‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 144 sur 321 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Oraison affective.

Art. I — Sa notion et sa raison d'être ^.

Il serait regrettable de ne connaître que la méditation, dont nous venons d'exposer la méthode. Avec le temps elle progrès, on se sent attiré vers une forme de prière plus simple où l'esprit commence à se taire pour laisser parler le cœur

Saint Jean de la Croix et saint François de Sales, il est vrai, ne mentionnent que la méditation et la contemplation. Sainte Thérèse ramène à ce qu'elle appelle la « première eau » toute oraison non mys tique. La méditation, dans leur pensée, englobe toutes les oraisons actives, soit qu'elles raisonnent beaucoup, qu'elles discourent peu, ou qu'elles se contentent presque d'un simple regard. De là vient que, lorsque l'âme n'est plus suffisamment occupée

1. Pour le reste de notre travail, nous avons suivi de préférence : parmi les anciens, sainte Thérèse, saint Jean de la Croix, saint François de Sales et saint Bernard ; parmi les modernes, le R. P. Poulain {Grâces d'oraisnn. Retaux, Paris), et M. l'abbé saudreau (Degrés de ta vie spirituelle, Vie d'union à Dieu, Étal mystique, Amat, Paris).

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dans la contemplation, ces Maîtres Tinvitent à retourner à la méditation, c'est-à-dire à l'une des oraisons actives, pour ne pas demeurer désœuvrée.

Mais la pratique générale est d'admettre, entre ces deux extrêmes, au moins un degré intermédiaire, l'oraison affective. Celle-ci laisse d'abord une assez large place aux considérations ; dans la suite, elle diminue encore le travail de l'esprit et finit par n'être plus guère qu'un simple regard ; elle n''est, au début, qu'une méditation simplifiée et plus rapide, elle deviendra plus tard une contemplation active. Elle passe donc par des phases assez diverses, qui demandent des règles de conduite différentes. A cause de cela, nous suivrons les auteurs qui la dédoublent en oraison affective et oraison de simplicité.

L'oraison affective, telle que nous l'entendons, est celle qui donne moins de place, que la méditation. aux considérations et plus aux affections. Elle diminue notablement le travail de l'esprit sans le supprimer ; si l'on employait autrefois un quart d'heure aux raisonnements, un quart d'heure aux actes de la volonté, on se contentera, par exemple, de cinq minutes de méditation, le reste du temps sera un entretien du cœur avec Dieu. Les réflexions seront à la fois plus rapides, plus affectives et moins variées.

Rien de plus naturel ni de mieux fondé que cette oraison. Au début delà vie spirituelle, l'àme était peu instruite, encore moins pénétrée des choses de la foi ; il lui fallait de longues et patientes considé-

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