CHAPITRE VIII
D'après le P. Surin i , l'âme doit revenir souvent à ces sujets de fond, les creuser, se pénétrer de leur nécessité, penser aux moyens, aux empêchements, désirer, demander avec instance, faire des propos fervents et ne point quitter chacun de ces objets qu'elle n'en soit pleinement rassasiée et n'ait obtenu des progrès marqués. Si l'Esprit de Dieu lui montre l'attache qu'elle conserve à son honneur, à ses aises, aux emplois, aux personnes, etc., elle fera cent actes de renonciation, pensera aux moyens de s'en déprendre tout à fait, et tant de fois dira qu'elle n'en veut plus, qu'enfin elle s'en trouvera quitte. Voilà la bonne méthode de faire oraison. Ceux qui prennent chaque jour différents objets, s'affectionnant tantôt à une chose, tantôt à une autre, ne font pas un profit important comme ceux qui s'attachent à ces fondements de la vie spirituelle, les pèsent et goûtent plusieurs mois et années, et par ce moyen se trouvent enfin en possession des vertus solides.
Comme Notre-Seigneur est à la fois notre modèle et notre récompense, rien ne sera plus avantageux que de ramener à lui chacun de ces sujets: ses lèvres formulent le précepte, sa conduite en offre l'exemple, lui-même sera le prix de notre fidélité. Aussi sainte Thérèse 2 veut-elle qu' « on revienne souvent à cette source de tous les biens, je veux dire à la vie et à la Passion de Notre-Seigneur Jésus- Christ ». — C'est à la Passion surtout qu'elle nous