‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 109 sur 321 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

CORPS DE L'ORAISON {suite).

Des affections.

§ I — Leur importance.

Nous avons va dans les considérations et l'examen le travail principal de l'esprit. 11 nous reste à parler du travail de la volonté, lequel consiste dans les affections, demandes et résolutions.

C'est là que se trouve le cœur de l'oraison, et, pour ainsi dire, l'oraison toute entière. Tant que je me contente de réfléchir et de m'examiner, je n'adore point, je ne remercie point, je ne demande point pardon, je ne sollicite aucune grâce ; je n'ai donc point prié ; cependant comme je fais ces considérations pour amener les affections, demandes et résolutions, elles sont l'introduction de la prière, l'aiguille qui doit faire passer le fil d'or des affections. Jusque-là j'ai seulement compris la vérité, il me reste maintenant le plus nécessaire qui est d'embrasser le devoir connu. L'esprit ne fait qu'ébaucher l'union divine, c'est le cœur et la volonté qui la consomment; connaître Dieu et ce qu'il veut de moi, c'est quelque chose ; l'aimer et m'y attacher, c'est tout.

On voit des personnes de piété qui méconnaissent

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cette vérité élémentaire : tout un exercice d'une demi-heure, elles le passent à réfléchir sans rien dire à Dieu. Sans doute l'esprit n'a pas été seul à agir, le cœur est échauffé, la volonté a conçu de saints désirs; mais si l'âme ne s'est pas épanchée en Dieu par les affections et les demandes, l'union est fort incomplète, il n'y a qu'un commencement de prière et de telles méditations sont presque stériles.

(( Nul n'arrive au sommet d'un coup, dit saint Bernard 1 ; c'est en montant, non en volant qu'on saisit le haut de Téchelle. Montons donc, comme avec deux pieds, par la méditation et l'oraison. La méditation enseigne ce qui manque, l'oraison l'obtient. Celle-là montre la voie, celle-ci y mène. Parla méditation enfin, nous connaissons les périls qui nous menacent, par l'oraison nous y échappons. »

Nous attacherons donc une importance capitale aux affections, demandes et résolutions. Nous leur donnerons en moyenne au moins une bonne moitié de notre oraison. Dans le principe toutefois on ne saurait s'élever jusque-là, parce qu'on sent le besoin de réfléchir davantage ; et plus tard, les affections tendront à dépasser cette limite, et elles finiront par tout envahir ; on sera alors dans les oraisons affectives.

\. S. Bern., i" Serm. de S. Andr., n. 10.

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