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GRISAILLE ET BORDURE

(Cathédrale de Tournai.)

nu des murs, de pinacles appliqués, de dais, de niches

en encorbellement, de ceps de vigne découpés, fouillés à jour, d'arabesques, de rinceaux, d'entrelacs ciselés avec un art extrêmement délié, avec une surprenante adresse.

Naturellement, le vitrail ne resta pas en arrière de cette richesse aussi exubérante qu'illogique.

Par exemple, le transept de Saint- Maurice, cathédrale d'Angers, a des verrières, données vers 1440 par l'évêque Jean-Michel, remplies d'architecture dont les détails innombrables écrasent des personnages isolés et superposés.

L'effet est brillant cependant, quoique bien refroidi par le voisinage des vitraux du chœur, duxni« siècle, par ceux

Fig. 65. l'ange GABRIEL

(Eymoutiers.)

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delà nef. du xir. Les verrières de Téglise d'Eymoutiers, dans la Haute-Vienne, offrent les mêmes dispositions (fig. 65); elles ont autant d'éclat. Celles de Notre- Dame de Saint-Lô se distinguent par rélancement de leurs pinacles. 'Fig. 66 et 72.) Les unes et les autres sont parfaitement exécutées. Les verriers ne se montraient pas, comme ceux des premiers temps, inférieurs aux sculpteurs leurs contemporains, sous le rapport du savoir et du talent.

D'ailleurs, les procédés matériels d'exécution s'étaient beaucoup améliorés et des colorations nouvelles avaient enrichi la palette du peintre sur verre. Ainsi le '( verre doublé », inventé au siècle précédent et très perfectionné en celui-ci, donna aux tons une intensité inconnue jusqu'alors. Le « doublage » consiste en ceci : les feuilles de verre sont soufflées à deux couches, l'une épaisse et incolore, l'autre plus mince teinte en rouge, en bleu, en vert, ou en toute autre nuance, et, en enlevant au burin, à la mollette, ou bien à

Fig. 6j. rM N ACLE

d'une V er ri i":r k.

(Saint-Lô.)

rémeri des parties déterminées de la face colorée, on découvre la face blanche et l'on obtient des dessins délicats qu'on a la ressource encore de peindre en jaune d'argent ou avec certaines couleurs d'émail. Quand, au lieu de doubler un verre blanc, le rouge

double un verre ''^ bleu, on a un violet singulièrement énergique. Le vert qui résulte de couches superposées de blanc, de jaune et de bleu est superbe. On utilise aussi le revers de la vitre en y posant une teinte générale qui exalte les couleurs.

On comprend, sans qu'il faille insister, comme les verriers durent s'emparer de ces nouveaux avantages, surtout pour le détail, les ornements et les orfrois des costumes, pour les pierreries, les bijoux. Ainsi qu^au siècle précédent, afin de leur servir de fond, ils tendirent des étoffes damassées derrière les personnages. (Fig. 67 et 68.)

En même temps, ils continuaient à se perfectionner dans le dessin et le modelé. Les visages, les mains furent peints sur verres incolores avec un ton

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