impose sa supériorité. C'est un concert enchanteur de couleurs qui s'éveille au contact des clartés du ciel. Ou encore on dirait ces réfractions infinies de tons sonores, de lumières satinées, d'ombres transparentes, un écrin inépuisable de pierres rares précieusement, merveilleusement enchâssées.

Suivant de Guilhermy. les verriers de la Sainte- Chapelle travaillant dans leurs ateliers tandis que Pierre de Montereau élevait Tédihce, la décoration vitrée aurait été toute en place le jour de la consécra-

no LES VITRAUX.

tion (25 avril 1248). Cela est vrai, sans doute, pour les verrières absidales; mais celles des fenêtres latérales durent être exécute'es successivement et datent plutôt de la seconde moitié du siècle. Ainsi, la première à droite, dédiée à la légende de la Croix et au prince fondateur, n'a pu être entreprise avant 1270, puisque sur l'un des quarante-quatre vieux médaillons conservés est représentée la mort de Louis IX. D'un autre côté, sans conteste, elle est antérieure à 1297, année de la canonisation du roi : en aucun sujet. Louis IX n'est figuré la tête entourée du nimbe, attribut caractéristique des saints.

C'est un bref examen des verrières absidales de la cathédrale de Poitiers qui va terminer le présent chapitre. Cependant, Tordre chronologique observé, il eût été mieux placé, cet examen, au commencement, ces verrières étant du début de la période, exactement. A leur physionomie générale, à leurs détails, on les dirait même de la première moitié du siècle précédent. Mais, d'après une inscription que Lasteyrie a le premier déchiffrée, leur fondateur fut l'évêque Maurice de Blason, iils de Thibaud, seigneur de Mirebeau en Poitou, lequel évêque échangea, en 1198, le siège de Nantes contre celui de Poitiers.

Ces verrières sont au nombre de trois. Sur celle de droite, des scènes de la vie des saints Pierre et Paulj la légende de saint Laurent sur celle de gauche. Le Calvaire occupe la vitre du milieu. On pariera seulement de celle-là, la plus intéressante. (Fig. 61). Y compris la ferme bordure qui l'encadre, elle mesure près de 8 mètres de haut et, environ, 3 de large. De

dimensions inégales, ses panneaux rectilignes sont dispose's, petits ou grands, carrés, en largeur, en hauteur , conformément aux besoins d'une absolue symétrie.

Toute la composition est subordonnée à une grande figure de Christ de face au milieu, en croix, d'un aspect extraordinaire avec son modelé à plat, et ses muscles rudement accusés par la seule mise en plomb. Sous les bras de la croix, deux figures de chaque côté : la Vierge et Longin, Jean et un autre personnage; au-dessus, en deux groupes, et de proportions réduites, les apôtres le visage, les bras tendus vers Jésus amplement drapé, qui s'élève au ciel

Fig. 6l. — LE CALVAIRE.

(Cathédrale de Poitiers.)

dans un grand nimbe amandaire à fond rouge semé d'étoiles. A droite, à gauche du nimbe, un ange dont l'attitude épouse le contour ogival de la baie. A la base du vitrail, en un vaste médaillon à quatre lobes, le Martyre de saint Pierre, et de petites scènes; à chaque écoinçon, des ornements, plus une figurine dans un demi-cercle. La croix est rouge. Rouge aussi le champ du Calvaire; bleu celui de l'Ascension. Le rouge a de l'importance dans les fonds du grand cartouche.

Si, à bien des égards, cette verrière n^est point supérieure à celles dont il a été parlé déjà, aucune ne détermine une impression aussi particulière. Par l'accent impérieux et fier, même un peu féroce du style, par son agencement hardi, très entendu et très décoratif, par son coloris d'une ardeur sombre, fait de lumières étranges et d'ombres profondes, elle intimide la critique, nous saisit, commande le respect et l'étude. C'est un des plus étonnants types de la vitrerie du xiii^ siècle.

Moins caractérisés, mais exécutés avec un soin minutieux, des vitraux de Notre-Dame de Dijon et de Notre-Dame de Semur, qui datent de 1240 à i2 5o, portent l'empreinte, peu altérée encore, de la manière gréco-byzantine. Les traditions du xii« siècle avaient persisté en Bourgogne. A la cathédrale d'Auxerre, pourtant, des verrières paraissent tenir plutôt du goût champenois»

On ne saurait songer à tout dire en un texte aux limites restreintes. Aussi, est-ce très incidemment que nous parlons des vitraux qui sont à l'étranger, et seulement quand ils paraissent utiles à cette étude. A ce titre, ceux de la cathédrale de Cantorbéry méritent

une place ici. Cependant, en ce qui les concerne, il suffira, puisqu'on est contraint d'abréger, de relater Topinion d'Henri Gérente, un maître verrier disparu jeune, mais non sans avoir donné la mesure de son talent. Au tome cinquième des Annales archéologiques (1846), on lit : « M. H. Gérente estime que les vingt et une fenêtres remplies totalement ou en partie de vitraux peints, et qui décorent les croisillons, les bas côtés du chœur, le sanctuaire et cette chapelle circulaire appelée « la Couronne de saint Thomas », peuvent compter parmi les plus belles qui existent. Un peu plus récentes que celles données par Suger à Saint-Denis, plus anciennes que celles des bas côtés et du chœur de la cathédrale de Chartres, les verrières de Cantorbéry égalent les premières et surpassent les secondes. Les bordures encadrant ces fenêtres, les feuillages qui en cernent et réunissent les médaillons, sont du goût le plus noble et de l'exécution la plus parfaite. »

Un Français, Guillaume de Sens, aurait construit le chœur de la cathédrale de Cantorbéry à la fin du xii*^ siècle.

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