‹ Les viveurs de ParisChapitre 5 sur 38 · VIU · texte numérisé non relu

VIU

Préparadfli de tfépmrt.

Trois ans se passèrent. René écrivait assez régulièrement à son père, et ses lettres étaient le seul plaisir et la seule distraction qui vinssent chercher M. de Savenay dans les solitudes de son château, où il s'était renfermé de uouveau avec le souvenir toujours vivant de Marguerite.

Unjour, une lettre datée dé Milan annonça que René comptait passer l'hiver à Florence, où il arriverait le mois suivaut. Il jiriait le baron de lui adresser, poste restante, des mandats sur un banquier de cette dernière ville.

Au lieu d'une réponse de son père, René trouva à la poste de Milan une lettre de l'intendant du baron. Cette lettre prévenait René que M. de Savenay était tombé très- dangereusement malade, — que les médecins trouvaient sa situation tellement grave qu'ils désespéraient presque de le jsauver, — et qu'enfin il était urgent que

le jeime homme revînt en France sans perdre nn instant, s*il voulait recevoir le dernier soupir et le dernier baiser de son père.

Des pas3ions fougueuses et mal réprimées avaient desséché, nous le savons, et corrompu le cœur du jeune homme, mais pas à ce point qu*il fût .sans amour pour QD père aussi excellent que l'était le baron. Une heure après avoir reçu la lettre de Tintendant, René envoyait commander des chevaux, — remontait dans sa voiture encore poudreuse, — stimulait le zèle des postillons par rappât d'un triple pourboire et courait sur la route de France avec une vitesse prodigieuse.

Mais vainement il attacha les ailes de son impatience aux attelages qui l'emportaient ; vainement il dévora la distance. Il arriva trop tard< Dieu n'avait point permis que le fils de Marguerite fermât les yeux de M. de Savenay. Le baron était allé rejoindre au ciel celle qu'il avait aimée jusqu'au dernier soupir. La terre recouvrait déjà sa dépouille mortelle.

Dans le premier moment, René fut en quelque sorte foudroyé par cette catastrophe à peine prévue. Une profonde douleur s'empara de lui et l'anéantit. Nonseulement il ne s'était pas trouvé là pour voir mourir sou père, mais encore il ne reverrait jamais, ne fût-ce que pour une minute, ces traitas nobles et doux, — ces yeux dont le regard se fixait sur lui avec tant de bienveillance et d'affection, — cette bouche qui toujours lui souriait malgré ses fautes!..

René se rendit au cimetière.

La fosse à peine refermée du baron avait été creusée à côté de celle des Savenay ses ancêtrei.

6i LBâ VIVBUftS Dfi PÀRtS

Sur chacune des pierres tumulaires se voyaient,' grarées en creux, les armoiries de la famille, des de- Tiseset des inscriptions. Mais, comme le temps avait manqué pour préparer une nouvelle pierre, la tombe du baron ne se reconnaissait qu*à Téminence de terre fraîchement remuée qui la recouvrait.

René s'approcha de cette sépulture. Il venait dire un suprême adieu à celui qui, pendant tant d'années, avait été son père et son ami. Le jeune homme s'agenouilla. Il n'était point religieux, nous le savons,

— il n'était pas même croyant. Mais qui donc oserait douter de l'immatérialité de l'âme, de son immortalité et de la toute-puissance divine ?.. Un doute semblable, en face d'un tombeau, ne serait-il point un outrage à l'humanité tout entière? — Et comment supposer que celui qu'on pleure, créature noble et intelligente, a péri tout entier dans la mort et qu'il n'en reste qu'une dépouille vile que les vers se disputent déjà ?

Non ! cent fois non ! En présence d'un cercueil que quelques pelletées de terre viennent à tout jamais de séparer du monde, les matérialistes les plus endurcis,

— les plus fervents disciples du vieux démon Voltaire,

— abjurent pour un instant leur funeste système, .et ce qui leur paraissait le plus haut terme de la raison humaine, leur en semble le suprême abaissement.

Cette sensation dont nous venons de parler, René la ressentit dans toute sa puissance et s'y abandonna fa* cilement. Des prières ferventes, comme il en savait murmurer dans son enfance, s'échappèrent de ses lèvres impies. De grosses larmes coulèrent de ses yeux. Puis il lui sembla ^e sa prière et sa douleur

Xm ROI bB LA MODE 63

^Tûqnaient en quelque sorte rame de son père, el que cette âme se mettait en communication avec la sienne. Et il entebdit la bouche désormais muette du baron hii donner de derniers conseils, qu'hélas ! il ne devait pas suivre.

L'impression de ces heures douloureuses fut aussi courte qu'elle avait été vive. Des distractions nombreuses ne tardèrent point à en effacer les traces dans lesprit fatalement léger du jeune homme.

B^abord, il eut à s'occuper de ses intérêts de fortune.

René étant fils unique et le baron n'ayant point fait de testament, ces intérêts devaient se régler facilement. Mais il s'en faflait de deux ou trois mois que René n'eût atteint le terme légal de sa minorité. Un conseil de famille se rassembla et le jeune homme fut émancipé et rais en possession d'une fortune de soixante mille livres de rente, qui, si l'on avait voulu vendre les terres et réaliser, aurait monté sans peine à près du double.

Avec les goûts et les dispositions que nous connaissons à René, son plus mortel ennemi n'aurait pu lui souhaiter un pire malheur que de se trouver, aussi jeune et aussi inespérimenté qu'il l'était, à la tête d'une pareille fortune.

Mais René, et cela se comprend sans peine, n'était nullement de cet avis. Tous ses désirs, toutes ses aspirations l'entraînaient vers Paris, qu'il ne connaissait pas encore.

Cependant il montra du courage, — rendons-lui la justice de le déclarer, — U montra même une fermeté

€1 tu TIftVRS M PAR».

dont bien d*aatres peut-être n'eussent point été capables à sa place. Il lui sembla que ce serait agir en fils dénaturé que d'aller à Paris chercber tous les plaisirs, mordre à la grappe de toutes les voluptés, quand le corps de sou père était encore chaud dans sa tombe. Il s*imposa la loi de passer à Sayenay la moitié du temps de son deuil, c'est-à-dire six mois euvjron. Et il eut la force de volonté d« se tenir parole.

Ajoutons qu*il consacra ces six mois à fumer, à chasser, et, tranchons le mot, à s'ennuyer de tout son cœur.

Enfin, le délai fixé par lui-même expira. Il fit faire ses m.illes et demanda des chevaux de poste. Hais, avant de se mettre en route, il pensa qu*il devait une visite d*adieu au vieux mentor qui l'avait dirigé le prefliier dans les sentiers tortueux de la diplomatie amou* reuse, et il se fit conduire à Ddle, chez le chevalier de Villiers.

La lettre ûu ebeTaller.

Le chevulièr Philippe-Emmanuel de Villiers semblât ne point avoir viéilK d*uii senl jour pendant les trois am^eft ^\xt R4né airait pas^ée^ sans le voir. Il bdbltait an petft logetioeiH situé à Tentresol d*un trèsvtttebfttél âoatunde ses anciens amis était propriétaire. Cet entresol lui était loué presque pour rien, ' — et, de plus, comme on n'envoyait point tonclier le f byet, le chevalier ne songeait nullement à payer son ' terme, — et cela depuis vingt au^. Jamais location ne ' fut plus économique, eomme on voit.

Monsieur d^ Villiers reçut René dans un salon dont [ tous tesUîeubleS était des débris èclrappés au naufrage de sa forlttttfe d'antrelbi^. tîes meoblies et le maître du logis alialttit merveHleuîsemcfnt ensemble. Le chevalier faisait le meilleur effet, avec son y^ttim^ du temp^ p«sé, — au milieu de ses secrétaires V)entrus en mar- I qaeterie, et de ses taUtes de jtfti et de â«s guéridons éU

bois de rose. On eût dit un portrait deLargilliëre, dans un cadre contemporain de ce grand artiste.

Quand la porte du salon 9*ouyrit pour laisser entrer René, monsieur de Villiers, vêtu d'une courte robe de chambre (le mot technique est pet-en l'air) de lampas un peu fané, était installé près de la fenêtre dans une bergère en bois doré, recouverte en point de Hongrie. Ses jambes bien faîtes, mais trop fines, chaussées de bas de coton blanc bien tendus, — se croisaient Tune sur l'autre avec un laisse-raller tout à fait régence. Sur un guéridon à portée de sa main droite se trouvaient un mouchoir de fine batiste inondé de parfums, — une bonboimiëre en cristal de roche irisé, — et enfin une tabatière en porcelaine de Sèvres, enrichie d'un sujet anacréontique beaucoup plus que badin.

Le chevalier relisait, pour la vingtième fois peutêtre, les Mémoires de Jacques Casanova de Seingalty cette interminable série de libertines aventures où, durant dix gros volumes, l'aventurier italien met ses maîtresses toutes nues et les fait poser devant le public avec un cynisme d'expressions qui dépasse Tobscénité. M. de Yilliers souriait à sa lecture et revenait avec complaisance sur les passages les plus chatouilleux.

En voyant entrer René il posa son livre.

— Âh! te voilà, mon enfant? — fit-il. — Je suis enchanté de ta visite... — Le bruit public m'avait appris ton départ, et je craignais que tu ne vinsses pas me dire : Au revoir...

— Vous voyez, monsieur le chevalier, qoo vqus. m'aviez mal jugé, — répondit René,

un Etn DE LA MODE. 67

— Tant mienx, mon enfant I.. tant mieux !.. ça te portera bonheur de n'aroir point oublié ton vieil ami...

— Je n'en doute pas, puisque c'est déjà un bonheur pour moi de me trouver auprès de vous...

— Ohl oh!.. — dit le chevalier en riant, — des eomplimentsl.. tout comme à une jolie femme !.. à quoi bon?., je n'y crois plus...

Il y eut un instant de silence; puis le chevalier reprit :

— Ainsi, tu t'en vas?..

— Mon Dieu, oui.

— A Paris, sans doute?..

— Justement.

— Et tu as bien raison!., je voudrais , pardieu! pouvoir en faire autant.

— Qui vous en empêche ?..

— Oh! ma foi, la moindre des choses !.. trop d'années et trop peu d'argent!., ce n'est pas la peine d'en parler!.. — Voyons, que vas-tu faire à Paris?,.

— » Vivre.

— Fort bien, — ce mot est juste, car il est de fait qu'on ne vit qu'à Paris. — Connais-tu beaucoup de monde dans la grande ville?..

— Quelques familles qui venaient de temps en temps à Savenay, chez mon père.. .

— Des gens graves !..

— Oui.

— Des?igens ennuyeux !

— J'en ai peur. ^ « ^

— Et personne autre ?.^

^ U» TmUM JIB , PABIS.

— Mon Dieu, non.

— Et c'est avee eea gens^à que tu céw^s vivre, eomme ta dis?..

-*- Avec ce«x-là, non.

— Avec lesquels alors?

— Je ne le sms pas encore.

--- Tu cherdieras î

— Oui.

— Et ta trouveras!

— Je l'espère.

— Au hasard?'

— Il le faudra bien.

Le chevalier se mit à rire d'un rire sitendeux et railleur.

René redoutait le spîrifael et mordant perstfflag« de M de Yilliers, aussi le regar^t-il avec une eertune inquiétude.

*^ Mon dier enfant^ — lui dit le vieillard en redevenant sérieux, — quand, à Paris, on cherehe des gens avec qui s'amuser et quand on les cherdie au hasard, on a quatre-vingt-dix-neuf chances contre une d§ tomber sur des filous qui vous dupent, — suç des escrocs qui vous exploitent, — sur des aventuriers qui vous salissent de leur contact et qui compromettent votre nom et votre personne !.. * .

— Vous m'effrayez, monsieur le <^v<^rl.. — murmura le jeune homme.

— Mon cher enfant, — poursuivit fhilippe-Emmanuel, — tu as bien fait de venir et je puis tereoÉlre un service... ^

— Leguel? — demaniâl René.

tnr KOI tns tt ttobc. 69

K. de TiQiers ne répondît pas â*abord. René répéta sa question.

— Je vais, — dît alors le chevalier, --je vais le douoer une lettre de recommandation ...

— Ponr qui T — demanda René.

— Pour un gentilhomme de mes amis qcà habite hris et que je n*at pas va depuis vingt ans...

— Un de vos contemporains ?.. — fil le fmne homme.

— Oh! non, — répondît M. ê» Villiers en sou riant. -7- Le comte Maiime de Bwicy est mon cadet et de beaucoup ; — il doit avoir aujourd'hui, si je ne me trompe, quarante^qvatre ou quaraate-eînq ans, tout aaplus...

— Maxime de Bracy... — répéta le jeune homme,

— il me semble que ce nom ne m*'est pas inconnu.

— Tu dois le eonnaftreen effet ,* les Braey sont de fort grands seigneurs, et c'est d'ailleurs une. fiunllle franc-comtoise qai a son cfoftteau sur la frontière saisse, un peu au delà de Pontarfîef... — Panne beaucoup Maxime, — il professe ponr moi quelque estime, — fi m^écrit une fois fan et j'entends trissouvent parler de lui par des Parisiens qui passent...

— Oh ! c'est Fhomme qu'il te faut, el s'il se eharge de te lancer, ce dont je ne doute guère puisque je le. lof demanderai, sei& tranquille, mon enftmt, IL te lancera hkn t..

•— H. de Bracy est donc un homme trèsHiépandu î. .

— S'il est répandu! . ahïjeleereis bien!., ilconnatl tout Parts ettoulP<apt8 le eennaUl.. il est de réeole de» rafinés éa' ten^ de Lesie XHl, *-i- des

70 LIS tlTBUBI DE PARIS.

roués de la Régence, — des talons rouges du rëgiie de Louis XV, — et des merveilleux du Directoire; — c'est la fine fleur de la fleur des pois !.. — un des rois de la vie, de la mode et de Télégancel ..

— Il faut qu'il soit immensément riche!., — s'écria René.

— C'est à peine s'il possède cinquante mille livres de rente, mais il a mieux que de l'argent, mon enfant, il a du génie!..

— Et vous me donnerez une lettre pour lui?..

— Une lettre qui te fera accueillir à bras ouverts, j'en réponds.

— Je vous en remercie d'avance, et de tout mon cœur.

— Quand pars*tu ? /

— Dans vingt-quatre heures.

— Alors il n'y pas de temps à perdre, — je vais écrire aujourd'hui.

— Si vous voulez bien me le permettre, je prendrai votre lettre demain, en passant î. .

— C'est cela même, et nous boirons ensemble le coup de l'étrier avec un antique vin de Syracuse qui me vient de feu le marquis de Belinonté, l'un des derniers commandeurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem de Malte...

René prit congé de M. de Villiers et il regagna le château de Savenay, où il surveilla ses derniers préparatifs de départ.

Le lendemain, dans la matinée, la chaise de poste du jeune homme s'arrêtait devant le logis du vieillard.

Philippe-Emmanuel remit à René une large enve-

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loppe, scellée d'un cachet volant de cire rooge, à ses armes, et portant Tadresse de Monsieur le comte Maxime de Bracy, — rue Taithout, — à Paris.

Ensuite il déboucha un flacon de cristal de Bohême, tout constellé d'étoiles d*or, et il remplit deux verres de ce vénérable vin de Syracuse dont il avait parlé la TeiUc.

' Un véritable gourmet aurait payé trois ou quatre louis, sans conteste, le contenu de ce flacon.

René remercia de nouveau le chevalier de toutes ses gracteusetés, promit de lui écrire, reçut son accolade, la lui rendit, et remonta en voiture. Les postillons déroulèrent en claquements sonores les longues courroies de leurs fouets, — les chevaux partirent au galop, faisant jaillir des milliers d*étincelles sous leurs sabots ferrés, et la chaise de poste roula rapidement sur la route de Paris.

L'enveloppe remise par le chevalier au jeune homme n'était fermée, nous le savons, que par un cachet volant. Aussitôt que la voiture eut dépassé les dernières maisons delà villeet courut d'une façon moins bruyante sur une route non pavée, René ouvrit cette enveloppe et en tira la lettre qu'elle contenait. Il déplia le papier vélin et il lut les lignes suivantes, tracées par une main encore ferme, en caractères longs et raides :

« Mon cher comte,

» Si vous avez conservé quelque sympathie pour votre vieil ami, vous accueillerez avec la bienveillance

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qui vQusi e&t habituelle iA99$ieuyr te bsjron ^é^é de Sa-* venay qui Tcm» rqi^et cette lettre et i l'endroit duquel je profe^$e I9 plus i^intère et la plus viya affection.

» Je Yi#n9 VQUQ demwder à soi^ jpteation» mcm cher coiuie, Y<HrQ awtié et le9 précieux. copseU» 4^ \o\r^ eiipérleoice.

» Je voudrais pouvoir me trouver auprès de vouç m mèm temp^ ^e lui pqqr «i^Ur^i aa» mm, dmtk la vAtre, et cq scupait pour wi us^ graode joie que 4e ^eûr ces d^u maîAs s^ çeri^ cQf4iAleweat« Ma)beiipea3ement je ue puisi Wuger de 00 troi]^ provinçj^l oii «H» denu^r^ jpuj^s s« trato^nt 4'unQ façon V¥»m^ ^% lauguissa^te 1 Pui3quA j> sui$» cloni i^i, de p$r 1a vieilleaste et Ia pa^vreité» — * puisque ji^ u^ piii3 voi;^» présïeiiteriAQn j^m^ tm^ ^m voix», ^ pi^nmUe^-* xqoî dp VOUA te pi^iseut^ <ite loio» coiime le te fer^^ d»

près. Gela lui épargnera l'ennui de, voii^ (Urq qiû i]i e9t« et ce qu'il attend de vous.

• D'abord, regardez-le, j^ vous prie! — il est beau comme un ange, — beau comme ce dieu malin que nos diarmantes aïeules appelaient le petit Cupidon, M'était son sexe qui me rassupe complètement h votre endroit, je craindrais pour veire repos, mon cher comte. Mais, comme îi n'y a rien de commun entre le bonHenry III, le grand Frédéric et vons^ je suis parfaitement tranquille. René a vingt el un ans; son p^ est mop» il y a six mws ; il possède soixante mille livres de rentes. — Yoità ee qu'est René.

» Voyons maintenant ce qu'il dié^ire.

n René veut vivre; — vivre comme vous vive»» — !;it;re oomme j'ai vécu, René veut ébionir Vm^ par

réclat dQ S4. )eaQ«s$e, ^ soa élé^am^^ d« ses galanterie^, . . — !K*ari-*il pas ^nX fois raiaQn ï

» Béné a'^t point Daî^ -^ twt s*m toi. -* Je Tai fûcmé <|e BAQH m^m., e( c'fi&t, îq y<»aa \ux^ mon ndl* leur é)èv<), — après \(m% ca^ îe reYOOiljqtta la s^ire, mpo cbar e<mt6, d'avoir ât4 YoUre pr^er mattre.

% A. ilU-ikuit aii$> René m «impUii déjà plus, sea mattresafia, e$ dana uae aiute aemoinie U avait eu trais â^a. C'cia( asaoz îpli, a'ea^-oei paa?..

• |iaili#Qreus^9^iit, em liants faHa avaient pour théâtre une p^u»r^ pelite viUa îneoonaa.-^AussiUéné, qui est medeste, regarde4ril son édiM^ion comme à peine ébandi^. G'Qat vqq3 <pii I9 taraùnerez, «on cber Ma»mQ*

11 Je ¥Qua adre^ey^ v^m ionoe aw airae. uns entière; coafimkc^ \ -^ um^ (im paraenoe ^lana lui ponvâs oQvri^è. à^m battant^, l^a portea df^ oa daotde monde c V ^qua xiw^Zp -^ \^ mm4e Uaaonnâ da bi haute no^ blesse, — le monde engoirlandé de roaaa Aa lagabui* t^ él^gaoAa.

» Prenez daoc René p^r i«i main et Qondaisaznle tûor k t94W d|ins i^a salona at to» l)Qudoir&. ff aitea de lui un gentilhomme aoQOWU» at foiles-ea. ausai. un vw^wr^ poiatiuf U^\ est h^ aorn qae voua voua donnez à Yona-Woiea) voua autres (^ ^«n^ (fi» ^'anm^erU. Enfin» pardûQiic;;»-iMQî ca long bavardage, ^ laiseez-^ moi y (m remeriuar d*avdnçe du sui^oèa aawplet da ma requête, et souffrez que je me di$a» CdaBona toujioors et jua^*4 la fiu,

» yotïa. vieil a^niv

74 Lfit vireuRs bu vkM,

Plus d'une fois, en parcourant Tépître que nous venons de mettre sous les yeux de nos lecteurs, René sourit avec complaisance aux éloges si pompeux que le vieillard se plaisait à .lui donner. Puis il replia le papier vélin, — il le glissa de nouveau dans son enveloppe armoriée, et il se dit qu'il était impossible que le porteur d'une semblable lettre ne fût point favorablement accueilli. Et, enfin, il se mit à penser à ce comte Maxime de Bracy qui , du haut du piédestal sur lequel l'avait placé M. de Villiers, lui semblait un être grandiose et en quelque sorte fantastique.

Les types bien connus de Lovelace, de Richelieu, de don Juan, enfin de tous les héros de la rouerie galante, passèrent tour à tour devant l'imagination de René, et il revêtit successivement Maxime de leurs diverses individualités. Puis ses pensées devinrent de plus en plus vagues, et il finit par s'endormir au bruit monotone des roues et aux claquements cadencés du fouet des postillons.

Le voyage de René fut court et n'offrit aucune particularité digue de trouver place dans notre récit. Le lendemain de son départ, dans la soirée, il atteignit le dernier relai — celui de Charenton.

Le hasard railleur faisait-il passer à dessein auprès de la mafson des fous cet aventureux jeune homme, tout prêt à se plonger à corps perdu dans le tourbillon des folies parisiennes? Là est la question! . . — comme dit le vieux Shakspeare.

Bientôt René distingua cette brume permanente qui s'élève au-dessus de Paris et qui est comme la respiration de la grande ville. La chaise de poste s'arrêta à

DR AOI DK Ll MODB. 7 '.

Ja barrière. Les préposés de Toctroi, douaniers en babit vert, firent an viveur futur les honneurs de la capitale du monde civilisé.

Réoé avait beaucoup de bagages. Un des commis du fisc monta sur le siège de la voiture, afin d'examiner plus à loisir le contenu des malles quand le voyageur serait rendu à sa destination.

L'un des postillons descendit de cheval, vint à la portière et, portant la main à sou chapeau bariolé de rabans, demanda :

— Où allons-nous, mon maître?..

— Hôtel des Princes! — répondit René.

Le postillon se remit en selle et la voiture s'engoufira dans Paris.

FIN Dl LA PRBMlàRI PARTIE.

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