‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 145 sur 321 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

rations pour comprendre et retenir des vérités qui ne lui étaient pas familières, pour les graver au fond de l'esprit, se les assimiler, en faire l'âme de sa conduite. Le cœur, imparfaitement dégagé du péché, sollicité par des inclinations rebelles, ballotté par de fougueuses passions, avait peine à quitter la terre pour se fixer en Dieu, à se débarrasser de ses tendances charnelles pour former des affections spirituelles ; il était inerte et froid vis-à-vis de Dieu, lent à toucher, difficile à enflammer. L'habitude de la méditation a formé de profondes convictions, la volonté s'est détachée du mal, le cœur a pris goût à la vertu. On n'a donc plus le même besoin de considérations, quelques instants de réflexion suffisent à convaincre l'esprit, à mettre le cœur en mouvement.

Ce n'est point une sorte d'impuissance qui fait diminuer les considérations ; ce n'est pas davantage la paresse, ou le parti pris, mais la raison, parce que la lumière se fait promptement ; et comme on est saturé de lectures pieuses, d'instructions et de méditations, il faut ruminer et digérer tout cela dans des entretiens du cœur avec Dieu ; rien de plus légitime que cet attrait, c'est presque un besoin.

Nous avons déjà fait remarquer * pourquoi, dans nos cloîtres, on arrive vite à l'oraison affective. Il y a même des âmes qui n'ont jamais su seplier aux complications de la méthode : lediscours les embarrasse, parler à Dieu est un repos pour leur cœur, la

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