BORDURE
d'une rosace détruite.
(Église de Gisors.)
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plus remarquables. On se bornera, cependant, à les énumérer : la Vie de sainte Clotilde. en trois verrières (la première du bas côté sud, la deuxième, la quatrième), la Légende de saint Léger (la troisième), puis, la Légende de Théophile et des faits de la Vie de la Vierge, dans la même fenêtre; puis, des saints, des saintes, la Légende de saint Pierre, etc. La Légende de Théophile est Tœuvre capitale de la collection. Des parties affirment une haute valeur, notamment le panneau où Marie apparaît à Théophile, plus d'un personnage, plus d^une tête dans les autres scènes, et, selon une tradition locale, Tétude de ce bel ensemble aurait décidé la vocation d'un enfant réfléchi du pays, qui fut le grand Poussin.
Quant aux autres vitres normandes, elles sont, au vrai, trop nombreuses, pour en donner une nomenclature complète. Simplement, voici quelques lieux où Ton en peut voir, souvent de réel mérite : PontrÉvêque, Falaise, Lisieux (église Saint -Jacques), Hotot-en-Auge, dans le Calvados; — Bernay ( Notre- Dame- de-ia- Couture) , Pont-Audemer, Serquigny, Pont-de-l'Arche, Jouy, dans TEure ; — Coutances (à la cathédrale) ; — Alençon (à Notre-Dame, ensemble important, riche, harmonieux); — dans la Seine-Inférieure, Elbeuf (église Saint-Etienne, quatorze baies : la Chasse de saint Hubert, datée de i5oo; Vie de saint Jean-Baptiste, de iSog; Arbre de Jessé. de i523; Vie de saint Pierre j de 1540 ; le Martyre de saint Etienne, au-dessus du maître-autel, etc.; église Saint-Jean, la Passion^ Arbre de Jessé^ etc.; — Maulevrier, Blosseville-ès-Plains, Caudebec, Fécamp (Notre-Dame-de-
Toussaint), Valmont, Monville (i 527-1529), Offranville, Ancourt, Aumale, Saint-Wandrille, Villequier. Des verrières de Villequier, la plus belle représente un combat naval. Elle est à droite de la chaire.
« La seule ville de Rouen nous offre, dit Levieil, dans la quantité et la beauté des vitres peintes dont les églises paroissiales sont ornées, un témoignage bien certain du goût que ses habitants prirent à la fin du xv^ siècle et dans le xvi^ pour les enrichir. » Bien de ces vitres subsistent. Nous en avons vu précédemment une collection à peu près complète, sinon intacte et supérieure, à Saint-Ouen. Un plus grand nombre a disparu, détruites ou dispersées, quand furent supprimées, à la Révolution, les églises de Saint-Étienne-des- Tonneliers, de Saint-Jean, de Saint-Martin-sur-Renelle, de Saint-André, de Saint-Nicolas, la chapelle du cimetière de THôtel-Dieu (les vitraux de cette chapelle étaient de Jean Cousin), et Saint-Godard rendu au culte, s'ouvrit aux fidèles, en 1806, dépouillé de presque toutes ses verrières réputées les plus remarquables de la contrée. Celles de Saint-Nicolas, nous apprend Langlois, furent acquises, lors de la paix d'Amiens, par un brocanteur venu d'Angleterre. Acquise aussi par un marchand du même pays, la vie de saint Bruno racontée en trente ou quarante grisailles, de petit format, sans doute, d'une belle exécution, assure Lenoir, provenant de Tancienne Chartreuse de la ville.
Les vitraux que Rouen a pu conserver sont de valeur assez inégale. A ceux du xiii^ siècle, au chœur de la cathédrale, il manque seulement une armature qui en affirme les dispositions, pour être parfaits. On a
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dit plus haut ce qu'il faut penser de Pample ensemble de Saint-Ouen et les objections qu'il soulève. Comme verrières du xvi^ siècle, celles de Saint-Patrice sont audessous de leur renommée; il y en a de belles à Saint- Godard, d'intéressantes ailleurs, de médiocres çà et là. Quelques détails ne seront pas ici superflus.
Les vitres de Saint-Maclou sont en partie mutilées. Les plus dignes de remarque seraient, au croisillon à gauche, un Ar'bre de Jessé dont le fond bleu n'est pourtant pas agréable, et quatre grandes figures d'apôtres, avec de longs phylactères. A noter quelques panneaux dans les chapelles rayonnantes de Tabside, des scènes de la Passion à des fenêtres hautes du chevet. La Crucifixion du transept sud n'appelle pas beaucoup l'attention.
L'église Saint-Vincent a plus de richesses au sens qui nous occupe, mais ne possède rien, toutefois, à mettre au premier rang, pas même les vitraux d'Engrand Le Prince et de son fils Jean. Ces vitraux sont à la grande chapelle du chœur, à gauche, et le meilleur, incontestablement, pour l'intensité vibrante, harmonieuse, de la coloration, pour l'aspect général, quand à distance disparaissent les défaillances d'une facture un peu lâche, est à l'abside. Signé des deux auteurs, il a été peint vers i53o. Les Œuvres de miséricorde y sont figurées. Egalement dans celte chapelle, et aussi des Le Prince père et fils, exécutées en i525, mais non comparables à la précédente, les verrières dédiées à saint Pierre et à saint Jean précurseur, celle-ci supérieure à l'autre. La Prédication de saint Jean, le Baptême de Jésus sont intelligemment établis.
Par contre, la scène de Salomé che:{ Hérode ne mérite point d^éloges, non plus aucun des compartiments du vitrail de Saint-Pierre, et l'exécution, insuffisante aux deux fenêtres, se meut dans un coloris qui a de la force et de l'éclat, mais dépourvu d'attraits avec ses verts bien trop durs, avec ses rouges irritants. A la paroi inférieure de cette chapelle, une bataille de chaude tournure et d'une très belle coloration.
L'espace manque pour parler avec les développements qu'elles comporteraient peut-être de toutes les vitres de Saint- Vincent. Il faut donc se résigner à en indiquer seulement quelques-unes. Au fond du second collatéral à gauche, un Jugement dernier en cinq lancettes. Surtout le groupe des Justes doit être mentionné; même dans ce groupe, la jeune femme ajustée d'une robe orangée et d'un long manteau bleu aux plis larges et pittoresques, souvenir des van Eyck ou de Memling, est un morceau à coup sûr excellent.
— A l'extrémité du transept nord, un Arbre de Jessé trop clair. Attribué à un verrier nommé Jean de la Pointe, daté de i5o6, il provient de Saint-Godard. — La fenêtre centrale de l'abside, le Crucifiement ^ est d'un aspect lourd; les autres, de chaque côté, ont plus de limpidité, malgré des parties trop obscures encore.
— L'ordonnance du vitrail allégorique dit « des chars », de i5i5, dans la chapelle sud du chœur, n'est point sans intérêt; malheureusement l'exécution est pesante et aussi la couleur. Notons simplement les fenêtres voisines en Thonneur de sainte Anne et glorifiant les Vertus.
La petite église de Saint-Romain, construite au
commencement du dernier siècle, a recueilli plusieurs verrières des églises supprimées en 1793. Nous ne savons d'où sont venus Saint Etienne devant ses juges et Lapidation de saint Etienne^ aux croisillons nord et sud. Bien que décolorés, ce sont ouvrages fort estimables quant au ferme agencement des scènes, quant au soin, à la tenue que l'exécution dénote. Et Pinfluence flamande y apparaît presque dominante. Mais ceci n'est pas une circonstance fortuite, car le caractère des vitres normandes est précisément d'offrir une sorte de compromis tantôt latent, tantôt, comme cette fois, très sensible, entre la manière élégante et facile de l'Ilede-France et le goût plus précieux en même temps que plus lourd des Flandres. — A d'autres fenêtres, la Résurrection de La\are^ Tobie ensevelissant les moj'tSj Job sur son fumier j etc., avec les donataires en famille, de proportions minuscules, d'un art intime, spirituel, dont on a parlé ci-dessus.
Surfaites, nous l'avons déjà dit, les verrières de Saint-Patrice sont curieuses, néanmoins. Elles ont été entreprises en i538, achevées en 1625, sauf quelquesunes de fabrication récente. Notre idée n'est pas de nous arrêter à toutes.
Les trois de l'abside composent un décor d'une richesse suffisamment étoffée et sonore, d'une harmonie homogène. Au milieu la scène du Calvaire; le Christ glorieux est assis au-dessus, de face, les pieds sur le globe du monde, la Vierge d'un côté, Jean-Baptiste de l'autre. A gauche, des sujets de la Passion : le Baiser de JudaSy la Flagellation^ Jésus devant Pilate^ le Portement de Croix; dans la verrière de droite, les diverses
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apparitions de Jésus après sa résurrection. Ces sujets superposés régnent sur la largeur entière des fenêtres, et font un ensemble des plus honorables sans être une œuvre selon la haute acception du mot.
Dans la chapelle de la Passion, se détache avec une autorité relative le vitrail de la Femme adultère^ épave de Saint-Godard, daté de 1 549, au bas duquel se pressent en foule des donateurs de petite dimension, et la Justice embrassant la Vérité^ que distingue une certaine grandeur de style dans les attitudes, dans le sentiment des draperies et les types. Signalons, en outre, parce qu'elle mérite de Tétre, la verrière de V Annonciation (i538), qui l'emporte dès le premier regard sur celles de l'Histoire de Job y jadis à Saint-Godard, de Saint Eiistache (i543), de Sainte Barbe (1540), de Saint Louis [i 5 ^?>]^ et, naturellement, sur d'autres d'une infériorité plus marquée. — Ayant parlé ailleurs du Triomphe de la loi de grâce, vitrail dont le renom est quelque peu usurpé, il semble inutile d'insister davantage. — Quatre compositions sur neuf de la Vie de saint Jean-Baptiste (deuxième travée du bas côté à droite) ont été refaites à Sèvres, en i835, et il n'y a pas lieu de s'en applaudir. — La Visitationj un des sujets de la quatrième travée, doit être mise parmi les bons morceaux de Saint-Patrice.
A la cathédrale, quelques vitres du xvi® siècle (entre autres. Vie de saint Romain, à la chapelle de ce saint normand, contiguë à la sacristie), peu significatives, peut-être en suite des réparations qu'elles ont dû subir, ne nous arrêteront pas, et on finira par Saint-Godard ce qui reste à dire des vitraux de Rouen.
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Saint-Godard qui fut si riche en vitraux que pas une église ou chapelle d^abbaye, dans la province, n'eût pu soutenir la concurrence, a toutes ses fenêtres garnies encore de verres peints. Seulement ils sont modernes, à Texception d'un très petit nombre de panneaux anciens dans une fenêtre à droite, la Vie de la Vierge^ et dans une fenêtre à gauche, où se voient les Apparitions évangéliques : à l'exception aussi, heureusement, du vitrail terminal de la chapelle de la Vierge et du vitrail de la chapelle Saint-Romain, le premier, Arbre de Jessé^ de i535, — le second. Vie de saint Romain^ à peu de choses près tel qu'il est sorti des mains de son peintre, en i555. Levieil en a cru la composition de Luca Penni, ou de Raphaël. Le style maniéré des figures est plutôt d'un auxiliaire du Rosso que du peintre divin des Stan^e. Il n'importe. D'où qu'elle vienne, elle a bel air, elle a noble allure, avec ses quatre sujets l'un sur l'autre couvrant cinq lancettes, et cette vitre de onze mètres de hauteur rallie aussi les suffrages par son coloris d'une puissance qui n'exclut ni la grâce ni la saveur des clartés harmonieuses et tendres. En tous pays sont rares les vitraux de telle importance et de telle qualité.
U Arbre de Jessé n'a point cet éclat, cette plénitude d'harmonie. Des pièces ont été rapportées. Faute de l'adhérence nécessaire, le modelé des chairs s'est altéré, même par places effacé. Cependant les physionomies ont beaucoup de caractère, et, sur l'ensemble, qui a de la richesse, sur les parties, plane le goût flamand, fréquemment distinct, le lecteur en a été averti, dans les verrières de Normandie.
Dans tous les grands centres de fabrication de verrières, à Tours, à Bourges, à Troyes, à Metz, à Strasbourg, dans tous les ateliers de l'Ile-de-France, de Normandie, de Bretagne, de Bourgogne, en Italie, en Allemagne, partout, en un mot, on dut faire en grand nombre des vitraux civils au cours du xvi^ siècle. C^était le complément traditionnel de tout décor riche et intelligent. Les architectes qui élevaient alors des hôtels, des châteaux, de belles habitations, ne pouvaient le négliger, nécessairement. Mais bien des causes ont concouru à la disparition de ces témoignages d'un luxe charmant: le temps, l'incurie, des remaniements ou une ruine totale, d'autres habitudes, d'autres conditions sociales, de nouveaux besoins. Un très petit nombre a survécu. On dirait que le hasard, seul, a préservé de la destruction ce qui reste de ces rares épaves.
Florence, toutefois, à la bibliothèque Laurentienne et à sa Chartreuse, conserve deux ensembles intacts, sauf des dégâts partiels et quelques restaurations, de sérieuse importance quant à l'étendue, quant à la valeur du travail : la vitrerie du « colloquio » de la Chartreuse comprend huit fenêtres, plusieurs avec le chronogramme de i56o; celle de la bibliothèque une trentaine, quelques-unes datées de i558, de i56o et de i568. Elles sont donc tout à fait contemporaines. Mais les verrières de la bibliothèque Laurentienne l'emportent sur les autres. Aussi en croit-on les cartons fournis par Jean d'Udine, le collaborateur fameux de Raphaël, attribution que justifient la grâce des compositions, le détail ingénieux, exquis d'élégance, des « grotesques «. Le champ est incolore ; les tons employés sont le gris,
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le jaune, le brun; Técusson central est bordé parfois de bleu, ou de vert, ou de rose, et on remarquera (fig. 89) que le décor étant peint sur des verres quadrangulaires et égaux, la mise en plomb ne joue là aucun rôle.EJlecompte pour quelque chose, au contraire, dans les fenêtres de la Chartreuse, fort belles aussi, bien que d'un style moins délié que les précédentes, d'un faire moins fin et moins souple. (Fig. 90.)
En France, où le sentiment de la conservation des choses d'art n'a jamais été fort répandu en
Fig. 89. — vjtIrail.
(Bibliothèque Laurcntiennc, Morencc.)
2a8 LES VITRAUX.
aucune classe de la société, noble ou populaire, ecclé-
Fig 90, — VITRAIL. (Chartreuse de Florence.)
siastique ou bourgeoise, nous n'avons rien à mettre en
parallèle avec ces vitraux de Florence. Quelques ves-
Fig. 91. — VITRAIL ORNEMENTAL. (Musée Je Cluny.)
tiges épars chez des amateurs ou en des musées, c'est
tout. Voici un petit panneau au chiffre des Montmorency, provenant du château d'Ecouen (fig. 91), dont le goût et Tesprit font regretter la perte ou la dispersion des autres. Il est à Gluny à présent.
Mais, après avoir été, certainement, très riches en vitres purement ornementales, si nous sommes aujourd'hui appauvris à ce point, une suite de quarante-quatre petits vitraux exécutés pourEcouen, réunis à Chantilly désormais, n'a, à son tour, d'équivalent en pas un pays. On en parlera tout à l'heure. Auparavant, arrêtons le lecteur au panneau, complètement inédit, reproduit figure 92.
Dans le voisinage immédiat de Chambord, on rencontre le château de Villesavin, autre construction de la Renaissance. Jadis d'une certaine richesse de détails, aujourd'hui très remanié au dehors et absolument modernisé au dedans, de sa primitive décoration intérieure restent seulement quelques débris relégués dans les combles. Deux de ces débris nous intéressent. Ce sont de petites vitres peintes qui ont orné, sans doute, une série de cinq fenêtres éclairant quelque longue galerie. Leurs dimensions, le volet mobile que Tune d'elles a conservé indiquent leur place à la partie supérieure des baies, au-dessus du croisillon des meneaux. Une Muse est représentée sur chaque. Outre l'extrême rareté des vitraux d'appartement, la beauté d'exécution de ceux-ci suffirait à les classer comme monuments précieux. De même que presque toutes les œuvres peintes de la première partie du xvi^ siècle, elles offrent des parties incorrectes ; cependant par l'élégance de la silhouette, par le charme d'un coloris délicat, il est impossible de
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ne pas les rattacher à une grande école de maîtres verriers, celle de Tours à n'en pas douter.
Fig, 92. — VITRAIL d'appartement. (Château de Villcsaviti.)
Nous venons de dire que la se'ric des vitraux de Chantilly comprend quarante-quatre pièces. Les compositions peintes en grisaille, relevée de légères touches de jaune d^argent, sont autant d'épisodes de la légende
aj2 LES VITRAUX.
de Cupidon et de Psyché, selon le poème d'Apulée, VAne d'or. Des quatrains explicatifs, ou des huitains, sont inscrits au bas de chaque sujet sur des cartouches ordinairement accostés de figurines, sylvains en de grotesques postures ou enfants nus. Ces vitraux de petite surface ont été exécutés de 1542 à 1544. Plusieurs portent leur millésime. Ils avaient été commandés par le connétable Anne de Montmorency pour la salle d'armes de son château d'Ecouen, où ils restèrent jusqu'à la Révolution. Lenoir les recueillit au Musée des monuments français, aux Petits-Augustins, et il en dit, dans son Tî^aité historique de la peinture sur verre : « Ces vitraux sont d'une composition agréable, savante, et portent un grand style dans le dessin; mais l'exécution n'en a pas été extrêmement soignée, les couleurs à la cuisson se sont trop étendues, ce qui donne de la rondeur au dessin et le dénué de ses finesses. Ils avaient souffert des mutilations et des dégradations. Voici un fait : un vitrier d'Écouen, voulant les nettoyer, les frotta avec du grès en poudre, enleva, par ce moyen, toutes les demi-teintes, et laissa de grandes parties du verre à nu. Cette peinture, seulement fixée sur le verre et non y incorporée, n'a pu résister à ce genre de frottement. ^> En même temps, il attribuait à Raphaël les compositions que Sauvai avait prétendu du Rosso, et la peinture à Bernard Palissy.
En fait, on esta peu près d'accord aujourd'hui pour donner l'invention de ces ouvrages à Michel Coxcie, un Flamand élève de van Orley, allé à Rome, ou il s'imprégna de l'enseignement italien, et revenu assez muni d'études pour introduire dans ses compositions bien
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fig. 93' — PSYCHÉ CONSKILLÉ
E PAR SES SOEURS, (Chantilly.)
des souvenirs de Raphaël, dont il adopta aussi la form(
extérieure. Même ses souvenirs ressemblent parfois à des larcins. Ses contemporains ne furent pas sans lui en faire reproche. Il est certain, à la considérer dans son goût général et ses agencements particuliers, que la Suite de Psyché, à Écouen, procède tout à fait de récole du Sanzio (fig. 98); les réminiscences n'y sont pas rares; le panneau du Banquet des dieux est la copie presque littérale, en quelques parties, du même sujet à la Farnésine. (Fig. 94.) Les gravures du Maître au Dé avaient fait connaître ce très curieux ensemble, et des verriers les reproduisirent purement et simplement, sans y rien changer, comme il leur arrivait souvent d'emprunter aux estampes qui circulaient à cette époque d'après Albert Durer, Raphaël et d'autres, pour leurs verrières d'église. Quels verriers mirent sur verre les gravures du Maître au Dé, on Tignore. LMnégalité du travail annonce plusieurs mains. Mais Palissy n'y fut point occupé. En ce temps-là (1542-1544), il habitait sa petite maison des Roches, à Saintes, levait des plans de marais salants pour le compte de François I", et, verrier inconnu, s'appliquait déjà à la recherche du secret de rémail, « comme un homme qui taste en ténèbres », qu'il mit quinze ans à découvrir K En tout cas, ces vitres sont de fabrication française, opinion qu'on avance avec certitude.
Après avoir eu à souffrir des circonstances traver-
I. Cependant on peut attribuer sûrement à Palissy quelques panneaux d'ornements exécutés pour Écouen, dont plusieurs sont au musée de Cluny. (Fig. 91). A Cluny également, plusieurs panneaux des xv® et xvi« siècles, très curieux, provenant de l'Hôtel- Dieu de Provins.
LE XVr SIECLE 23$
sées, une récente restauration, accomplie par des
Fifî. 9+. — LE BANq.UET DES DIEUX. (Chantilly.)
hommes de beaucoup de goût et intiniment soigneux,
ojd LES VITRAUX.
les ont remises, sinon dans leur état primitif, quelques remplacements de verres opére's sans assez de goût aux siècles précédents ayant été maintenus, de façon, néanmoins, à fait revivre leur grâce et leur charmant intérêt.
Lors de la dispersion du musée de Lenoir, en 1 8 1 7, le prince de Condé les avait réclamées et fait transporter à Chantilly ^ Le duc d'Aumale a consacré une galerie spéciale de sa magnifique demeure aux quarante-quatre verrières, collection unique en son genre, de la fable de Psyché.
1. Le château d'Ecouen était passé dans la maison de Condé par le mariage de Charlotte-Marguerite, sœur du dernier duc de Montmorency, décapité en i632, avec Henri, prince de Condé, père du grand Condé. L'an II de la République il fut confisqué. On le transforma en prison, puis en hôpital. En 1806, un décret de Napoléon en fit une maison d'éducation pour les filles des membres de la Légion d'honneur.