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Jessé. de la cathédrale d^Autun.
(Fig. 87.) Ce grand vitrail, très robuste, exécuté d\\n pinceau instruit, plein de précaution et exercé, n'est pas d'un riche effet décoratif, d'ailleurs : les figures se détachent sur un fond blanc, uni, qui, les obscurcissant, agrave leur lourdeur.
On Ta dit plus haut, les verrières du xvi^ siècle nous sont parvenues en grand nombre, malgré les circonstances diversement désastreuses qu'elles ont eu à traverser. La place manque pour en dresser seulement l'inventaire.
Disons simplement, sans détails, qu'on en rencontre, plus ou moins endommagées, dans des églises de l'ancien duché de Montmorency : à Mesnil-Aubry, à Ézanville, à Grolay, à Damville, à Herblay, dans l'église de Saint- Firmin qui s'élève à l'une des extrémités du parc de Chantilly.
Il y en a dans Saint-Maclou de Pontoise, à Puteaux (deux fenêtres, une presque entière), aux églises de Brie-Comte-Robert, de Champeaux; aussi en d'autres parties de la France, à Joigny, à Clamecy (église Saint-
Fig. 87.
l'arbre de jessé.
(Lancette centrale. Autun.)
Martin), à Saint-Aubin-Châteauneuf, à Gannat (celles-ci seraient de Jacques du Paroy), à Vic-le-Comte, et dMmportantes, de fort curieuses à Moulins, dans le style de la Renaissance italienne, attribuées à tort ou à raison à Ghirlandajo. On pourrait prolonger beaucoup ces indications.
Par exemple, la Bretagne conserve des verrières qui méritent certainement d^être distinguées.
Ce sont, dans le Finistère, celles de Penmarc'h, à Saint-Nonna; de Plogonnec (scènes de la Passion, donateurs); à la chapelle du Cran, près de Châteauneufdu-Faou; à Edern, à Comfort, à Kerfeuntun (iS/S), à la Chapelle de Kergoat, au nombre de huit, belles, passablement conservées (Vie de Jésus-Christ, Histoire de Joseph) le Paradis ^ V Enfer ) ; — dans les Côtes-du- Nord, à Moncontour, datées de i537 et i538, les plus remarquables de toute la province, une au chevet de l'église, deux aux fenêtres du sud, trois dans les baies opposées; — dans le Morbihan, à Langonnet, église de la Trinité ; à Saint-Hervé^ datées, il y en a trois, de i53o; à la chapelle Saint-Fiacre, près le Faouet, datées, elles, il y en a cinq, de i552. La mieux en état est au chevet. Passion tx Résurrection de Jésus-Christ. Au même millésime, les fenêtres de la chapelle Saint- Mériadec, à Stival (Arbre de Jessé, la Passion, etc.), et de i533 à 1602, les huit de Saint-Armel, à Ploërmel, plus qu^estimables.
L'ille-et- Vilaine n'a guère que des débris à Téglise Notre-Dame de Vitré. Mais aux Iffs, village voisin du château de Montmuran, où Duguesclin fut armé chevalier, à la suite d'un exploit, Téglise possède des ver-
LE XVI^ SIECLE. ai/
rières qui, sans être de premier ordre, ont assez de qualités d'art pour mériter particulièrement l'attention. Celles des transepts sont au moins à demi ruinées, il est vrai. Au contraire, on voit la grande vitre du chevet, — la Passion, en vingt compartiments, au tympan, le Christ ressuscité, juge des vivants et des morts, — et les fenêtres de deux chapelles latérales d'une conservation presque satisfaisante. Il ne serait certainement pas malaisé de les remettre en leur état primitif. Aussi nous les recommandons au zèle intelligent et éclairé de la Commission des monuments historiques. Dans la chapelle, à droite, un combat furieux sous les remparts d'une ville assiégée ; le Christ apparaît au-dessus delà mêlée, sujet resté sans explication. — Autre sujet comprenant beaucoup de figures à la fenêtre en face, et non déterminé, peut-être, cependant, Saint Yves rendant la justice^, portant le millésime de iSSj. Le vitrail de la troisième fenêtre est supposé plus ancien. L'exécution en est délicate, le coloris aimable et intense. U Histoire de la chaste Suzanne y Qst figurée en douze compositions. De l'autre côté du chœur, la chapelle dite de Montmuran n'a que deux fenêtres, mais tout à fait intéressantes. Dans Tune, P Adoration des Mages; au-dessus, V Annonciation ; dans l'autre, la Naissance de Jésus, la Circoncision^ la Présentation au Temple. VAssomption de la Vierge emplit le tympan.
Le département de la Loire-Inférieure se recommande seulement par les quelques vitraux de l'ancienne église de Missillac, et la maîtresse vitre de Saint-Aubin de Guérande, le Couronnement de la Vierge^ d'un effet
décoratif assez énergique, malgré une exécution lourde et incorrecte, un coloris où la note jaune est trop fréquente. Guérande a été sans doute un centre de fabrication de verrières. Un autre centre breton, plus actif, fournissant des produits supérieurs, s'était formé à Quimper et datait pour le moins du siècle précédent. Même, les peintres sur verre de Quimper jouirent de quelque considération, puisque ceux de Paris les affilièrent à leur corporation, à titre de membres honoraires.
En Normandie, on rencontre aussi bien des vitraux du xvi^ siècle, en général dMn art plus serré qu'en Bretagne, et dans lesquels, souvent, le goût de rile-de-France se mêle à la manière flamande. On a eu Poccasion d'en signaler déjà. Il faut indiquer, en outre, les verrières de Bourgtheroulde, de Verneuil, de l'église de Gisors (fig. 88), surtout, dans cette église, celles de la chapelle Saint-Crépin. Les vitraux du Grand-Andely, trente- cinq à l'église Notre-Dame, autrefois collégiale, jouissent d'une réputation justifiée. Ils n'appartiennent pas tous à la période : deux sont plus récents; d'autres remontent au xiv^ siècle et au xv«, fort endommagés et en débris, du reste. Ceux du xvi« siècle, plus nombreux, ont éprouvé moins de ravages, et, en même temps, sont
Fig. 88.