Ici., ibid
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déjà une longue habitude de la méditation et qui arrivent aux oraisons affectives.
On prend dans sa mémoire ou dans un bon livre quelques pieuses pensées ; pour nos oraisons si brèves, deux ou trois suffiront généralement ; on se les répète à soi-même, c'est-à-dire qu'on se contente de les redire intérieurement, mais avec une certaine lenteur, pour avoir le temps de s'en pénétrer ; on évite les raisonnements longs et difficiles pour se borner à une sorte de regard attentif, fortifié par beaucoup d'actes de foi qui fixent la vérité dans l'âme ; et on demande à Dieu la grâce d'en être saintement impressionné. Par exemple, si je médite sur la Passion, je me dirai et redirai avec attention : « Quel prodige d'amour ! Jésus-Christ est mort pour tous, pour moi ; je le crois ; mon Dieu, faites que cette foi pénètre mon âme ». Ces pensées, actes de foi et prières, pourront occuper à peu près le tiers de mon oraison ; et, s'il en est besoin, je les recommencerai autant de fois qu'il faudra ; puis je passerai à la conversation proprement dite avec Dieu.
Ou plutôt, il est meilleur encore de faire de la méditation elle-même un entretien avec Dieu. Dans ce but, après avoir lu et tout en lisant, noug pouvons remercier le Seigneur de la vérité qu'il nous enseigne, lui demander la grâce de nous la rappeler souvent, lui protester que nous la croyons de tout notre cœur, lui demander une augmentation de foi et la pleine intelligence de cette vérité, etc. De cette façon, la foi nous illumine, et la conviction passe jusque dans notre volonté.
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De ces diverses méthodes, chPiCun choisira, après essai, celle qui lui réussit et priDfite le mieux. Tout ce que nous venons de dire recevra de nouveaux éclaircissements dans le chapitre des équivalents de la méditation,
§ IV. — Retour sur nous-mêmes.
Après avoir considéré la vérité en elle-même, nous l'envisageons en nous. J'ai médité sur tel mystère : à quel point en suis-je pénétré ? Sur cette vertu : comment la pratiqué-je dans mes pensées, mes paroles et ma conduite ? Sur ce vice : comment est-ce que je m'en préserve ? Je repasse alors mes journées et mes occupations ; j'interroge mes sentiments, mon langage et mes mœurs ; je sonde ma conduite privée, ma charge ou mon emploi. Je fais cet examen brièvement et sans anxiété, avec la sincérité d'une âme qui ne veut que son devoir, avec le calme qu'inspirent la confiance en Dieu et la bonne volonté. Le but que je m'y propose est plutôt de reconnaître mes dispositions par rapport à l'objet de mon oraison, que de dresser la liste et le dénombrement de mes fautes : je n'ai pas en vue la confession sacramentelle, mais l'acquisition d'une vertu, la correction d'un vice ; il me suffit donc de voir en quoi je manque et quelles résolutions fermes et précises il faut opposer au mal.
Cet examen est assez nécessaire pour provoquer certaines affections, plus nécessaire encore pour
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faire jaillir les demandes et les résolutions. Je n'en ai pas besoin pour adorer Dieu, le louer, l'admirer, l'aimer, etc ; je lui paierai un meilleur tribut de reconnaissance, si je me suis d'abord replié sur moi-même pour constater combien je méritais peu les faveurs dont Dieu m'a comblé. Comment concevrais-je le regret pour le passé, la confusion dans le présent, et un vrai désir de mieux vivre, si je n'ai reconnu combien je suis dépourvu de la perfection que Notre-Seigneur demande de moi, et combien éloigné de mon divin modèle ? — Pour que la prière jaillisse humble et suppliante de mon cœur et de mes lèvres, il ne suffit pas que j'aie compris la beauté et le prix d'une vertu, la laideur et les ravages de tel défaut ; il est souverainement désirable que j'aie touché du doigt à quel point cette vertu me manque, et ce défaut règne en moi.
Enfin, comment prendrais-je une résolution ferme, précise et pratique, si je n'en sens pas le besoin, si je ne connais exactement le mal qu'il faut guérir ?
Il faut donc qu'après avoir étudié mon sujet en lui-même, je m'en fasse l'application, et qu'ainsi la méditation se complète par un examen.