CARTON PAR INGRES
(Musée du Louvre.)
LE XIXc SI ECLE.
aussi mauvais qu'au palais du Louvre ^ » Dédaigneux du xiii® siècle, les verriers de Brongniart; lui-même, Brongniart, mal au courant et peu respectueux de Tart
Fig. IIJ. LA FLAGELLATION, CARTON PAR DELALANDE.
de saint Louis, avaient trahi haut la main le savant auteur des carions, Viollet-le-Duc.
I. Ces vitraux de Saint-Flour figuraient au Salon, qui se tenait alors au Louvre, ajustés aux fenCtres du pavillon de 1 Horloge ouvertes sur la cour. En 1844, une exposition industrielle avait été installée dans un baraquement dressé aux abords des Champs- Elysées.
L'action de Sèvres fut lente et indécise; il s'en faut pourtant qu'elle ait été sans profit. La Maison ignorait l'entente du vitrail, négligeait la disposition des plombs, employait des verres trop minces, les peignait comme ses porcelaines, malgré la différence des genres et des destinations; l'iconographie et l'archéologie chrétiennes lui étaient choses indifférentes ou inconnues ; en revanche, de savantes études chimiques, des observations, des essais aboutirent, il serait injuste d'aller contre, à des progrès sérieux dans la manutention et la fixité des couleurs, à des résultats techniques, qui firent la supériorité des procédés nouveaux sur les anciens, sous quelques rapports du moins ^ Mais dans la renaissance du vitrail, l'établissement se laissa devancer par l'Allemagne. En France même, des initiatives individuelles la précédèrent et lui firent la leçon.
En Allemagne, où, plus tôt que chez nous, l'étude du moyen âge avait pris un franc essor et obéi à une vigilante et saine direction, où, dès 1810, Overbeck renouvelait la peinture religieuse, groupant autour de lui Cornélius, Schadow, Veit, Schnorr, Hess, Koch, Wach, le vitrail trouvait un terrain bien préparé pour refleurir. Aussi, lorsque le roi Louis de Bavière résolut de décorer la cathédrale de Ratisbonne de verrières, il ne fut pas embarrassé pour savoir à qui confier les compositions et quels praticiens de sa manufacture de
I. Vatinelle, Béranger, Schilt, Roussel, Dubois, Apoil, Favre, Bonnet, Régnier, Lacoste, Pierre Robert sont les peintres qui réussirent le mieux dans le système mixte et incertain de la Manufacture de Sèvres.
Munich mettraient ces compositions sur verre. Remarquonsle, les vitraux de Ratisbonne. — sept fenêtres mesurant 1 2 mètres de haut sur 8 de large. — furent commencés en 1826 etterminés vers 1 832.
A ce m.oment, le sens du moyen âge se faisait jour à peine en France, etlongtemps encore Sèvres devait s'attarder à la copie stérile de tableaux de notre collection du Louvre. D'autre part, nos dessinateurs de cartons le plus souvent mis à contribution, Alaux, Larivière, Abel de Pujol, Hesse, habiles à leur manière assurément, étaient loin de posséder Tintelligence des sujets religieux, familière aux élèves d'Overbeck. — Le coloris des premiers vi-