‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 159 sur 321 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

c'est d'essayer. Si mon oraison va bien de la sorte, et si le progrès dans les vertus se soutient on s'accentue le succès et le profit montreront que j'ai agi sous rinnpulsion de Dieu, qui seul a pu couronner mes efforts, La preuve serait déjà suffisante. Elle est singulièrement corroborée, si cette forme plus simple de prière m'inspire un attrait persistant, et les considérations une difficulté et un dégoût toujours croissants.

Mais si l'on ne trouve dans l'oraison de simplicité que sécheresse et distractions, faut-il revenir aux oraisons précédentes ? Oui, si elles nous réussis.sent mieux ; non, si l'on éprouve à ce retour un dégoût et une difficulté trop prononcée. Que l'on se contente alors de combattre les distractions et de s'unir à Dieu par des affections sèches, telles qu'on peut les produire ^ . Il faudrait voir alors si l'on n'est pas déjà dans la nuit du sens dont nous parlerons plus loin 2 .

Afin de ne pas m égarer dans ces chemins assez complexes, je consulterai le supérieur ou le directeur que Dieu m'a donnés pour guides, et m'abandonnerai à leur conduite.

En résumé, les commençants ont besoin de faire une plus large part aux considérations ; à mesure qu'elles paraîtront moins utiles, soit po'ir faire jaillir la lumière et les convictions profondes, soit pour enflaMimer les affections et les généi-enscs n^solu-

1. P. l'oMlain, Grâces d'or., c. u, § 4. 'i. Voir :]' p., c. m, p. ITC).

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lions, on les diminuera ; il ne faut pas les quitter, tant qu'elles nous font du bien, à moins qu'une oraison plus affective ne doive nous en faire davantage. — Au contraire, n'hésitons pas à nous livrer à l'oraison de simplicité, lorsque le succès et le profit ont montré que l'attrait nous en vient de Dieu. Mais, si, de temps à autre, il nous paraît utile de revenir à la méditation, retournons-y sans fausse honte. En un mot, les diverses formes d'oraison sont des outils variés que l'on prend et laisse selon le besoin et Tavantage ; s'ils nous servent, on les emploie ; s'ils nous deviennent un embarras, on les met de côté pour un plus utile *.

Cette simplification de la prière n'est pas affaire de temps et d'années. Dieu dispense les attraits comme il entend, il les harmonise cependant avec les dispositions intérieures et la variété des circonstances : il invitera donc les uns plus tôt, les autres plus tard. S'il appelle une âme dès ses premiers pas, la volonté de Dieu dûment constatée, personne n'a le droit d'hésiter. De même, dans la maladie et certains états de fatigue, la méditation serait souvent impossible, l'oraison par affections s'impose comme une nécesité 2, En général, c'est après une lon-

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