CHAPITRE IV
le péché; une longue pratique de l'humilité confiante arrachera la suffisance et la défiarce; avec le temps, l'amour et la conformité extirperont l'égoïsme et la volonté propre, et le mal sera tari dans sa source.
Remarques : 1° « Rien ne peut être plus salutaire que l'habitude d'introduire da^-rs l'oraison un cas pratique quelconque et d'appliquer à ce cas les actes dont on a fait choix. Si, par exemple, il vous est arrivé d'être humilié, faites dans l'oraison l'acte d'humilité, appliqué à cette humiliation ; s'il s'est produit une circonstance difficile pour votre confiance en Dieu, appliquez à cette circonstance votre acte de confiance; s'il vous est arrivé de commettre une faute, exercez-vous à la pénitence et au repentir de cette faute ; si enfin il se présente une occasion d'adliérer avec plus de difficulté à la volonté de Dieu ou de faire le sacrifice de la volonté propre, profitez de cette occasion et de cette difficulté pour vous exercer dans l'oraison même à vous vaincre sur ces points... et peu à peu vous vous ferez une âme fortement trempée » *.
2" a Comme c'est par les actes, dit le Père Grasset, que le cœur se détache des créatures et s'unit à Dieu, il en faut produire le plus que l'on peut, sans néanmoins se faire violence. Que si vous ne pouvez produire aucun acte de charité, produisez-en d'humilité ; car cette vertu, dit saint Bernard, supplée au défaut de la charité. Souffrez si vous ne pouvez