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traverser le cœur éclatât il dans l'accent de ma voix.
• Toujours est-il que Marie s'écria aussisitôt avec empressenfient, comme si je venais de lui donner un ordre impérieux :
» — Oh ! si , monsieur Maxime, je le veux, je le veux bien !. . .
»Et en même temps ses doigts tirèrenjt du frais sanctuaire de sa gorgerette l'extrémité du ruban de velours.
» A ce ruban appendait une petite croix d'or...
j> La même que j'avais détachée des breues de ma montre pour la donner à la
jeune fille en quittant la demeure de madame Simon.
i>Une joie immense envahit topt naon être et éclata dans mes regards,
» Marie vit cette joie , -r- ^lle la parta* gea, — son visage devint radieyj^ jet ses yeux étincelèrent comme des diamants d'azur.
» — Vous m'aviez dit, — murmura-telle, — vous m'aviez dit de la porter en souvenir de vous...
» — Et ce que je vous avais demandé vous l'avez fait, Marie...
» — Vous le voyez, monsieur Maxime...
j> — Vou§ pensez donc à moi, quelquefois?...
9 — Oh! toujours!...
» Ces mots s'échappèrent du cœur de la jeune fille avant qu'elle ait eu le temps de les retenir.
» Elle comprit bien qu'elle venait de se trahir et sa confusion redoubla.
» Elle était belle, en ce moment, comme l'eût été la déesse de la Pudeur surprise par un indiscret en flagrant délit d'abandon.
» Un séducteur de profession n'eût point manqué de tirer un parti immédiat de la
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reinte d une grâce priioitive et d'une naïveté rustique :
La terre se fait belle, Le doux printemps est de retour I. . .
i Revoici Thirondelie,
Compagne du premier beau jour I...
Déjà vole l'abeille Sur chaque fleur, tour-à-tour I...
La terre se réveille, Le doux printemps est de retour!...
« Je reconnus cette voix, sans avoir besoin d'interroger le sentier de la campagne par la fenêtre ouverte...
»En même temps» je regardai Marie.
• Son regard fixe exprimait une profonde et douloureuse angoisse.
pUne violente contraction nerveuse dé-
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composait son beau \rîsage dont la pàleury était devenue livide. ^' • y^^
»Elle aussi, reconnaissait la voix et la v chanson ! — Elle aussi, devinait mon dou- j ble amour et frissonnait comme une jeune lionne à l'approche de sa rivale.
pLa chanteuse reprit, mais, cette fois, beaucoup plus près : y
Salut, printemps que j'aime, Saison des parfums et des fleurs!...
C'est le bon Dieu qui sème Dans les airs tes douces senteurs,
G*est le bon Dieu lui-même Qui te peint de mille couleurs !...
Salut, printemps que j'aime, ■*
Saison des parfums et des fleurs !...
1 J'entendis qu'on ouvrait la porte du jardin.
^<j^ DK PARIS. âââ
ïLa voix commença une troisième (strophe :
Déjà sous la feuillée, Se forment les nids pleins d'espoir...
» Mais elle n'alla pas plus loin.
» Le murmure des joyeuses caresses de Fidèle, auxquelles se mêlaient les aboiements de mes deux chiens, interrompirent la chanteuse.
ï — Ma mère, ma mère... — s'écria Marguerite, car en effet c'était bien elle qui venait d'arriver — voyez donc !... il y a quelqu'un ici...
» — Quelqu'un !...qui donc?... — murmura madame Simon.
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• Puis elle appela : ' \
• ^ — Mariei.T. Marie!... i
»La jeune fille, qùî jusqu'à ce moment \ avait paru changée en statue, bondi,t sou- i daineinent à^l'tifipel'de'sa maîtrèsâfe. ' '/
iMUîsîatVdtft (le s'éloij^niE^r elW tnfe'dit tddt bas, ét^d'iine voix épouvantée fet Suppliante :
» — Ne dites pas que vous m'avez vue... he dîtes rien... ne dites rièta !...
» Et elle s'enfuit.
»Qu'aurais-je pu dire p* et quel secret la pauvre Marie,i$Vait-elle donc à cacher?...
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