‹ Les voies centrales de la sensibilité générale [electronic resource]Chapitre 6 sur 45 · DOCUMENTS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

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latérales, sans lésions accessoires, aucune fibre ne passe dans le cordon postérieur du côté opposé ou dans les cordons antéro-latéraux. Dejerine et Spiller (1), Russell (2), dans des cas pathologiques, arrivent aux mômes conclusions.

6) Dégénérescences descendantes et fibres endogènes dans les cordons postérieurs. — Cette question est à l'étude actuellement. La discussion porte principalement sur la part qui revient dans ces dégénérescences descendantes aux fibres radiculaires (f. exogènes) et aux fibres venues de la substance grise (f. endogènes).

Les cas de dégénérescence descendante des fibres radiculaires ne ne sont pas très nombreux ; ils semblent cependant prouver que le faisceau décrit sous le nom de dégénérescence en virgule par Schultze (3) est de nature exogène et doit représenter la dégénérescence de la branche descendante des racines postérieures [Bruns, Nageotte, Dejerine et Thomas, Zappert, Achalme et Théohari (4)]. Par contre, on trouve beaucoup plus souvent des fibres descendantes altérées à la suite de lésions transverses de la moelle, et on en fait un argument en faveur de la nature endogène de ces fibres. Il est en particulier un faisceau, décrit par Hoche (5) et observé de nouveau par Achalme et Théohari, qui semble être endogène; il occupe successivement les régions connues sous les dénominations de bandelette périphérique, de centre ovale de Flechsig,et de triangle de Gombault et Philippe ; il réunit les régions supérieures de la moelle au cône terminal ; d'après ces auteurs, il est distinct de la virgule de Schultze, tandis que pour Gombault et Philippe (6) il lui ferait suite.

(1) Dejerine et Spillee. Contribution à l'étude de la texture des cordons postérieurs de la moelle. Société de biologie, 27 juillet 1895.

(2) Eussel. Contribution to the study of some of the afférent and efferent tracts in the spinal cord. Brain, 1898, fasc . LXXXII .

(3) Schultze. Areh. fur Psychiatrie, 1883, p. 359.

(4) Bruns. Aroh.fWr Psychiatrie, 1893, p. 759. Nageotte. Revue Neurolog., 1895.

Dejerine et Thomas. Coutribution à l'étude du trajet intraniédullairé des racines postérieures, etc. Société de biologie, 27 juin 1896. Zappert. Nenrol. Centralblatt, 1898, n° 3, p. 102.

Achalme et Théohari. Contribution à l'étude de la dégénérescence descendante des cordons postérieurs. Société de biologie, 17 décembre 1S98.

(5) HOCHE. Arch. fiir Psychiatrie, 1890, Bd XXVIII.

(6) Gombault et Philippe. Etat actuel de nos connaissances sur la systèma-

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Les fibres endogènes ascendantes des cordes postérieures sont moins bien connues, elles occuperaient dans la partie profonde de ces faisceaux la zone cornu-commissurale.

Ces différents faisceaux ne présentent pour l'instant qu'un intérêt anatomique,mais il est utile d'ajouterque l'examen, parla méthode de Marchi, des dégénérescences récentes dans les lésions radiculaires montre que les zones que l'on croit être réservées aux fibres endogènes renferment aussi des fibres exogènes et que ces deux systèmes sont en réalité mélangés (Dejer in e et Spiller, Dejerine et Thomas, Russel, Schaffer.)

c) Fibres endogènes des cordons antéro-latéraux. — Les fibres endogènes ou fibres des cordons qui vont de la substance grise aux cordons antéro-latéraux sont plus importantes etnous verrons bientôt qu'elles ont servi à formuler bien des théories physiologiques sur la conduction de la sensibilité. Elles ont été étudiées avec toutes les méthodes, anatomie normale, embryogénie, méthode de Golgi, dégénérescences secondaires, et toujours on les a vues partir de la substance grise et aller aux cordons antéro-latéraux du même côté et aussi aux cordons antéro-latéraux du côté opposé en passant par la commissure antérieure (1).

La méthode de Golgi montre que ces fibres peuvent se diviser en deux branches, ascendante et descendante, et qu'elles émettent sur tout leur trajet des collatérales qui retournent à la substance grise en traversant parfois la ligne médiane, les fibres et les collatérales se terminent par de fines arborisations. La méthode des dégénérescences secondaires donne des renseignements plus précis sur leur trajet et leur étendue, et on peut résumer l'état actuel de nos connaissances sur ce sujet par les propositions suivantes :

1° A la suite des lésions transverses de la moelle, les fibres endo-

tisation des cordons postérieurs de la moelle épinière. Semaine médicale, 1895, p. 161.

Philippe. Contribution à l'étude amatomiguo et clinique du tabès âorsalis. Th. de Paris, 1897, p. 60.

(1) On a souvent attribué jusqu'à présent la dénomination générale de fibres commissurales à toutes les fibres qui réunissent entre eux des segments plus ou moins éloignés de la moelle épiniôre. M. et Mm0 Dejerine réservent le nom dejibrrs commissurales aux fibres qui traversent la ligne médiane et nomment Jibres d'association celles qui, depuis leur origine jusqu'à leur terminaison restent du même côté de la moelle.

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gènes des cordons antéro-latéraux qui subissent une dégénérescence ascendante sont au point de vue de leur trajet des fibres courtes, moyennes ou longues.

2° Les fibres longues des cordons antéro-latéraux qui dépassent les limites de la moelle sont principalement des fibres destinées au cervelet ; elles forment : le faisceau cérébelleux direct qui naît des cellules de la colonne de Clarke du même côté et va au vermis par le pédoncule cérébelleux inférieur et le faisceau de Gowers, ce dernier naît de la substance grise du côté opposé et peut-être aussi du même côté, et après un plus long trajet gagne le vermis en passant par le bulbe, la protubérance et le pédoncule cérébelleux supérieur (1).

3° Les autres fibres endogènes des cordons antéro-latéraux ne peuvent être suivies sur un long trajet, elles doivent donc rentrer dans la substance grise ; elles sont mélangées aux autres faisceaux, et Gowers avait déjà signalé, dans le faisceau qui porte son nom, la présence de fibres commissurales longues, venant de la région lombaire et ne dépassant pas la moelle cervicale.

Elles ne peuvent avoir d'autre rôle que de réunir entre eux les différents étages de l'axe gris médullaire, en restant du même côté de la moelle (fibres d'association) ou en traversant la ligne médiane (fibres commissurales). On en retrouve d'ailleurs de semblables dirigées de haut en bas ; ces fibres des cordons descendantes paraissent être moins nombreuses et moins longues.

Ces cylindre-axes de nature endogène, allant aux cordons antérolatéraux des deux côtés de la moelle ont été étudiés expérimentalementpar Auerbach(2), Ehrlich etBrieger (3), Singer et Mùnger, Griinbaum(4), Mott (5), etc.. On a provoqué leur dégénérescence à l'aide de différents procédés, directement par des sections ou des hémisections pratiquées sur la moelle dans le sens transversal ou

(1) Thomas. Le cervelet. Th. de Paris, 1897.

(2) Auerbach. Zur Anatomie der aufsteigenden degenerierenden Système des Riïckenmarkes. Anatom. Angeiger, 1890.

(3) Ehrlich et Bribger. Ueber die Ausschaltung des Lendeninarkes. Zeitchrift fur hlinische Medicin., VII, 1884.

(4) Gronbaum. Note on tbe degeneration following double transvors. longit. and anterior cornual Lésions of the spinal cord. Journal of Physiology, May 1894.

(5) Mott. Zoo. cit. Brain, 1895.

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dans le sens longitudinal, indirectement par la compression de l'aorte abdominale, destinée à produire la nécrose de la substance grise lombaire. Nous avons pu vérifier ces faits, grâce à un cas de nécrose unilatérale limitée à un segment de la substance grise lombaire et survenue accidentellement chez un chien après la section de la 68 racine lombaire droite. L'examen en coupes sériées par la méthode de Marchi nous montra un grand nombre de fibres des cordons, ascendantes et descendantes, allant surtout au cordon antérieur du côté opposé à la lésion et au cordon latéral du même côté ; ces fibres disparaissent les unes après les autres en remontant dans la moelle et les plus longues ne dépassaient pas la partie inférieure de la moelle cervicale (1) .

Cependant des publications récentes montrent que dans les cas de lésions portant surtout sur les régions supérieures de la moelle, on peut trouver quelques fibres, passant par les cordons antéro-latéraux et dépassant les limites du bulbe. Schàfer (2) a décrit chez le singe des fibres du cordon latéral allant jusqu'aux tubercules quadrijumeaux après hémisection de la moelle. Mott (3) signale des fibres allant rejoindre le ruban de Reil latéral jusqu'au tubercule quadrijumeau antérieur (fibres spino-quadrigéminales) et des fibres destinées à la couche optique (fibres spino-thalamiques). Patrick (4) a vu chez l'homme, à la suite d'une lésion siégeant entre les régions cervicale et dorsale une dégénérescense de la zone marginale du cordon latéral avec atrophie partielle du ruban de Reil latéral. Quensel (5) trouve dans la dégénérescence ascendante du faisceau de Gowers des fibres qui se détachent pour passer par le ruban de Reil latéral et vont de là au corps genouillé interne à la commissure postérieure et même à la partie ventrale du noyau externe du thalamus. V. Solder (6), dans un cas de ramolissement de la région cervico-dorsale, a pu

(1) Long. Contribution à l'étude des fibres endogènes de ia moelle. Société de biologie, 30 juillet 1898.

(2) Sch^efer. Quain's Anatomy, vol. III, part. 1, page 33.

(3) MOTT. Loc. cit. Brain, 1895.

(4) Patrick. Areh. fiir Psychiatrie, Bd XXV, 1895, p. 831.

(5) Quensel. Ein Fall von Sarcom der Dura Spinalis. Neurolog. Ccntralblatt, 1" juin 1898, n» 11.

(6) V. Solder. Degenerirte Bahnen iui Hirnstamme bei Liision des unteren Cervicalmarks. Neurolog. Ccntralblatt, 1897, n° 7, p. 308.

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