‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 164 sur 321 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

l'esprit. On fixe amoureusement les yeux sur le saint Tabernacle, sur une image qui nous parle au cœur, sur une statue que nous préférons, et c'en est assez pour tenir notre pensée et nos affections élevées en Dieu. Sainte Thérèse « eût voulu avoir toujours devant les yeux le portrait et l'image de Notre-Seigneur, ne pouvant les avoir aussi profondément gravés dans son âme qu'elle eût souhaité ». Elle exhorte ses Filles à faire de même ; elle plaint ceux qui, par leur faute, se privent d'un si grand bien, et déclare que, s'ils aimaient bien le divin Maître, « ils sentiraient de la joie à la vue de son portrait ». — Nous pouvons aussi arrêter doucement notre imagination sur lui, dans tel mystère de sa vie ou de sa mort qui nous plaît davantage ; elle nous gênerait en voulant présenter des tableaux compliqués et trop variés ; mais elle finit par simplifier elle-même son action, et nous offrir une image un peu confuse qui revient souvent et facilite le simple regard de l'esprit.

D'ailleurs en tout cela, chacun a son attrait et sa méthode éprouvée par l'expérience; nous signalons des exemples, et ne prétendons pas imposer une conduite.

Quant à la volonté, — on peut, selon l'état d'âme, l'attrait et les besoins, choisir et varier les affections, ou bien se borner à quelques-unes pour lesquelles on a facilité, et ne pas se préoccuper de celk;s aux-

i. Vie. IX, XXII. — Chemin, xxvn.

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quelles on n'est pas porté. A mesure que l'âme avance, l'affection se simplifie et se généralise comme la pensée ; un seul mot, un élan du cœur signifient bien des choses. Que de vertus on peut mettra dans ces deux mots : Mon Jésus ! Ils exprimeront amour, adoration, admiration, confiance, reconnaissance, repentir, supplication, etc. Il n'est pas nécessaire que l'âme analyse, précise et détaille tousses actes ; Dieu saura bien reconnaître ce qu'elle a voulu dire, et peser tout ce que renferme un mot, un regard, un geste.

L'attrait et le profit indiqueront de même s'il faut donner plus de longueur aux actes, ou les simplifier et les multiplier. Quelques-uns les comptent pour s'encourager, et cette pratique est louable, pourvu qu'elle ne cause ni vaine complaisance ni ardeur fiévreuse.

Au contraire, on peut, selon l'attrait et le profit, tenir le regard fixé sur Dieu, demeurer dans une disposition d'amour, ou se porter vers lui comme par des mouvements affectueux de l'âme, sans formuJer aucun acte distinct, ou n'en formulant qu'un petit nombre, ce qu'il en faut pour maintenir cette union amoureuse. Ce silence dit tout mon amour à Dieu ; ce n'est pas oisiveté, dès lors que je suis tout occupé à le regarder et à l'aimer.

IJI. Après Voraison. — Cette oraison tend, comme les précédentes, à nous rendre meilleurs; elle doit donc ranimer notre ardeur pour la perfection, notre vigilance et notre générosité dans la correction de nos défauts et le progrès des vertus Mais comme

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