ET PASSION DE JÉSUS
(Strasbourg.)
en couleur. — Les trois fenêtres de Tabside n^ont que du verre blanc.
La série des empereurs occupe quatre fenêtres du collatéral nord, huit personnages en pied par fenêtre. Trois de ces trentedeux figures sont antérieures au XIV® siècle. C'est là une vitrerie des plus curieuses, du plus vif intérêt pour le détail des costumes et Taccent des physionomies, pourl'exécution, qui est habile et soignée. Dans ce collatéral aussi, la Création du monde et V Adoration des Mages. A la petite nef du sud, soixante-quatre compositions retracent, en quatre fenêtres, des scènes de /<^ Vie de la Vierge et de la Vie de Jéstis-Christ.
(Fig. 63.) Au basde la nef, le Jugement dernier et les Œuvres de miséricorde, dans la même baie. A Textrémité de Tune des nefs latérales, la chapelle de
Sainte-Catherine, fondation, en 1340, de Tévêque Ber-
LE XI V^ SIECLE. ijï
thold, percée de quatorze lancettes fort étroites, hautes de 6™,5o environ sur o"%4o de largeur; chaque lancette renferme un personnage, — sainte Catherine, sainte Marguerite, les douze Apôtres, — abrité d'un dais allongé, très pointu, dont le dessin est particulièrement élégant. Au fond de l'autre collatéral, la chapelle Saint-Laurent, ornée de vitraux d'une époque plus récente.
Mais Tétude d'un décor de cette ampleur exigerait trop d'espace. Ne songeons pas à Tentreprendre. Il faut se borner à en indiquer les lignes génériques, et à recommander au lecteur, pour les détails, le travail du savant abbé Guerber et Touvrage de Lasteyrie, plus concluant encore, mieux renseigné peut-être.
Les vitraux de la cathédrale de Strasbourg ont été endommagés très grièvement par le bombardement de 1870, méfait inepte, sauvage et sans excuse parce qu'il fut voulu, prémédité. Cela, gardons-nous de l'oublier jamais.
On peut voir encore des vitraux du xiv^ siècle dans la nef de la cathédrale de Clermont, aux roses de fenêtres qui ont perdu le reste de leurs verres peints, mosaïques d'un ton pâle, figures d'un faire très fruste; à Carentan, à Coutances, à Pont-de-PArche, dans l'église de Nesle-Saint-Saire, petite localité de la Seine- Inférieure; à Dol, en Bretagne, à la fenêtre principale du croisillon sud de Saint-Samson, la cathédrale, grandes figures d'évêques, un donateur, du commencement du siècle ou de la tin du précédent. Il y en a sans doute autre part, peut-être de médiocre importance et de valeur contestable.
Au reste, la faveur des verrières religieuses, active et générale en France, au xni« siècle, et bien refroidie au suivant, avait aussi beaucoup diminué ailleurs, dans le même temps. On rencontre peu ou point de vitraux du xiv^ siècle dans les Flandres ; seulement quelques-uns en Angleterre et en Allemagne, aux cathédrales de Hereford et de Lincoln, à la chapelle Merton, d'Oxford; — à Pabbaye de Sainte-Croix (Basse Autriche), à Wilsnack (province de Brandebourg), à Oppenheim, près Mayence, et à Cologne, au chœur de la célèbre basilique. — Ces vitraux de Cologne sont d'un agencement parfaitement ordonné, riche et noble, d'une magie de coloration très impressionnante. Pas de plus beau spécimen, ni de plus important, de la peinture sur verre au début du xiv® siècle. La dédicace du chœur, complètement achevé, fut célébrée en septembre l322 ^
I. Sulpice Boisserée, Monographie de la cathédrale de Cologne.