Jér., Lavi., III, i
152 DE l'oraison
me faites et je vous en remercie. Mes fautes et mes luisôres qui vous déplaisent, je ne les aime pas, je les déteste et je \eux devenir plus humble, plus doux, plus patient. Mais je ne puis sans vous. « Con- V'rtissez-nous à vous, et nous serons convertis ^. » Vous n'avez qu'un mot à dire, Seigneur ; « dites-le^ et mon âme sera guérie. » — Quant à mes infirmités qui ne vous offensent pas, comme défaut de santé, ialelligetice moins vive, vous les voulez, je les veux, j'en accepterhumiliation, puisqu'elle vous glorifie. — Je ne suis que néant et misères, o mon Dieu ; mais j'ai confiance en votre indulgente bonté, car pour qui la miséricordes! ce n'est pour la misère ? et de qui aurez-vous pitié, si ce n'est de celui qui est dénué de tout bien et riche de tout mal ? je ne suis que faiblesse ; mais si je ne puis rien sans vous, « je puis tout en celui qui me fortifie » , etc. ^
A l'humilité et à la confiance, nous joindrons la reconnaissance. L'humilité appelle la reconnair^sance, et l'orgueil enfante l'ingratitude. Comment un orgueilleux remercierait-il ? Il lui semble qu'il n'a rien qui ne vienne de lui ou qui ne soit dû à ses mérites. Au contraire, l'humilité voit sa pauvretéet son impuissance, et dès lors, tout le bien qu'elle reçoit, elle le rapporte à son auteur par de sincères remerciements. Comblés des dons de Dieu, dons de la nature, dons de la grâce, dons généraux, dons particuliers, dons surtout de notre vocation religieuse, admirons la munificence divine, et payons
i. Jér., Lnm., v, 21.