‹ Les viveuses de ParisChapitre 7 sur 24 · I . Voir le Pendu de la Forêt Noire · texte numérisé non relu

I . Voir le Pendu de la Forêt Noire

la parole eût été donnée à Jean Lenoir; il ignorait donc absolument qu'à l'instant où le maitre l'avait autorisé à s'expliquer, le père adoptifd'Antonine s'était écrié :

— Maitre, je viens vous demander justice. J'avais une fille, un ange du bon Dieu qu'il avait mis sur ma route ; un misérable l'a séduite, il me faut découvrir et punir cet infâme. Je viens vous demander son honneur et son sang.

Reprenons notre récit à ce moment, afin de faire connaître l'issue de la demande désespérée que Jean Lenoir, afin de tenir la promesse qu'il avait faite à Germain Bonard de punir le séducteur de sa fiancée, tentait auprès de ceux dont il devait implorer d'abord le pardon et réclamer ensuite l'inexorable appui.

L'aide qu'il avait prêtée à M. de Séran et à ses compagnons dans l'exécution du baron Christian Stein- Steiner plaidait en sa faveur ^

Le maitre, après quelques paroles sévères, lui pardonna, au nom des Compagnons, sur l'unanimité d'un vote solennel de ces derniers, puis il se fit donner toutes les explications possibles sur l'enlèvement d'Antonine.

Jean Lenoir ne pouvait en ce moment en fournir que de très vagues ; aussi le maître lui dit-il, pour clore le débat :

— Nous prenons acte de tes déclarations, frère Lenoir, et le Glaive ne t'abandonnera pas, mais il faut d'abord découvrir la retraite de celle qui a quitté ton toit et savoir jusqu'à quel point celui dont tu viens nous demander l'honneur et le sang a été coupable vis-à-vis de ta fille et vis-à-vis de toi.

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