‹ Les viveurs de Paris (volume 2)Chapitre 18 sur 53 · UN FILS 1>B FAMILLE · texte numérisé non relu

UN FILS 1>B FAMILLE

— je ne serais pas trop étonné, ma foi, que sa passion pour la petite durât quarante-huit heures, tout au moins.

C'était la première fois, depuis le commencement de cet entretien que Larose faisait une allusion directe à la fiancée de Cabirol et prononçait son nom. — Le jeune homme sentit que la colère le gagnait. — Tout le sang de ses veines reflua vers son cœur et il devint pâle comme un mort — Cependant il eut la force de se contenir encore et Larose ne s'aperçut de rien.

Pour la troisième fois, le valet remplit les verres,

— Cabirol vida le sien, mais sans avoir le courage de trinquer avec son compagnon.

En ce moment, la pendule dont nous avons déjà pailé sonnait trois heures.

— Diable! — fit Larose, — la petite va arriver et monsieur le baron ne tardera guère; — remettons tout en ordre ici... il n*cst que temps.

Et il ouvrit l'espèce de placard dans lequel il avait pris la bouteille et les verres.

GaMrol et B«iié.

Depuis quelques minutes déjà, Cabîrol avait formé un plan.

La réussite de ce plan, — assez bfzàrfe du reste, — dépendait entiëremeht dii hasard. "— TVous allons voir qxte le hasard se montra disposé à servir les projets du jeune homme.

Le moment d'agir était arrivé. — Cabirol attendit que Larose fût entré dans le placard et fort occupé à se hausser sur la pointe des pieds pour remettre en place les verres et la bouteille d'eau-de-vie. — Alors il referma vivement la porte du placard et donna deux tours à la clef. — Maître Larose était pris comme un rat dans une ratière.

Dans le premier moment de stupéfaction, la bouteille s'échappa de ses mains et se brisa en mille morceaux sur le sol. — Larose articula un juron énergique.

— Ah ! ça, — fit-il ensuite d'un voix qui s'étouffait

«9 flVt Dfe HlittL«. ^\

dans rétroite cavale de rèMË0it*6, ^ 1^ ! ^», qci*est-ce que cela signifie ?

Gabirol garda le silence.

— Eh I Tami, — poursuivit Larose^ *^ Vous ^es toujours là, n'est-ce pas?..

^ OqI, -^ répondu Cabito!» ^ je suis tl.

— Alors, ouvk^2*ffKÀ.

Gabirol garda le sHem^. ^ Se«ll«tlÉiM¥l il bùdia Bégatlvement la tète comme si son pHMinfiBr avait pu voir ce signe.

Un tnouvement se fit lians Tàimoli*. — Puis on entendit tm MtiX ûe rire de Lai*6ôè, -^ fîWî conlrtiim et peu naturel s*il en fut. — Le vatet Hait, cominê \ei poltrons chantent, pour se rassurer surs&sitaatîtm.

— khi ^ fh-ll ^pPès tirait H, -^^ ellls est bonne la" f^tte I . . die e$t tbtme très-botihe ! . . oui , parole d*hon^ neur, je la trouve excessivement dtdïe !

»^ Ah! tu la trouves drAle ! ^ girommela Gabirol entre ses dents, — eh bien, tant mieux pour toi !..

— Mais, — poursuivit Larose, «-^ elle a duré bien assez longtemps... — maintenant, outrez-moi...

Cefhtau tour de Gabirol de pousser un éclat de rire.

— Mon bonhomme, — dit-il ensuite, -^ Vous èffe» là-dedans, restez-y ! .

— Y l'ester ! plaisantez-^ tûHi t..

— Pas le moins du monde.

— tiéié je suis horHblement tûkl à ihon atee. ..

— Cela ne me regahle pas. ..

— J'ai les côtes brisées. ..^ — * C*st votre affaire.

— Je marche sur du verre cassé...

fB$ LB8 VIVBUAS D£ PARIS.

f, -•*— Que voulez-vous que j'y fasse ?..

— Je ne puis respirer...

— Ne respirez pas. . .

..;^ J'étouffe...

— Eh bien! étouffez.

— Miséricorde !.. mais vous voulez-donc ma mort?.

— Elle m*est tout à fait indifféreute.

...,r— Enfin, pourquoi m'enfermez-vous?..

iKj — J'ai mes raisons.

— Lesquelles î

. . — Elles ne regardent que moi.

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